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mercredi, 17 avril 2024

“La peinture, c'est très facile quand vous ne savez pas comment faire. Quand vous le savez, c'est très difficile.” *

J'ai exposé des peintures pour la première fois.

Je ne m'attendais pas à ce que ce soit un si grand plaisir. Cela a été aussi un grand travail.

D'abord, sélectionner quelles peintures montrer. Nous étions douze, issus de notre cours du soir de peinture, à participer. Alors évidemment, même si l'espace qui nous avait été prêté très généreusement par une Maison de Quartier était spacieux, il fallait se montrer raisonnable. Nos œuvres pouvaient avoir été réalisées dans le cadre du cours ou dans un cadre personnel. Au début on pense à de nombreuses peintures qui nous ont demandé du temps, de l'enthousiasme et du travail, et puis on doute. Est-ce que ce sera au niveau du groupe. Est-ce que je n'aurai pas l'air ridicule ? L'exposition avait lieu dans le cadre d'un weekend organisé par la municipalité. Donc ne viendraient pas seulement la famille et les amis, et leur bienveillance.

Quelques photos vous montreront mes choix.

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Mes 5 créations d'assez grande taille

Il faudrait que je vous raconte l'histoire de chacune d'entre elles. A gauche, ma peinture la plus récente, "home-made samosas", un essai d'hyper-réalisme. Ensuite un portrait réalisé dans le cadre d'un stage virtuel proposé par Louise Fletcher, artiste britannique. Il fallait réaliser ce portrait dans une technique encore jamais testée. Pour moi, couteau et carte fidélité. Sans dessin préalable. C'est ma mère. Ensuite, toujours dans ce stage, 4 petites peintures réalisées selon des contraintes multiples, sur un même thème. J'ai choisi la danse. Puis, un portrait réalisé d'après une photo posée à l'envers, représentée telle que je la voyais.  C'est mon cousin, David. Enfin, d'après une photo un coucher de soleil au ciel embrasé.

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Les échanges avec les visiteurs ont été super enrichissants et nous ont redonné l'envie d'être créatifs pour des années à venir.

* Edgar Degas

lundi, 21 août 2023

“Le but ce n’est pas de faire du cinéma, mais son cinéma.” *

Je ne vais plus souvent au cinéma. Victime de la tendance, de Netflix et des replay d’ARTE. Je commence une série, et si elle me plait, je passe des soirées à regarder la suite. Je reconnais que c’est facile, mais il y a vraiment de la qualité, dans les séries autant que dans des films. Quelques exemples : This is Us, The Crown, The Good Wife, Better Call Saul, Bron. Grâce aux séries j’ai découvert à la television des cultures, des humours, des suspenses que l’on ne me présente pas sur les chaînes de la TNT. Detectorists, sur ARTE, est un bijou, qui ne passe sûrement plus, et c’est dommage. Quel humour et quelle humanité, comme les britanniques savent nous en montrer !

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Ma conscience me dicte de sortir plus souvent pour voir des spectacles vivants ou aller au cinéma. La paresse et la facilité me gagnent aussi parfois. Je vais essayer d’équilibrer ces deux influences dès septembre. Aujourd’hui, la chaleur m’encouragerait plutôt à rester chez moi, mais la clim’ et la rumeur publique m’ont quand même décidée à me rentre à mon cinéma préféré. (C’est assez simple, dans Maville, qui compte pourtant près de 300 000 habitants avec les banlieues, il n’y a que deux cinémas !!!) Je suis donc allée en ville où la moiteur d’hier rendaient la prise d’un verre en terrasse un exploit méritant des applaudissements et j’ai rempli ma carte fidélité, m’engageant ainsi à voir 5 films dans un avenir assez proche, pour aller voir Yannick, de Quentin Dupieux. Le dernier film que j’avais vu de lui était Mandibules. J’avais adoré, avais beaucoup ri et avais apprécié le surprenant. Cette fois, c’était beaucoup moins fou, mais plus bavard. C’est un film court, dont je ne vous raconterai ni le thème, ni le synopsis, car ce ne serait pas juste. Mais quand même, juste une impression que j’ai eue à la fin, le générique, diffusé dans le noir complet, m’a convaincue que je faisais partie du casting du film. Repensez-y et dites-moi ce que vous en pensez.

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* Albert Dupontel

jeudi, 13 juillet 2023

La vacance des grandes valeurs n'enlève rien à la valeur des grandes vacances. *

Les vacances ont commencé. Je pourrais m’en désintéresser, ne pas le remarquer, mais du jour au lendemain les symptômes sont apparus. Les places de parking disponibles dans ma rue se soudain multipliées. Le matin le petit-déjeuner sur la terrasse a perdu son bruit de fond de moteur permanent, remplacé par un silence agréable coupé seulement parfois par la perceuse d’un bricoleur ou la conversation criée de deux cyclistes. Je ne leur en veux pas. Le bruit du pédalier est bien moins pénible que les klaxons et bruits de motos ou camions. Quant aux conversations entre humains, je les aime, qu’elles soient hurlées, chantées ou chuchotées. Mais les conversations sur le net, avec la même soudaineté, elles, se sont arrêtées. Plus un commentaire ou un like sur Facebook ! En revanche, depuis mi-juin, les évènements annoncés sont innombrables. Dommage qu’il fasse si chaud que le courage d’aller à pied où que ce soit m’abandonne souvent. Je termine mes journées à l’ombre de mes stores à lire, jouer sur mon téléphone, ou regarder une série dont ARTE ou NETFLIX ont le secret quand on sait les dénicher sur ces plateformes, tout en caressant mon chat posé sur mes genoux. Euh, non, là je délire complètement et prend mes rêves pour des réalités. Mon chat passe ses nuits dehors à faire la nouba avec ses potes, et ses journées à dormir à l’ombre des buissons ou dans le sous-sol. Dans mes moments d’activité intense, je cuisine, car les légumes du jardin me donnent du boulot ! Mes créations : poulet à la coriandre et aux courgettes, crevettes à la thaï aux courgettes, omelette au cheddar et aux courgettes, tomates fraîches et bio à la mozzarella aux courgettes, s’il en reste. On ne se lasse pas. Ce sont nos courgettes, et elles ne nous déçoivent jamais ! Reprise de ce texte le 13 juillet : Le soleil semble nous laisser un petit repos et nous permettre de fêter la Bastille comme il se doit. Ce soir j’espère avoir l’énergie d’aller écouter de la musique cubaine en ville, car la séance d’ostéo de ce matin, même si elle est censée me rendre capable de randonner un peu bientôt, m’a mise littéralement à plat, dans le flou. Demain en tout cas, je me laisserai aller à mon éternel bonheur des feux d’artifice. A tous, je souhaite un bel été, le plus tranquille possible, en oubliant, tout comme les media, les sombres problèmes qu’il faudra reprendre à-bras-le-corps dès septembre.

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Karine Rougier, Série flux, 2022, aquarelle sur papier

(à vendre chez Connaissance des Arts)

* Henri Weber 

vendredi, 17 mars 2023

Une démocratie robuste et fonctionnelle a besoin d'un électorat sain, éduqué et participatif, ...

Je suis en colère et je suis triste.

Je suis en colère parce que le gouvernement Macron n’écoute pas les Français, ne les respecte pas, les méprise même.

Non seulement ils agissent en force, anti-démocratiquement, mais cet usage provocateur du 49.3 aura pour effet, en plus de faire passer une loi de riches pour les riches, d’encourager encore plus les gens à ne pas voter. Pourquoi élire des députés qui ne sont plus appelés à voter les lois ? Voilà un argument imparable pour l’abstention, pour le désintérêt politique.

