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vendredi, 09 octobre 2020

Les couleurs sont les touches d'un clavier, ... *

J’ai repris mon cours de peinture. Mesures Covid évidemment ! Le moins bien : un sens des déplacements a été imposé, ce qui fait qu’à chaque fois qu’on doit aller changer l’eau de son pot ou se laver les mains, on doit faire un détour autour de la salle en passant par l’extérieur. Les élèves, en tout cas lors de cette première séance, derrière leurs masques et aux places indiquées par des autocollants bleu, ont été très statiques. Cela retire un peu de convivialité. Les consignes du prof sont plus difficiles à entendre aussi.

Mais il y a des avantages ! au lieu de la quarantaine ou plus d’élèves des autres années, nous ne sommes que 22 et cela ne devrait pas augmenter. Quel calme ! quel confort ! On a de l’espace, on voit bien tout le monde et le sujet que l’on a à peindre. Et les gens sont plus calmes aussi.

Bref, pour l’instant, je suis ravie de la manière dont mon cours se présente. Et même si je dois limiter le matériel que j’emporte car j’y vais avec mes pieds + le tram, et que ce tram ne me rassure pas, car passé 20h les gens ne portent pas tous un masque, en tout cas correctement, je vais m’y tenir et aller travailler sérieusement ma peinture.

Première séance : cercle chromatique. Dans ma vie, j’ai dû faire cet exercice au moins 6 fois, mais de six manières différentes. Alors, ça ne me dérange pas. Il faut réviser, et que les bases deviennent des réflexes.

La semaine prochaine, on travaillera sur le monochrome. Cela me rend impatiente. Si, si !

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*...les yeux sont les marteaux, et l'âme est le piano lui-même, aux cordes nombreuses, qui entrent en vibration.

Wassily Kandinsky

jeudi, 17 septembre 2020

J'ai participé à un concours de nouvelles

De l’Importance de l’Art

Tous les ans depuis l’an 2000, date à laquelle j’ai emménagé dans cette maison, vous avez vidé ma boîte aux lettres, nourri mon chat, arrosé mes plantes et cueilli les légumes et les fruits qui risquaient de se perdre, pendant que je visitais les musées de Paris, Glasgow, Quimper, Montréal, Tunis et autres villes des pays que j’ai aimé visiter.

Vous l’avez fait avec fidélité, loyauté et conscience. Sans rien me demander, bien au contraire. Il n’était pas rare que je rentre et trouve sur ma table de cuisine un gâteau à la fleur d’oranger ou une bouteille d’hydromel fait maison. Bien sûr j’essayais toujours de vous rapporter un petit cadeau, qui vous fasse un peu voyager, vous qui n’en aviez pas toujours les moyens ni la possibilité. Je me suis réjouie pour vous quand vous avez gagné ce séjour au Portugal, que vous aviez choisi de faire au moment où j’allais découvrir l’immobilité, à cause de mon tendon d’Achille opéré.

Une vibration me dérange dans ce moment de rêverie sur ma terrasse.

- Ah, bonjour Monsieur, comment se passe votre séjour ? 

Son numéro n’est pas dans la liste de mes contacts, mais je reconnais sa voix immédiatement. 

- Très bien, merci, me dit-il. La ville de Lisbonne est magnifique ! et d’ailleurs, je vais vous envoyer des photos.

- C’est très gentil. Mais vous savez, la vue sur nos jardins est belle aussi ! Il y a des nuances de vert invraisemblables ! Et au milieu les petites taches orange des potimarrons, qui rappellent la couleur de mon parasol. Ce matin, un petit vent presque frais me fait me sentir en vacances. J’ai l’impression que si je sortais, à deux-cents mètres, j’aurais la mer.

Je me suis laissée aller à cette évocation presque poétique qui ne ressemble en rien aux conversations que nous avons d’habitude.

- Je vous remercie pour le petit courrier, reprend-il. C’est drôle, c’est rare de recevoir une carte postale quand on est à l’hôtel ! Et pour la photo de votre chat aussi ! Il me manque celui-là.