Je suis triste parce que cette loi va faire travailler encore plus longtemps certains de mes amis, de ma famille et plein d’autres que je ne connais pas, dans des conditions qui ne font que se dégrader. J’entends des gens de mon âge ou un peu moins, ou un peu plus, dire que les jeunes ne veulent plus bosser, ne veulent plus se fatiguer, ne veulent plus d’horaires compliqués. Et c’est vrai. Ils ont vu leurs parents qui aimaient leur travail en venir à le détester, ne plus avoir de temps à passer en famille, et de plus en plus souvent tomber malade et ne même pas arriver à la retraite. Comment leur en vouloir de chercher à se construire une autre vie ?

Je suis indiciblement triste aussi d’avoir appris hier soir qu’un énième enseignant s’était donné la mort, sur son lieu de travail. Il y en a de plus en plus, à tous les niveaux de l’institution. Mais on en parle 30 secondes au 20 heures, ou pas, et on continue. Les ministres se suivent et continuent leur travail de sape, humilient les enseignants, les utilisent dans des tâches qui ne correspondent pas au métier qu’ils avaient choisi par passion et engagement, ne les défendent pas face à des élèves perdus et violents, des parents individualistes et violents, des supérieurs hiérarchiques incompétents et violents. Car la violence n’est pas toujours physique. Et elle se trouve souvent dans les mots d’un chef d’état, époux d’une soi-disant ex-enseignante, dans ceux des journalistes, ceux des ministres bien sûr, et ceux du tout-venant, famille, passants, amis, qui blessent par mépris.

J’ai été sauvée par la retraite arrivée quand j’étais sur le dernier fil ténu qui restait avant la chute et auparavant, par le covid qui m’a permis de rester chez moi (même en travaillant tout en ayant chopé ce truc moche) et d’éviter un burn-out qui s’annonçait inévitable.

Hier soir, j’ai eu du mal à m’endormir, pensant à tous ceux qui souffrent à cause de Macron, et à ceux qui n’arrivent pas à y survivre.

...et d'un leadership éduqué et respectueux de la morale.

* Chinua Achebe

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lundi, 02 mai 2022

"Certaines rencontres portent en elles la magie d'une évidence." *

Je vais encore vous parler de cinéma. Vendredi il y avait dans mon cinéma préféré une séance unique du premier film de Vincent Le Port, Bruno Reidal. Vendredi, 18h, début de weekend de 1er mai, c’était pas gagné. Et pourtant, la salle était pleine. Et pourtant je connais plein de gens qui auraient voulu voir ce film, mais qui n’ont pas pu ce jour-là, car pris par je ne sais quoi d’autre de plus important. Mais ce film, dans Maville, n’a été programmé que pour une séance ! Quelle ineptie ! Pourquoi cette réaction ? Parce que le personnage principal de ce film est incarné par Dimitri Doré, dont c’est également le premier film et que Dimitri a grandi dans Maville, y est attaché, et est tellement attachant que sa famille, ses amis, ses anciens professeurs, tous ceux qu’il a cotoyés pendant toutes les années qui ont précédé son départ à Paris, auraient été ravis de remplir la salle pendant une semaine complète. D’ailleurs Vendredi la salle était pleine et conquise. Dimitri, lui, a été généreux, comme à son habitude, et est venu lui-même nous présenter ce film, répondre à nos questions à la fin de la projection et nous serrer dans ses bras (tant pis pour le covid s’il traînait par là, j'avoue) et ensuite a retrouvé au restaurant-brasserie voisin ceux qui étaient disponibles.

Vous l’avez deviné, Dimitri a été mon élève, un an, et a toujours su garder le lien. Pendant les deux autres années qu’il a passées au lycée, dans la section théâtre, mais aussi ensuite, pendant son année d’école de théâtre, puis quand ses premiers rôles sont arrivés. Il est très éclectique : théâtre assez abscons de Bernanos, plus adressé aux enfants avec Sans Famille, mais aussi cabaret, opéra en tant qu’acteur, pas chanteur, et maintenant cinéma. Il se lance dans tout, du moment que c'est un défi. Guettez-le ! Regardez ses interviews ! Il est aussi drôle et spontané, mais aussi plein de sagesse, en face des journalistes, qu’il l’était en face de ses enseignants. Il avait tellement de rêves et d’idées originales à l’époque, qu’on ne pouvait que souhaiter que tout se réalise. Et il semble faire tout pour cela. Il avait aussi des références qui ne devaient rien à la mode, mais seulement à sa curiosité. Et il est toujours ainsi, vrai. Il y a comme ça des rencontres exceptionnelles dans une carrière de prof.

Je ne comprends toujours pas pourquoi son film n’a pas été programmé plus d’une séance ici. Mais j’ai réfléchi. Peut-être le directeur du cinéma attend-il la Cérémonie des Césars pour programmer Bruno Reidal sur une semaine ou deux ? Un César du meilleur espoir Masculin serait amplement mérité !

* Valérie Cohen


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mercredi, 06 avril 2022

La Démocratie c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. *

J’ai vu Retour A Reims – Fragments. Ce documentaire avec en voix off des extraits du livre éponyme de Didier Eribon, lus par Adèle Haenel, m’a semblé salutaire et m’a beaucoup émue, juste avant une élection dont je souhaiterais tant qu’elle permette de virer l’actuel président qui a fait trop de mal au peuple, mais sans mettre au pouvoir celle qui en ferait encore plus, du mal. Rarement un documentaire m’a amenée ainsi jusqu’aux larmes.

Précédemment j’avais vu Ouistreham que j’avais beaucoup aimé aussi. Je me sentais vraiment concernée par le sujet, moi qui ai si souvent emprunté les ferries pour traverser la Manche.

Le troisième film qui m’a marquée ces derniers mois et qui était également un documentaire est celui de Ruffin, Debout les Femmes ! Je l’ai vu un soir dans ma ville en présence de François Ruffin, dans une salle remplie de gens ouvertement convaincus que cet homme faisait partie du petit nombre qui peut nous aider à aller mieux.

Alors oui, je veux être optimiste et croire que les deux tours d’élection ramèneront au pouvoir des gens honnêtes, dont le but n’est pas uniquement de s’enrichir et d’augmenter encore la fortune des milliardaires.

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* Abraham Lincoln

mardi, 11 mai 2021

“On ne pourrait pas apprécier la lumière, si nous ne connaissions pas les ténèbres.”*

Le moral revient, les activités aussi. Ou dans l'ordre inverse.

Hier soir j'ai assisté à un concert  en compagnie d'une amie allemande. 

Elle l'a accompagné d'un verre de rosé et moi d'une flûte de champagne. 

J'étais chez moi, et en même temps, dessinais. Elle était chez elle, à 800 km d'ici. Mais de temps en temps, nous échangions nos impressions. Je ne dis pas que c'est pareil qu'être ensemble à un concert, mais de toutes façons, vu où nous habitons, ce ne serait pas possible.

Le plus frustrant vraiment est de ne pas pouvoir applaudir à la fin des morceaux.

La chanteuse, c'était Lisa Bassenge, elle jouait et nous parlait en direct de Halle, Allemagne, où se déroule d'habitude à cette époque de l'année un festival de chanteuses de jazz. J'ai presque tout compris à ce qu'elle disait, et ce qu'elle chantait était en anglais.

Je vous offre le lien, apparemment vous pouvez l'écouter en différé. La parlotte de présentation au début ne dure pas longtemps !

https://www.womeninjazz.de/event.php?id=1012

Si vous cliquez sur l'icône en haut à gauche, vous aurez sur la droite de la page la liste des artistes avec les jours et heures de leurs concerts. N'hésitez pas, en direct ou en différé, c'est gratuit.

Une autre année, j'irai peut-être en Allemagne pour assister au festival.

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*M. Scott Peck

mercredi, 21 avril 2021

"Mon projet préféré ? C'est le prochain." *

Envie d’écrire, mais sur quoi ?

Tout ce que je fais ces temps-ci me semble si peu intéressant.

Ah, si !

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Dimanche je suis allée danser (comme je pouvais avec ma cheville) devant le théâtre de ma ville. Des artistes, intermittents techniciens, spectateurs potentiels, étaient venus des trois villes du coin. Il faisait beau, la plupart des gens avaient un masque, les distances étaient gardées, mais c’était très sympa quand même, bien que sans grand espoir de voir le gouvernement prendre en compte ce secteur de notre société. Roselyne a été hospitalisée, apparemment elle allait mieux, mais depuis, on ne l’entend plus.

Peut-être le virus s’est il attaqué à ses cordes vocales ?

Pour aller retrouver cet événement politico-festif j’ai pris mes pieds. 6 kilomètres aller/retour. C’est à peu près la distance que je parcours quand je fais ma séance de « sport ». 6 à 7 km. J’espère pouvoir faire plus cet été. Je bosse comme une folle chez le kiné et je sens la force revenir dans mon mollet.

Cet été, à la fois si proche et si loin. Que vais-je en faire ? Des amis nous ont proposé une maison à Saint-Malo début juillet, et ça nous tente bien. Mais je rêve aussi de repartir en Grande-Bretagne. La question, aurai-je été vaccinée d’ici là ? Maintenant que je coche bien les cases, je n’arrive pas à obtenir un rendez-vous…

Envie d’écrire donc, d’inventer, mais encore faut-il être inspirée. Du coup, je me suis inscrite à un atelier d’écriture, qui j’espère ne sera pas annulé, en septembre en Ardèche. Mon coin préféré de France. Quelle chance ! La fin d’été là-bas, je n’ai jamais eu la chance de vivre ça. En plus ça me donnera l’occasion de revoir quelques amis, qui me manquent malgré le téléphone, les visio, et autres moyens de communication à la mode.

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L’Ardèche, c’est des paysages, des sensations, des odeurs. J’espère que mon odorat aura récupéré d’ici là.

* Frank Lloyd Wright

mardi, 20 octobre 2020

COLERE, TRISTESSE, EFFAREMENT, SIDERATION.

Que dire ? Je suis atterrée. Au moment même où je faisais mon discours de retraite, assurant mes collègues de mon empathie et mon soutien quant aux conditions de plus en plus difficiles, par la faute de notre hiérarchie, dans lesquelles ils doivent enseigner désormais, un professeur se faisait décapiter. Depuis, pas une minute son visage, son honnêteté, sa femme, leur enfant, ne quittent mon esprit. Je vous partage ici un texte que j'ai trouvé sur facebook. Aux divers sentiments énoncés dans mon titre, j'ajouterai l'écoeurement à voir un gouvernement soutenir un ministre qui n'a rien fait pour protéger ce professeur, mais qui soutient la rectrice de l'académie de Versailles, en mentant éhontément.

 
 
Abasourdi,choqué et bouleversé par le meurtre sauvage de Samuel Paty par décapitation. J'ai été Professeur d'histoire pendant 13 ans en banlieue parisienne de 2001 à 2013, principalement en ZEP et en lycée. Passionné par mon metier, j'ai pu faire découvrir à mes élèves des vers des grands poètes Omar Khayyam ou Abu Nawas chantant l'ivresse du vin, leur faire découvrir la pensée de Ibn Roshd/Averroes qui a tenté de concilier la foi et la raison, leur faire connaître toute la complexité et diversité de l'Islam comme le courant mutazilite ( partisan du Coran incréé qui permettait une interprétation plus ouverte des textes). On ne nous demandait pas d'aller aussi loin mais je ressentais ce besoin de les armer intellectuellement car ils avaient pour beaucoup des connaissances parcellaires d'un Islam fantasmé et nous étions déjà après le choc des attentats du World Trade Center qui je pense a été un véritable point de rupture.
Aujourd'hui, le débat est polarisé par ceux qui instrumentalisent ces dérives identitaires et des revendications communautaristes. J'ai vraiment le sentiment que les racistes anti musulmans et ceux qui en font leur commerce et toutes ces personnes qui crient à l'Islamophobie à tout vent sont des alliés objectifs qui n'existeraient pas l'un sans l'autre. Qu'il est difficile de faire entendre une autre voix plus fragile, plus sensible sur ces questions.
Enfant des années 80, on ne se posait même pas la question de nos croyances religieuses à l'école. Jamais il nous serait venu de demander des exceptions car musulman. En devenant professeur, j'ai pu observer à quel point l'identité musulmane était devenue centrale chez les élèves. Nous devrions nous interroger sur cela aussi. Je suis encore plus halluciné quand des français de culture musulmane hyper privilégiés jouent sur les souffrances réelles d'une partie des musulmans et vénèrent les théories simplistes et essentialistes des indigénistes. Ce 'Eux' et 'Nous' est devenu insupportable !!!
Je ne suis pas un racisé et je ne suis pas une diversité non plus. Quand bien même une certaine élite voudrait me réduire à mon identité première, m'essentialiser. J'ai toujours refusé d'intérioriser ce sentiment d'infériorité ou alors même si j'ai pu parfois le ressentir intimement ou plutôt je m'interrogeais sur la question de ma place, je suis allé m'allonger sur le divan ou alors j'ai tenté de sublimer cela par mes créations artistiques.
Ce que je veux dire par là,c'est qu'on peut aimer la France et son pays d'origine. On peut concilier nos multiples identités sans se soustraire. Oui, il y a un impensé colonial et on en parle de plus en plus et tant mieux mais tous ces discours où on veut nous faire croire que nous vivons ce que les Juifs ont vécu dans les années 30 et où on veut nous faire passer pour les "indigènes de la République" ! Non, les musulmans ne sont pas opprimés en France ! Oui, il y a des salopards racistes islamophobes mais nous nous ne sommes pas obligés d'écouter les inepties de Pascal Praud ou les grosses têtes ! Et tous ces pseudos penseurs
Aux hussards noirs de la République, à mes anciens collègues ! Continuez de transmettre, de distiller l'esprit critique et les idées subversives, d'interroger et de questionner notre monde avec vos élèves. De faire découvrir ces grands islamologues comme Mohamed Arkoun ( RIP)car les médias lui ont préféré la pensée low-cost à la Tarik Ramadan.
Samuel, paix à ton âme, je pense à toi, à ton épouse et à tes proches et espérons que ta mort suscitera un véritable sursaut d'union pour combattre ensemble ces obscurantistes islamistes.
Vive la France fraternelle et notre République métissée !
PS: les parents d'élèves qui ont publié des vidéos pour attaquer verbalement le professeur méritent d'être sévèrement condamnés car les mots peuvent tuer ou pousser au crime. Je remercie mon père qui donnait toujours raison aux professeurs.
Kamal Hachkar, cinéaste franco-marocain, Rabat, le 17 Octobre 2020.

jeudi, 01 octobre 2020

Happy Retirement to me !

Cette nuit à 0h01 je suis devenue retraitée. C'est-à-dire libre, légère. Je vais pouvoir écrire, dessiner, peindre, marcher, voyager, cuisiner, jouer, rêver, rencontrer, bavarder, fêter, magasiner... Sans culpabiliser parce que mes copies ne sont pas corrigées, mon cours pas prêt. Sans me demander soudain si je n'ai pas oublié quelque chose. Evidemment en raison des circonstances actuelles, il y a des limites à ma liberté. Voyager, sauf si la Covid m'arrête. Marcher, dans les limites où ma cheville le supporte. Mais la légèreté, je vous assure, je la sens déjà.