Il se tait, je suppose qu’il a besoin de quelques secondes pour penser à son jardin, sa maison, se rassurer.

- Je ne voulais pas vous déranger, seulement, je m’inquiète un peu. Je pars tellement rarement de chez moi.

En essayant de prendre un ton réconfortant, mais pas trop condescendant, je lui dis :

- Ne vous en faites pas, vos enfants passent régulièrement. D’ailleurs, on s’est échangé des courgettes contre des tomates. Il fait chaud, mais il reste de l’eau dans la citerne, alors, on peut continuer d’arroser votre potager.

- Oh, c’est bien. Et vous ? vous ne souffrez pas trop ? s’enquiert-il. Je pense à vous dans les musées, vous savez. Je sais que vous les aimez tant.

- Mon pied s’en remet. Je dis cette phrase en la trouvant étrangement sans le moindre sens. Mais je n’ai pas trouvé d’autres mots. Mon pied s’en remet à moi, à ma patience, aux médecins, à son destin de pied.

Et moi, demain, je peins.

Je suis rentré hier. J’ai sonné chez ma voisine, mais elle n’était pas là. Son chat est venu à ma rencontre dans la cour, puis s’est éloigné, comme un prince. Je suis entré dans ma maison, est déposé mes bagages sans les défaire, trop fatigué par ce voyage. C’est décidé, je ne reprendrai plus l’avion. Le stress occasionné par l’embarquement, trouver son chemin, sa porte, s’adresser à la bonne personne, tout cela m’est insupportable. Puis traverser Paris, être à l’heure pour le train pour Reims, dans cette gare où tout pue, et finalement prendre le tram, au milieu des masques, non, définitivement non, je ne referai pas cela.  Le couloir n’a pas changé. La cuisine non plus. Sur un coin de table, les trois ou quatre factures que mes enfants ont dû trouver dans ma boite aux lettres. L’odeur n’est pas la même que d’habitude. C’est drôle, elle me rappelle celle des musées à Lisbonne. Mais ici, je peux enfin m’asseoir. J’envoie un message à ma voisine pour la prévenir que je suis de retour, elle avait l’air un peu inquiète pour moi au téléphone. Je me demande où elle est. A peine remise de son opération et elle est repartie ! Elle m’a toujours étonnée par ses voyages, ses récits de visites. Quelle énergie ! Elle fera d’autres voyages, elle.

Je vais au salon, les fenêtres ont besoin d’être ouvertes. Cette odeur de renfermé, je n’en veux plus. L’arrivée d’un message me surprend. « Bonjour Monsieur Ferreira, contente que vous soyez bien rentré. Je suis au Musée d’Orsay. »

La voilà donc replongée dans la peinture. Sur le canapé, un objet inhabituel. J’acclimate mes yeux à l’obscurité, je devine plus que je ne vois. Mais l’image se dévoile. Une tache orange, des reflets, du vert, des ombres, du soleil, les yeux d’un chat dans les herbes, le rouge vif d’un poivron. Les odeurs me viennent dans la tête, le bruit des insectes au plus fort de la chaleur. Elle l’a peint ce tableau pour moi ! J’ouvre les volets et apparaissent un papillon et une courgette. Mon jardin, mon monde. Vu de chez ma voisine. Si près, si loin.

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mercredi, 26 août 2020

Haïku de la phobie administrative

 

Mal à la tête, casse-tête, pense-bête, internet, retraite.

Vertiges, ça me fige, peur du litige.

Angoisse, poisse, ça passe.