Samedi, j'organise un petit apéritif pour les happy few qui braveront le virus. Mais nous serons 9. J'ai besoin de voir mes amis, de leur dire que je vais bien. J'ai commencé à cuisiner. Tout en regardant une série sur Prime Vidéo. En anglais bien sûr. Ce matin, des amis m'ont emmenée faire des courses, car je ne conduis pas encore et ADMV prend la voiture pendant la semaine. En revenant, je leur ai proposé un thé, qu'on a bu tranquillement, en bavardant. J'ai le temps, le droit de traîner ! J'adore.

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mardi, 14 juillet 2020

Etre enseignant, ce n'est pas un choix de carrière, c'est un choix de vie. *

Je suis presque en retraite ! Officiellement le 1er octobre, mais je ne ferai plus jamais cours. En général, un jour on se dit "aujourd'hui, là, avec cette classe, c'est mon dernier cours." L'an dernier, nous avions même fait la surprise à un ami, d'être là, environ 15 personnes parmi les profs et autres membres du personnel du lycée et de lui chanter avec ses élèves quelques chants révolutionnaires qui lui allaient bien. Je ne sais pas ce qu'on ressent à ce moment-là, et je ne le saurai jamais. Aujourd'hui, je sais que mon dernier cours a eu lieu le vendredi 13 mars, de 13 à 15 h. Il ne devait pas avoir lieu, car mes étudiants de BTS allaient intervenir dans un collège dans un projet commun. Je me réjouissais déjà d'avoir exceptionnellement mon après-midi libérée. Cependant j'étais aussi dans un état d'esprit étrange, puisque pour la première fois dans mes 37 années de carrière, le ministre avait annoncé la veille au soir que tous les établissements scolaires allaient être fermés dès le lundi pour une durée indéterminée. en arrivant au lycée à 8h30 le matin, j'ai appris que finalement, mes étudiants n'allaient pas travailler au collège, et donc, j'avais cours avec eux l'après-midi. Je n'avais rien préparé, aucun matériel, j'ai improvisé. On a regardé quelques vidéos sur le land art, le thème sur lequel nous étions en train de travailler. Puis, nous avons répondu à quelques quiz sur le thème de l'art et du design. J'étais fatiguée, très fatiguée. Je ne pense pas avoir été très dynamique. Je me disais "Je ne sais pas quand je les reverrai." En fait, je ne les ai jamais revus. On s'est écrit, puis souhaité de bonnes vacances. 

A présent je suis immobilisée jusqu'au 18 août et ensuite je commencerai une rééducation sans doute intensive, et au 1er septembre, je ne serai sans doute pas capable de reprendre le travail. De toutes façons, je n'aurai plus de classes. Je serai officiellement "en surnombre" à disposition du lycée, qui n'aura sans doute rien à me demander. Le mois de septembre n'est pas le plus surchargé. Ah, en mars ! j'aurais sûrement été utile à quelqu'un. Tout le monde court et essaie de tenir les délais, en mars.

Voilà, c'était mon dernier cours, et je ne m'en suis pas rendu compte.

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*François Mitterrand  (Je l'ai sans doute cru, en 1983 quand j'ai passé le CAPES.)

samedi, 25 avril 2020

Avec le confinement, tout est à retardement.

Le confinement est une étrange expérience. Je ne sais pas si c’est dû à mon âge, ou si cela fait la même chose à beaucoup de monde, mais j’ai l’impression que cela me fait assister à ma transformation. Je me vois vieillir. Je me demande si je vais savoir ressortir, remarcher, re-rencontrer du monde et avoir envie de parler. Je m’habitue bien à ne plus être entourée au quotidien de gens dont la plupart ne représentaient pas grand-chose pour moi. Je parle de mon boulot. Mes collègues, sympathiques dans l’ensemble par ailleurs, mes élèves, à qui je souhaite le meilleur pour l’avenir. Mais ne plus les voir ne me manquera pas.

Non, le confinement fait ressortir l’essentiel. Ma famille. Mes amis. Des personnes âgées que je ne reverrai peut-être pas. Un ami est en train de perdre son père qui est en maison de retraite. Une autre, sa maman qui, elle, a la chance d’être chez elle avec son mari. Mais dans les deux cas, je ne les reverrai pas, car je n’ai pas un lien de famille directe avec eux. Vraisemblablement, je ne serai même pas aux obsèques.

Le plus dur dans tout cela, c’est de ne pas pouvoir être présente auprès de mes amis. J’apprends les nouvelles par téléphone, par sms, par mail ou par lettre. Est-ce que cela rend les mauvaises nouvelles plus acceptables, moins traumatisantes ? En tout cas, je peux réagir seule, à distance, et continuer mon confinement. Je n’interromps pas ma vie, comme je l’aurais fait en temps normal, pour rendre visite, serrer dans mes bras, prendre le temps de veiller avec quelqu’un. Le nombre des mauvaises nouvelles a augmenté, et pourtant la douleur étant en mots, mais pas en actes, elle semble me toucher moins. Mais est-ce que ça ne sera pas une explosion d’émotion, de tristesse, de douleur, quand je reverrai en même temps ou presque tous ces gens que j’aime et qui ont perdu, ou sont en train de perdre quelqu’un d’important ?

Ma colère aussi va exploser à retardement. Je ne sais pas comment. Mais tout ce que je lis et entends de la part des gens de pouvoir et d’argent, s’accumule et me rend comme insensible, tellement il y a d’injustices, d’inepties, de violences, dont je suis témoin à distance, mais contre lesquelles je ne peux pas réagir. Pas encore.

 

https://www.amesauvage.com/blog/achat-tableau-n391

achat tableau moderne

mercredi, 08 avril 2020

“Il faut croire que la plus grande inconscience de l’homme, c’est celle de sa propre vie.”*

 

AIRE DE PIQUE NIQUE LE PONT DES BUTTES, BRISSAC LOIRE AUBANCE

Confinement Jour 23

On a d’abord su que les écoles, collèges et lycées fermaient. C’était tellement étrange, inédit, qu’on ne savait pas si l’on devait s’en réjouir ou pas. Evidemment cela signifiait que l’épidémie de Coronavirus devait être grave. On entendait parler de ce qui se passait en Italie, en Alsace, mais sur place, encore rien. D’un autre côté, j’étais prête à exercer mon droit de retrait, et cette annonce de fermeture simplifiait tout. Pas de certificat médical à demander à mon médecin, pas de courrier à faire au médecin de prévention. Dans le weekend, on a fait des courses, comme tout le monde, mais peut-être mois que d’autres, car ADMV qui est prévoyante, avait déjà fait des provisions de produits de base au fur et à mesure qu’elle lisait la presse. Elle était rentrée de son boulot en région parisienne fatiguée, et toussant depuis le mercredi. Moi, j’allais bien, et puis elle est fragile côté ORL, tousse souvent, donc je ne me suis pas inquiétée plus que ça. Mais ça évoluait bizarrement. Une bonne gastro, de la fièvre. Moi, toujours rien. Sauf le lundi soir, de la fièvre aussi. Mal à la tête. On avait déjà décidé depuis le weekend précédent de dormir et se laver chacune à un étage, pour que si l’une était contaminée, l’autre puisse éviter de l’être aussi. Au lycée je passais mon temps à me laver les mains entre chaque cours, depuis dix jours au moins. Le mercredi, elle allait vraiment mal, alors le jeudi elle a obtenu un RV chez son médecin, et est revenue avec un papier la décrivant comme « symptomatique ». On a encore fait plus attention. Ses symptômes se sont aggravés. Toujours fièvre, maux de tête, douleurs dans le dos et les jambes, et puis elle avait perdu l’odorat et le goût. Tout m’est arrivé pareil, à chaque fois 4 jours plus tard. J’ai parlé à mon médecin. Oui, j’étais sûrement contaminée aussi. Pas d’arrêt de travail, je ne voulais perdre ma journée de carence. Pas de test, on ne serait testées que si on était hospitalisées pour essoufflement grave et problème pulmonaire. Pas de traitement. Prendre un peu de doliprane, mais pas trop, car le corps doit se défendre seul et on doit savoir où on en est côté fièvre. Bref, 21 jours pour ADMV, 17 jours pour moi ! Des symptômes variés qui s'enchaînent de manière étonnante. On va mieux. On n’est pas dans les statistiques. On espère ne plus être contagieuses et immunisées, mais les infos sont vagues et contradictoires. On n’est pas sorties pendant tout ce temps, sauf chez le médecin et à la pharmacie. Et hier, première sortie « courses », masquée, parce qu’on ne sait jamais. Autour de nous c’est un peu l’angoisse. Des membres de ma famille sont en Ehpad, d’autres attendent des opérations pour des maladies graves, d’autres bossent en hôpital et risquent leur vie. Et nous, après avoir beaucoup angoissé, on se sent beaucoup mieux, comme guéries, protégées dans notre maison, qu’on se sent privilégiées d’avoir, avec son jardin. Il fait beau. Je bosse, mais c’est plutôt moins fatigant que la classe en vrai. Parfois on oublie presque le monde extérieur. Je vis dans un quartier où les gens respectent assez bien le confinement. Mais je vois des images de rues et de villes où les gens se comportent comme des inconscients. J’ai lu un titre d’article qui parlait d’un « suicide collectif », mais ce n’est pas que ça, c’est aussi un « meurtre collectif ». Et puis il y a des confinés qui craquent, de tous âges. J’appelle régulièrement mes copines célibataires. On a la chance d’être deux. Pour se soigner c’était plus facile aussi.  J’espère que vous allez bien, mes lecteurs.trices.  D’écrire tout ça m’a fait du bien. Je n’arrive pas à être drôle. Désolée.

A midi, on a fait un pique-nique au soleil, accompagnées par le chant des oiseaux et les bourdonnements des insectes. C’était tellement bien !

* Marc Levy

mercredi, 18 mars 2020

“La création, comme la vie, est par définition un processus hors équilibre qui nécessite un certain degré de confinement.” *

Je suis confinée. Je l’attendais. Entre jeudi dernier et dimanche matin, on a eu ordres et contre-ordres de notre hiérarchie, car au ministère, Blanquer a joué à celui qui sait mieux que tout le monde, et s’est fait à chaque fois contredire par le gouvernement, parfois quasi immédiatement.

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Jeudi dernier, j’étais à deux dois d’exercer mon droit de retrait. Mon âge, et un dossier médical qui peut me rendre « à risque ». Le médecin de prévention en est au courant, puisqu’elle m’a accordé un allègement de service. Et à 17h, Blanquer clamait haut et fort que les écoles ne seraient jamais fermées. Jeudi soir, Macron annonce que toutes les écoles, collèges et lycées seraient fermé.es. J’étais soulagée. Vendredi, au lycée, élèves en ébullition, ambiance de pré-vacances. Je mitige leur joie en leur disant qu’on allait assurer une « continuité pédagogique », donc sans doute un travail sur internet. Mais quand même. Tout le monde était un peu énervé. Samedi matin, lettre à tous les profs, de mon chef : on allait effectivement faire du télétravail, mais du lycée, et pour commencer, on était convoqué aux conseils de classes, et à une grande réunion de tous les profs, de la vie scolaire, de la direction. En tout, bien une centaine de personnes. Là, mon sang n’a fait qu’un demi-tour, et je n’étais pas la seule, puisque deux collègues ont tout de suite écrit qu’elles ne viendraient pas, pour raisons médicales. Pour une fois, j’ai essayé de réfléchir avant d’écrire, et j’ai envoyé ma lettre ouverte à la première heure : Je n’irais pas non plus, j’étais solidaire avec les deux collègues, mais je trouvais aberrant et contraire aux propos d’Edouard Philippe de la veille au soir, ou du vendredi, je ne sais plus, qui disait à tout le monde de se confiner ! de favoriser le télétravail quand il était possible. Je montrais clairement le manque de confiance que nous faisait notre hiérarchie, alors que depuis toujours les enseignants travaillent plus d’heures à la maison qu’en classe ! Nous faire venir au lycée aux heures de notre emploi du temps, pour risquer de se contaminer, était véritablement une insulte. J’insistais sur le fait que ce n’était pas parce que nos enfants avaient 16 ans et demi, ou que nous en avions 59, que nous n’étions pas à risque. J’ai eu à peine le temps d’envoyer ma lettre, mon proviseur de me répondre en faisant semblant de penser que j’avais envoyé ma lettre à tous par erreur, que, quelques heures plus tard, contrordre : personne ne viendrait travailler au lycée !

Bref, depuis lundi, je suis de manière quasi-apaisée à la maison. Je travaille environ 4 heures par jour. Le premier a été dur, car la connexion à notre espace numérique de travail buggait, mais depuis ça va. Je communique bien avec mes élèves. Je ne les surcharge pas de travail, mais essaye surtout de leurs donner des pistes pour travailler seul, faire des recherches sur les notions du programme, s’entraîner à la compréhension orale sur You Tube, trouer des exercices de grammaire correspondant à leurs difficultés particulières, et en les soutenant avec un peu d’humour.

Chez nous c’est un peu tendu. ADMV a de la fièvre depuis samedi. Moi, j’en ai eu lundi et la nuit qui a suivi, mais ça va mieux. On guette les symptômes, car tant qu’ils ne sont pas là, on doit prendre du doliprane, et c’est tout. Après tout c’est peut-être un simple virus hivernal, comme ceux qui nous ont pourri la vie depuis le 7 décembre…

Il semble faire beau, mais j’essaye de ne pas trop y penser. Nous essaierons de profiter du jardin quand il fera un peu plus chaud. Je vais lire, écouter les podcasts de France Inter et France Culture. Faire mon courrier en retard.  Mais surtout ne pas sortir ! La rébellion franchouillarde à ce propos m’agace vraiment, tout comme les mensonges de nos dirigeants. Au lieu de nous envoyer voter, ils auraient dû nous confiner une à deux semaines plus tôt. Mais on est toujours plus forts que les autres !

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* Pierre Joliot  - La Recherche Passionnément 

jeudi, 26 décembre 2019

"Mille cinq cents oies du Périgord ont entamé une grève de la faim à quelques jours de Noël. On ignore encore les causes d'une telle décision." *

Je crois que je n'ai jamais eu un premier trimestre aussi difficile : nouveaux programmes, en même temps que les anciens, nouvelles formes d'examens, imposées au dernier moment, sans aucune rigueur, des élèves de moins en moins prêts au lycée, à cause de la réforme des collèges, une réforme des retraites qui va toucher tout le monde, mais qui dans l'enseignement semble un assaut final dans la destruction des forces et du moral des troupes, des tensions au sein de l'équipe entre qui fait et ne fait pas grève, des reproches, des culpabilisations, des auto-victimisations, de la fatigue, l'impression qu'au moindre pas cela va exploser.

Et cela a explosé.