J'ai une phobie administrative

 

mardi, 28 juillet 2020

« Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours »*

Etant chez moi en permanence, ne me déplaçant que de 20 ou 30 mètres maximum à chaque fois, égayant mes déplacements de manœuvres diverses, mais me fatiguant plus qu'on ne peut imaginer à chaque fois, il faut dire qu'il fait chaud, j'opte le plus souvent pour le statisme. Sur mon fauteuil ou assise sur mon lit et utilisant mon ordinateur, je peux difficilement manquer une nouvelle. C'est assez déprimant, car que ce soit dans mon entourage concret ou dans les personnes connues qui font l'actualité, il y a beaucoup de décès. Aujourd'hui, il s'agit de Gisèle Halimi. Comme a dit son fils, elle a eu une "belle vie". Je suppose qu'il entend par là qu'elle a eu une vie active, bien remplie et assez longue pour lui permettre d'accomplir quelques rêves, ambitions, et de mener à bien quelques combats qui la passionnaient. Elle a effectivement fait avancer la cause des femmes, mais je ne peux m'empêcher de penser que ces dernières années, elle étaient sans doute déçue du retour en arrière sur certains droits qui semblaient acquis pour de bon et dans l'évolution du machisme, qui semble indestructible. D'autres femmes se sont battues sur ce terrain et je suis devenue adulte en les lisant, en les écoutant et en essayant d'appliquer à ma vie ce qu'elles m'enseignaient : Benoîte Groult, Françoise Giroud, Evelyne Le Garrec, et d'autres encore moins connues. Je leur rend hommage à toutes aujourd'hui. Bravo et merci à toutes ces femmes qui ont permis à d'autres d'être libres de choisir leur vie. Et courage à celles qui ont encore à se battre, et qui le font bien, à la manière de ce 21ème siècle que j'ai tant de mal à accepter comme le mien.

A lire : 

https://curiosity-club.co/media/je-suis-gisele-halimi/

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/22/gisele-...

 

*Benoîte Groult

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mercredi, 03 juin 2020

" Le plus lent marcheur, s'il ne perd pas son but de vue, va encore plus vite que celui qui erre au hasard. "*

Je vais réparer mon corps avant de prendre congé. Ma retraite, je l'ai imaginée cyclant, marchant, lisant, paressant, dessinant, nageant, plein de trucs en -ant, même si la tendance est plutôt aux trucs en -ing. Les deux premiers, depuis la rencontre brutale mon pied gauche et un objet inconnu métallique sur une zone piétonne en Angleterre, sont devenus impossibles. Je marche une heure maximum, à plat, et à la fin j'ai mal. Le vélo, interdit. Depuis le début je dis que mon cerveau ne donne plus d'ordres à mon pied. Mais on m'a dit d'être patiente, qu'une déchirure musculaire faisait souffrir, que mon entorse était une grosse entorse. Et puis, à force que je râle, mon médecin s'est enfin décidée à m'envoyer voir un spécialiste, qui m'a fait passer une IRM. Verdict : Il y a bien eu rupture de mon tendon d'Achille le 28 octobre. J'ai eu peur que cela ne s'opère pas, mais si. Seulement on va devoir utiliser autre chose que mon propre tendon. J'ai pas demandé quoi. On m'a demandé quand ? J'ai dit le plus tôt possible. Ce sera le 6 juillet. Une journée et une nuit de clinique. Ma première opération dans le privé. Ensuite, il y aura 6 semaines d'immobilisation, le pied dans une botte, et déplacements en béquilles. Ca nous mène au 17 août. On avait décidé de ne pas partir en vacances cet été, ça tombe bien. ADMV s'occupera de moi. Je le sais. Elle l'a déjà fait, encore plus longtemps. Ensuite, rééducation. En septembre, je ne savais pas ce que je ferais, eh bien maintenant je sais. J'entretiendrai une relation suivie avec mon kiné. Et puis, le 1er octobre, quand je serai officiellement en retraite, je serai prête et fonctionnelle pour tous les trucs en -ant mentionnés au début de mon texte. 

Et vous, vous faites quoi de votre été ?

Vente en ligne d'articles Botte de marche pour PIED CHEVILLE sur ...