Dans mon cas, le 28 octobre, en Angleterre, à Brighton, une ville que j'adore, mais où j'ai shooté malencontreusement du pied gauche le nez en l'air à regarder les peintures murales qui inondent la zone piétonne. Depuis, je boîte. Au début, beaucoup, et ça faisait mal. A l'entorse s'est ajouté une déchirure musculaire dans le mollet. Aujourd'hui, je boîte encore, pas que j'aie mal, mais il y a une flexion que je ne peux plus faire. Il me reste 10 séances de kiné. Je garde donc espoir. Mais j'ai la hantise de rester handicapée. Ce serait idiot, alors que je vais bientôt être totalement libre, que je ne puisse pas marcher !

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Tout est prêt, je quitte l'éducation nationale le 1er octobre 2020. Cela va être une grande date pour moi, et qui sait, le renouveau de ce blog ?

En attendant pour terminer l'année dans l'ambiance de ce trimestre, je suis atteinte d'un virus bronco-pharyngo-etc, depuis le 16 décembre, et ce noël a vraiment été le pire de ma vie. De notre vie, puisqu'ADMV, elle, est malade depuis le 9 décembre. Ce matin elle m'a dit que pour la première fois elle se ressentait "normale". J'ai donc de l'espoir. Je devrais me sentir vraiment mieux le 1er janvier, et il me restera 5 jours de vacances, juste assez pour préparer mes cours, corriger mes copies, etc, pour la rentrée. 

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Je vous souhaite vraiment de ne pas avoir eu à affronter de virus, il parait qu'ils sont plus agressifs à cause du réchauffement climatique, et d'avoir pu tranquillement profiter de ceux que vous aimez. S'ils n'ont pas pu tous venir par le train, dites-vous que vous les retrouverez un peu plus tard, et un dîner en petit comité n'a pas que du négatif !

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* Daniel Prévost

 

lundi, 04 mars 2019

Le travail, c'est la santé, rien faire, c'est la conserver.*

C’est le mois de mars. Un air de printemps, une lumière différente, oui, on y est. Ça ne me donne malheureusement pas vraiment envie de bosser. Envie ou pas, je croule sous les copies et autres pensums, donc je m’exécute.

De plus notre grand chef, Blanc qu'erre, n’en finit pas de nous agresser, de rendre notre boulot insupportable, ses sous-fifres (qu’il ne doit par ailleurs pas ménager non plus) font leur possible pour faire appliquer sa politique inhumaine.Récemment un collègue m’a fait remarquer que les media ne parlent jamais des suicides dans l’éducation nationale. C’est vrai. La police, Orange, la SNCF… Les entreprises ou corps de métiers ne manquent pas où mourir est moins dur que travailler. Mais l’éducation nationale, on n’en parle pas. Pour tout le monde nous sommes ceux qui bossent 18 heures par semaines et sont toujours en vacances, pourquoi voudrions-nous en finir. Pourtant, autour de moi, je vois des gens qui souffrent, qui sont au bout du bout, et ça me fait peur, car certains ne sont ni vieux comme moi, ni jeunes et sans défenses. Non, ce sont des quarantenaires, qui ont de l’expérience, ont ou avaient encore des projets, et ont une vie privée remplie.

Vive la Vie, blog de femme, femme, prof, education nationale, épuisement psychologique

Je ne suis pas la seule à m’inquiéter de l’état psychologique de mes collègues, peut-être parce qu’en 35 ans de carrière, j’ai dû par deux fois prendre des antidépresseurs pendant 2 ans et demi, et la dernière fois, j’ai vraiment frisé le burn-out, à cause de la réforme des langues vivantes en lycée.

Le mépris, la surcharge des responsabilités, les changements dans les ordres donnés en permanence, le fait de passer pour des cons aux yeux de nos élèves, tout cela m’avait fait craquer. A chaque fois, j’ai pris les comprimés magiques, avant l’effondrement, mais tout le monde ne le fait pas. J’ai trouvé plusieurs blogs à ce sujet, mais peu de documents officiels.

https://mobbingdock.wordpress.com/2016/06/28/suicides-dan...

Plus ancien :

https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2011/10/22/...

Il y a même eu des questions au Sénat sur notre suivi médical : https://www.senat.fr/questions/base/2015/qSEQ151018322.html

La réponse dit que « les agents qui le souhaitent peuvent avoir une visite médicale ». En 35 ans, je n’en ai jamais entendu parler. On ne m’a jamais dit que je pouvais voir un médecin. Et l’initiative d’aller voir ce médecin spontanément ressemble tellement à un aveu de faiblesse, que peu de gens en dépression iront. Là où travaille ADMV, il y a un médecin du travail qu’elle voit régulièrement. Si elle n’y va pas spontanément, on la convoque, et si elle fait remarquer une douleur, ou une maladie due à son travail, on demande à ses supérieurs de faire des aménagements, et on veille à ce qu’ils soient faits. Pour tous les employés de l’EN, profs ou non, ceci est de l’ordre de l’imaginaire !

Vive la Vie, blog de femme, femme, prof, education nationale, épuisement psychologique

Je vais donc faire attention à mes collègues, et à moi, et essayer de tenir encore 21 mois.

* info pour les jeunes : Maurice Pon, parolier d'Henri Salvador, chanson sortie en 1965.

mercredi, 20 février 2019

La confiance n'exclut pas le contrôle.*

Il y a d'abord cette "loi de la confiance".

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Votée tard un soir, alors que la majorité des députés sont dans leur circonscription. Heureusement il restait sans doute les meilleurs.

Résultat : 

Instauration d'un uniforme, en vertu d'une tradition qui n'a jamais existé, sauf dans quelques anciens territoires coloniaux où les britanniques étaient passés.

Les chefs d'établissements veilleront à ce que les enseignants portent une tenue inspirant l'autorité. Il est vrai qu'aujourd'hui nous allons au lycée dépenaillés ou en tenues choquantes. 

Dans chaque salle de classe seront placés deux drapeaux et le texte d'un ou deux couplets de la Marseillaise. Comme je change de salle, et que je n'ai pas encore acquis cette confiance que notre ministre veut rétablir, pour être sûre que les drapeaux (français et européen) ne manqueront jamais à l'appel, je les porterai en pendants d'oreille. Mais lequel sera à droite ? et lequel sera à gauche ?

Ces rats ne sont même pas prêts à financer les drapeaux. Pour preuve : 

 "Désireux de « jouer le jeu de l’ouverture au débat parlementaire », le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a soutenu cette disposition, en assurant que la mesure pourrait s’appliquer « de façon très simple », les drapeaux en question pouvant prendre la forme de photos sur une affiche…" trouvé dans un article de La Croix du 13.02.2019

Pour gagner (en quoi me direz-vous ? en argent bien sûr.), l'essentiel n'étant plus de participer, les élèves de CM et peut-être plus jeunes, seront intégrés dans les collèges. Le principal deviendra le supérieur hiérarchique de tout ce beau monde. Tant pis pour les directeur.trice.s qui seront rétrogradé.e.s. Les gagnants dans ce nouveau système seront les troisièmes qui auront un panel plus grand de victimes pour le racket et le harcèlement.

Evidemment, tout cela se fait en supprimant un nombre élevé de fonctionnaires (ne me demandez pas le nombre exact, les chiffres m'emmerdent et me dépriment de plus en plus.), en supprimant des classes, des écoles, mais en augmentant le nombre d'élèves par classes. Au lycée, nous travaillerons sur une base de 36/37 élèves par classe, sans dédoublements sauf en physique - chimie.

Puisque je parle du lycée, les heures de cours par matières vont encore diminuer. Les choix de spécialités aussi. Et malgré la confiance, on fait croire aux parents et aux élèves, dans des réunions où les professeurs ne sont pas conviés, que cela améliorera les choses. 

Toute cette réforme n'est que comptable, et va promouvoir l'enseignement privé. Non seulement les écoles privées sans contrat pourront s'organiser comme elles le veulent, mais ils imposent la scolarité à 3 ans, ce qui à mon avis est une bonne chose, mais sans ouvrir de classes supplémentaires, et en exigeant des maires qu'ils financent les écoles maternelles privées !!!

Pour finir, nous continuons d'être de moins en moins bien payés, mais ça, vous vous en foutez et vous avez bien raison. Chacun sa m...., c'est le motto de tous, gilets jaunes ou non.

Je ne voyais pas comment vous parler de mon premier demi-trimestre 2019, sans vous dire tout ça d'abord. Pourtant, si l'on en croit cette nouvelle loi, je ne suis pas autorisée à vous dire tout ce qui précède. Seulement peut-être à publier in extenso le texte de cette belle loi de la confiance. Nous sommes désormais tenus à un devoir de "réserve". Comme les uniformes, on voudrait nous faire croire que cela a toujours existé. Non, c'est nouveau, ça vient d'sortir, comme disait mon ami Coluche.

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Je ne résiste pas à l'envie de republier ici les deux photos qui montrent une ressemblance évidente entre JMB et le juge Demort dans Roger Rabbit. Cela m'a frappée dès que j'ai vu notre ministre pour la première fois :

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Heureusement, je suis en vacances et suis partie une semaine à Limoux, dans de la famille. Pour la première fois en 20 ans, il a fait beau tous les jours et il n'y avait pas de vent. Comme quoi il faut rester optimiste. En plus, mon oncle et ma tante avaient fait provision de champagne et nous n'avons pas bu de Blanquette. La vie vaut vraiment la peine d'être vécue. 

 

*Lénine (Blanquer serait-il bolchévique ???)

 

jeudi, 17 janvier 2019

Le Futur est prêt à être créé et le passé est déjà une page tournée.

Je ne suis pas encore passée par ici depuis le début de l'année 2019. J'espère que celle-ci a bien commencé pour vous. J'ai eu une très grosse crève du 26 à midi au 31 à midi. Au lit, à tousser, moucher et surtout avoir mal à la tête. Puis, ça s'est arrêté, presque brusquement, pour me permettre de boire une flûte de champagne le 31 au soir. On était 3. On s'est couché à 23 h. Ça ressemble à mon année 2018. 2019 sera plus réveillée, moins douloureuse côté tête, mais il me faut trouver des solutions. Mon médecin dit que mes migraines viennent du fait que mon cerveau à trop de choses à gérer, qu'il n'y parvient pas. Je sais ce qui permettra à mon cerveau de se débarrasser des questions qui dérangent, du poids superflu des soucis : la retraite. Ce sera en principe au plus tôt dans 19 mois, au plus tard dans 21 mois.

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Sinon, l'actualité, la politique, comme tout le monde, ça pollue ma vie et ne me fait pas voir l'avenir avec beaucoup d'optimisme. Tout ce jaune, et maintenant ce rouge (soi-disant) chez les enseignants, ça n'apportera que du brun. 

La retraite, de futurs voyages en Ecosse, si May et les conservateurs britanniques le permettent, cela m'aidera sans doute à supporter tout cela. 

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Et vous ? Pas trop d'angoisses, et des projets qui vous portent malgré tout ce qui se passe sur notre planète j'espère. 

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dimanche, 19 août 2018

la science peut mener à la découverte de l'énergie atomique mais elle ne peut pas nous préserver d'une catastrophe nucléaire.*

Il y a quelques temps j'ai eu l'occasion d'entendre sur France Inter une émission où quelqu'un qui semblait vraiment savoir de quoi il parlait nous a expliqué que tout ce qu'on avait raconté sur le nucléaire au moment où on le mettait en place en France était faux, à savoir : ce n'est pas pas cher, ce n'est pas propre, et cela n'est pas sans danger.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/f...

Non seulement il y a les mêmes risques qu'à Fukushima, car nos réacteurs sont du même type, mais en plus les déchets que l'on va dorénavant enterrer à Bure, ne se détruiront jamais, et même finiront par contaminer tout le monde, on en est sûr. Et pourtant, hier, j'ai lu que "le gentil Xavier Bertrand", mouillé dans le scandale du médiator il y a quelques années, eh bien, il a sans vergogne affirmé : "Foutez-moi la paix avec les Éoliennes: "Ça coûte les yeux de la tête, ça ne crée pas d'emploi et ça détruit nos paysages." 

Alors s'il préfère, comme dans la Drôme d'où je viens, agrémenter les paysages de son département avec des centrales nucléaires, je voudrais lui dire ici (mais lira-t-il les propos d'Ed le Cheval qui parle ???) que je préférerais cent fois voir mon paysage envahi par des éoliennes que d'être polluée par le nucléaire en plus des glyphosates dont trois départements de ma région sont dans le peloton de tête des utilisateurs.

Je trouve criminel, voire assassin de tenir ce genre de propos. 

Voilà, c'était mon coup de colère. J'essaye tous les jours à mon niveau de polluer moins, de manger bio, et tous ces enfoirés nous rappellent tous les jours que l'on est impuissant. Quelle chance j'ai de n'avoir ni enfants, ni petits-enfants. Au moins je ne m'angoisse pas au sujet de leur avenir. Ce mec en a trois, des enfants, et apparemment, il s'en fout.

Vive la Vie, blog de femme, nucléaire danger, politicien pourri

*Vaclav Havel

mercredi, 20 juin 2018

Je reviens !

Retour, absence, bonheur

C'est avec une joie non dissimulée que je vous annonce mon retour ici. Renforcée par la lumière qui n'a pas beaucoup quitté notre région, épargnée par les tempêtes et inondations, je vais m'efforcer du publier régulièrement. L'essentiel, c'est que grâce à mon blog, c'est un peu comme si je n'étais jamais partie. Je vais aussi essayer de ne pas m'énerver. L'actualité s'y prête pourtant, à l'énervement, mais c'est mauvais pour moi. Alors comme, parmi les nouveautés dans ma vie, il y a le yoga, je devrais réussir à rester zen. Je ne me censurerai pas pour autant. Tout le monde a, je pense, besoin d'un exutoire, et ce blog est le mien. Tant pis pour vous ! 

Je suis ravie de vous retrouver ici. Je ne sais pas combien d'entre vous passent encore de temps en temps. Mais vous serez tou.s.tes les bienvenu.e.s. Pendant ces neuf mois d'absence, j'ai ressenti à peu près tout ça, mais aujourd'hui, sans hésitation, mon emoji, c'est le troisième à droite dans la ligne du milieu !

Retour, absence, bonheur

Eh oui, dans les nouveautés, il y a aussi l'écriture inclusive. Je m'y suis mise hyper vite, tellement c'est pratique. Mais rassurez-vous, je n'ai pas tant changé que cela, j'ai toujours horreur des sigles.

A la prochaine !

mardi, 09 janvier 2018

Je vais bien ne t'en fais pas

Bonne année à tous. C'est un peu pompeux, car déjà quand je publiais je n'avais plus guère de lecteurs, je devrais d'ailleurs plutôt dire lectrices, mais aujourd'hui je suppose que tout le monde a arrêté de passer ici et mange des chocolats  ou de la galette des rois en attendant les prochaines vacances.

Que 2018 ne soit pas trop effrayante, déprimante, mais au contraire douce et rassérénante.

Mon vœu, c'est d'être capable en humeur, forme et en temps de revenir ici commenter ma vie de prof et de citoyenne, au printemps ou au seuil de l'été.

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mardi, 14 février 2017

PEN-"L"-OH-PEE - Origin: Greek - Means: Duck - Gender: Female

Ah.... 42 jours déjà !