*Gotthold Ephraim Lessing

vendredi, 08 mai 2020

Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois *

J'ai envie de vous présenter un livre. Il a 73 ans. Au début il n'existait pas. Mais deux frère et sœur sans enfant, dont je pourrais vous raconter l'histoire un jour, Fernand et Alice, donnaient leur amour à leurs petits-neveux et nièces en leur offrant des vacances, des moments heureux dans un jardin, et des lectures. La revue Lisette fut achetée toutes les semaines, puis les numéros furent reliés pour en faire un livre. Fernand, ancien ingénieur, était en retraite, avait vécu deux guerres, et voulait toujours apprendre plus. Malgré tout cela, il n'avait pas perdu son optimisme, sa foi en l'humanité, le modernisme, l'avenir. Un relieur qui avait sa boutique pas loin lui a appris la technique. C'est ainsi que mon grenier est plein de livres divers, de plus ou moins grand intérêt, mais merveilleusement reliés. Cet "album de Lisette", comme je l'appelais enfant, a fait mon bonheur. J'ai tout lu, en négligeant sans doute un peu trop les pages couture et tricot. Aujourd'hui, en période de confinement, je le regrette. Sinon, oui, j'ai tout lu. J'y ai acquis autant de principes moraux de base que d'esprit critique. Car oui, certains textes me faisaient sourire, ou bondir, mais j'y puisais ce qu'il y avait d'émotion et de nostalgie universelle. Et savoir que ma mère avait feuilleté ces pages, sans les abîmer du tout, donnait à cette lecture encore plus de valeur. Je pense que je vais relire le roman-feuilleton "Nicole au Pays des Dollars", et me demande quelle idéologie il véhiculait !

 

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* Pierre Dumayet

 

samedi, 25 avril 2020

Avec le confinement, tout est à retardement.

Le confinement est une étrange expérience. Je ne sais pas si c’est dû à mon âge, ou si cela fait la même chose à beaucoup de monde, mais j’ai l’impression que cela me fait assister à ma transformation. Je me vois vieillir. Je me demande si je vais savoir ressortir, remarcher, re-rencontrer du monde et avoir envie de parler. Je m’habitue bien à ne plus être entourée au quotidien de gens dont la plupart ne représentaient pas grand-chose pour moi. Je parle de mon boulot. Mes collègues, sympathiques dans l’ensemble par ailleurs, mes élèves, à qui je souhaite le meilleur pour l’avenir. Mais ne plus les voir ne me manquera pas.

Non, le confinement fait ressortir l’essentiel. Ma famille. Mes amis. Des personnes âgées que je ne reverrai peut-être pas. Un ami est en train de perdre son père qui est en maison de retraite. Une autre, sa maman qui, elle, a la chance d’être chez elle avec son mari. Mais dans les deux cas, je ne les reverrai pas, car je n’ai pas un lien de famille directe avec eux. Vraisemblablement, je ne serai même pas aux obsèques.

Le plus dur dans tout cela, c’est de ne pas pouvoir être présente auprès de mes amis. J’apprends les nouvelles par téléphone, par sms, par mail ou par lettre. Est-ce que cela rend les mauvaises nouvelles plus acceptables, moins traumatisantes ? En tout cas, je peux réagir seule, à distance, et continuer mon confinement. Je n’interromps pas ma vie, comme je l’aurais fait en temps normal, pour rendre visite, serrer dans mes bras, prendre le temps de veiller avec quelqu’un. Le nombre des mauvaises nouvelles a augmenté, et pourtant la douleur étant en mots, mais pas en actes, elle semble me toucher moins. Mais est-ce que ça ne sera pas une explosion d’émotion, de tristesse, de douleur, quand je reverrai en même temps ou presque tous ces gens que j’aime et qui ont perdu, ou sont en train de perdre quelqu’un d’important ?

Ma colère aussi va exploser à retardement. Je ne sais pas comment. Mais tout ce que je lis et entends de la part des gens de pouvoir et d’argent, s’accumule et me rend comme insensible, tellement il y a d’injustices, d’inepties, de violences, dont je suis témoin à distance, mais contre lesquelles je ne peux pas réagir. Pas encore.

 

https://www.amesauvage.com/blog/achat-tableau-n391

achat tableau moderne

mercredi, 08 avril 2020

“Il faut croire que la plus grande inconscience de l’homme, c’est celle de sa propre vie.”*

 

AIRE DE PIQUE NIQUE LE PONT DES BUTTES, BRISSAC LOIRE AUBANCE

Confinement Jour 23

On a d’abord su que les écoles, collèges et lycées fermaient. C’était tellement étrange, inédit, qu’on ne savait pas si l’on devait s’en réjouir ou pas. Evidemment cela signifiait que l’épidémie de Coronavirus devait être grave. On entendait parler de ce qui se passait en Italie, en Alsace, mais sur place, encore rien. D’un autre côté, j’étais prête à exercer mon droit de retrait, et cette annonce de fermeture simplifiait tout. Pas de certificat médical à demander à mon médecin, pas de courrier à faire au médecin de prévention. Dans le weekend, on a fait des courses, comme tout le monde, mais peut-être mois que d’autres, car ADMV qui est prévoyante, avait déjà fait des provisions de produits de base au fur et à mesure qu’elle lisait la presse. Elle était rentrée de son boulot en région parisienne fatiguée, et toussant depuis le mercredi. Moi, j’allais bien, et puis elle est fragile côté ORL, tousse souvent, donc je ne me suis pas inquiétée plus que ça. Mais ça évoluait bizarrement. Une bonne gastro, de la fièvre. Moi, toujours rien. Sauf le lundi soir, de la fièvre aussi. Mal à la tête. On avait déjà décidé depuis le weekend précédent de dormir et se laver chacune à un étage, pour que si l’une était contaminée, l’autre puisse éviter de l’être aussi. Au lycée je passais mon temps à me laver les mains entre chaque cours, depuis dix jours au moins. Le mercredi, elle allait vraiment mal, alors le jeudi elle a obtenu un RV chez son médecin, et est revenue avec un papier la décrivant comme « symptomatique ». On a encore fait plus attention. Ses symptômes se sont aggravés. Toujours fièvre, maux de tête, douleurs dans le dos et les jambes, et puis elle avait perdu l’odorat et le goût. Tout m’est arrivé pareil, à chaque fois 4 jours plus tard. J’ai parlé à mon médecin. Oui, j’étais sûrement contaminée aussi. Pas d’arrêt de travail, je ne voulais perdre ma journée de carence. Pas de test, on ne serait testées que si on était hospitalisées pour essoufflement grave et problème pulmonaire. Pas de traitement. Prendre un peu de doliprane, mais pas trop, car le corps doit se défendre seul et on doit savoir où on en est côté fièvre. Bref, 21 jours pour ADMV, 17 jours pour moi ! Des symptômes variés qui s'enchaînent de manière étonnante. On va mieux. On n’est pas dans les statistiques. On espère ne plus être contagieuses et immunisées, mais les infos sont vagues et contradictoires. On n’est pas sorties pendant tout ce temps, sauf chez le médecin et à la pharmacie. Et hier, première sortie « courses », masquée, parce qu’on ne sait jamais. Autour de nous c’est un peu l’angoisse. Des membres de ma famille sont en Ehpad, d’autres attendent des opérations pour des maladies graves, d’autres bossent en hôpital et risquent leur vie. Et nous, après avoir beaucoup angoissé, on se sent beaucoup mieux, comme guéries, protégées dans notre maison, qu’on se sent privilégiées d’avoir, avec son jardin. Il fait beau. Je bosse, mais c’est plutôt moins fatigant que la classe en vrai. Parfois on oublie presque le monde extérieur. Je vis dans un quartier où les gens respectent assez bien le confinement. Mais je vois des images de rues et de villes où les gens se comportent comme des inconscients. J’ai lu un titre d’article qui parlait d’un « suicide collectif », mais ce n’est pas que ça, c’est aussi un « meurtre collectif ». Et puis il y a des confinés qui craquent, de tous âges. J’appelle régulièrement mes copines célibataires. On a la chance d’être deux. Pour se soigner c’était plus facile aussi.  J’espère que vous allez bien, mes lecteurs.trices.  D’écrire tout ça m’a fait du bien. Je n’arrive pas à être drôle. Désolée.