Le temps d'un carême. Du coup, on va fêter ça au resto à midi. Je n'avais pas réalisé que c'était la Saint Valentin, et j'ai eu peur qu'on ne trouve pas de table, mais si.

Boogie grandit. 

Fillon ne ressort pas grandi. Avant cette affaire, je n'avais jamais imaginé qu'il ait pu être un ancien chanteur des Poppys.

Trouverez-vous l'escroc catho?

 

Je suis enfin de nouveau en vacances, sans grippe ! Et chaque minute est un cadeau.

Je dors.

J'ai redécouvert ce qu'était un magasin, autre que ma supérette locale. Mais je ne vais pas abuser. Une visite me suffit. Un jean neuf, deux t-shirts. Mission accomplie. Il me reste à trouver une lampe de bureau pour ma nouvelle pièce atelier, où je vais pouvoir bricoler et peindre. J'adore cet endroit, qui avait été ma chambre pendant 11 ans et était devenue dès mon départ de chez mes parents un grenier. 

Je suis en train de planifier un weekend à Londres au printemps. Je sens que cela va être mon carburant pour le reste de l'année. Pourvu que T. May ne nous massacre pas l'ambiance. J'aime ce pays et je compte bien y séjourner autant que je l'entends. J'avais même prévu y passer une partie de ma retraite. Cela ressemble à mission impossible maintenant.

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jeudi, 29 décembre 2016

Pizza et nostalgie, mieux que les antiviraux !

Plus que deux jours avant qu'on passe à 2017 ... et que rien ne change, ou en moins bien. Oui, je suis peu optimiste. C'est sans doute la grippe, l'âge, les mauvaises nouvelles, le froid dehors, le boulot que je n'ai pas eu le temps de faire à cause de la grippe, les deux stagiaires que j'ai acceptés pour rendre service et qui vont être là, dès mardi matin, à regarder, noter, mes moindres paroles, gestes, remarques... Heureusement, à midi, je brave l'hiver et vais manger une pizza avec des amis de ma jeunesse, que j'ai retrouvés récemment, grâce à mon mariage. On va parler du passé, pas trop, pour ne pas ennuyer ADMV, mais le passé, la nostalgie, ça aide à supporter le présent.

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Et pour ne pas penser à l'avenir proche, réécoutez Pierre Barouh. Il vient de nous quitter, lui aussi, mais heureusement sa voix et ses mélodies sont toujours sur ma clé usb et ne me quitteront pas à chaque fois que je partirai en vacances.

 

mardi, 20 décembre 2016

Noël, c'est de la nostalgie, et c'est pour ça que je l'aime.

La période de Noël me pousse à regarder la télévision. Le temps est souvent trop gris pour donner envie d'aller me balader dans la campagne, trop froid parfois. Il y a trop de monde en ville pour me donner envie d'aller faire du shopping. Les marchés de noël sont devenus des lieux à éviter. Et mon canapé me fait de l'œil, surtout depuis que mon nouveau chat est là. Il réclame des câlins et quelle autre activité que la télé contemplation me permettrait de pouvoir en même temps câliner Boogie alors qu'il se prélasse sur mon épaule, mes genoux, mon ventre, ma tête...?

Les programmes sont souvent à la culture ce que sont à la gastronomie les nounours en guimauve. Faciles à consommer, nostalgiques à souhait, colorés et pas chers. Mais voilà, on a tous ses faiblesses, j'aime ça. Un bon film sentimental ou drôle pour les gosses, surtout depuis que la TNT nous permet d'y avoir droit en VO, j'adore. Hier soir, pas de film. Mais une émission que je ne m'attendais pas à voir si longue sur Maritie et Gilbert Carpentier. Deux noms magiques, qui annonçaient pendant mon adolescence deux heures de bonheurs et de rigolades en famille. On s'amusait, on critiquait, on adorait, c'était selon, en tout cas, contrairement à la règle familiale habituelle, on avait le droit de causer devant le poste, et ça occupait des samedis soirs où on ne sortait pas.

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Quasiment 90 % des séquences montrées hier soir ne m'étaient pas inconnues. J'ai eu l'impression étranges de les avoir vues hier. Elles m'ont transportée dans une époque de ma vie où j'étais heureuse. De ce bonheur évident que j'ai eu la chance de vivre dans mon enfance et mon adolescence. La plupart des extraits d'émissions dataient de 1969 à 1977. Je ne me rappelais pas qu'on regardaient tous les Sacha shows, Top A, etc. Et pourtant je me rappelais de Sylvie Vartan chantant avec Carlos "2 minutes 35 de bonheur", de Dalida, de Joe Dassin. Que des gens dont je n'ai jamais eu de disques, mais dont je connais toutes les chansons par cœur. J'ai regardé ça avec mon chat, qui ne s'est pas ennuyé une minute. Trois heures ! Pour une fois une émission qui ne lésine pas, qui donne le temps de voir.

Je ne regarde plus d'émissions de variétés, n'en croise même plus. A part peut-être Taratata. Mais c'est souvent tard, ça se prend au sérieux et il y a trop de chansons en anglais. Alors que là, on voyait des filles et des garçons, qui dans la vie n'étaient peut-être pas des copains, mais qui acceptaient le temps d'une émission de se "mettre en danger" pour notre petit bonheur du weekend. Ils se déguisaient, faisaient des duos improbables, chantaient des vieilles chansons ou modernes, mais totalement éloignées de leurs répertoires. Ils faisaient des sketches, et Coluche chantait. Et c'était de l'humour, mais aussi de l'émotion.  

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(Je ne me lasse pas de la voix de Joe Dassin en anglais !)

 

Je crois que c'est la première fois que j'entendais Maritie et Gilbert Carpentier parler, que je les voyais. C'était vraiment des gens bien.

(Cliquez sur les photos pour trouver les articles ou videos en lien.) Edit le 21.12.2016

samedi, 26 novembre 2016

Nausée du 21ème siècle

Dimanche dernier des amies sont allées voter aux primaires et vont sans doute aller revoter demain. Leur peur ? Fillon. Homophobe autoproclamé, puisqu'il ne rêve que d'une chose empêcher les gays d'adopter, et même de leur retirer le droit de se marier. Gageons qu'il n'y parviendra pas, le conseil constitutionnel veille. Enfin, j'espère. Car il est quand même soutenu par des gens sympathiques comme Scie Vie Tasse et L'essence comme un. 

Depuis des années on excuse les gens qui votent Effène en appelant leur vote "un vote de contestation". Perso, j'ai toujours pensé que pour voter pour eux, il fallait être facho. Consciemment, pas consciemment, bêtement, tout ce que vous voulez, mais facho quand même. On y est. Aujourd'hui, ils n'ont que l'embarras du choix ! La France s'extrême-droitise ouvertement et l'avenir va être plombé.

La tête de Fillon, on l'a assez vue quand il était le ministre de l'énervé. Mais lui ou Juppé, honnêtement, je m'en fous. Je ne voterai pas pour eux aux élections, à aucun des deux tours, quoi qu'il arrive. Les électeurs de droite n'ont qu'à prendre leurs responsabilités et ne pas choisir un candidat proche du FN. S'ils le veulent, ils s'en mordront les doigts, et l'auront bien mérité. Je ne vois pas pourquoi, étant de gauche depuis toujours, je devrais les aider à choisir le moins mauvais.

Ce mec contre le manque d'humanité duquel j'ai défilé en 1995 ne représente aucun espoir pour moi. J'ai de la mémoire.

Et puis, peut-être ces deux ultra-droitistes vont-ils réussir à faire se réveiller la gauche, la vraie, pas Macron, ni Hollande et ses sbires. On peut rêver, non ?