A midi, on a fait un pique-nique au soleil, accompagnées par le chant des oiseaux et les bourdonnements des insectes. C’était tellement bien !

* Marc Levy

lundi, 24 février 2020

Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique. *

La fin de février annonce le printemps. Enfin ! Jamais hiver n'aura paru si long. Peu de lumière, peu de froid, pas de neige, beaucoup de virus. Malade 3 semaines en décembre, mal remise jusqu'au 13 février, malade de nouveau. Pour nuire à mon optimisme et à celui d'ADMV qui est encore plus malade que moi depuis largement aussi longtemps, les média ne parlent que du coronavirus. On a beau savoir que jusqu'ici il a surtout fait mourir les personnes très âgées et/ou souffrant de quelque chose de bien plus grave, c'est anxiogène. Dans les lieux publics où nous toussons, les gens nous regardent méchamment et méfiamment. (ce deuxième mot n'existe pas, mais est à propos.) J'ai beau savoir que les personnes asiatiques sont l'objet d'un raciste silencieux mais ostensible, cela ne me console pas. Cette santé bancale depuis presque 10 semaines m'aura fait tester l'enseignement sans entendre. Cela amplifie les bruits de fond en brouillard sonore assez désagréable, cela transforme ma voix comme si j'avais un mégaphone intérieur et pour ne pas passer pour une idiote, j'évite de faire répéter mes élèves, ce qui me rend très "bienveillant" quant à l'évaluation des prestations à l'oral de mes élèves. Je vais terminer cette carrière en étant très populaire ! J'ai voulu consulter mon ORL, mais les rendez-vous ne se prennent que le premier lundi du mois. Je n'ai su cela que le mardi 2 février. A 24 heures près, j'ai repoussé ma consultation d'un mois. Mon rhume le plus récent a contribué bizarrement à débloquer quelque peu mon oreille droite. Mais j'ai encore quelques acouphènes persistants. 

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Loin de ma tête, mon entorse de la cheville, qui date du 28 octobre, me handicape pas mal et rend toute activité pénible, sauf si c'est une activité assise. Je suis donc allée au cinéma où j'ai vu "Deux". Un sujet qui m'a beaucoup parlé, car à quelques années près, j'aurais pu être amenée à vivre ça. Mais heureusement la loi a rendu ma vie privée plus acceptable et visible surtout par mon entourage. C'est bien qu'il y ait des films qui abordent l'invisibilité de l'homosexualité, mais j'aurais aimé plus d'émotion. 

J'ai lu aussi, dans mon beau fauteuil, cadeau de noël d'ADMV. Le Lambeau, de Philippe Lançon et parallèlement Semeuses de Rire, raconté par une clowne que je connais bien. Deux émotions différentes, mais des émotions vraies. 

Je suis allée une fois à la piscine. Se déplacer sans glisser est un peu un parcours du combattant, mais une fois dans l'eau, j'adore. 

Et pour essayer de régler mon problème de cheville qui ne peut plus fonctionner normalement, j'ai démarré un traitement d'ondes de choc. Ca fait mal, mais ça fait du bien là où ça fait mal. Tiens, ça me rappelle une pub. J'espère que ça marchera aussi bien qu'il y a 6 ans. Achille m'en veut ! 

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On a commencé à regarder une série dystopique sur le thème "et si les nazis avaient gagné la guerre...", Le Maître du Haut Château. C'est extrêmement bien fait, mais extrêmement flippant. Après le premier épisode, j'ai rêvé que la police venait m'arrêter car j'avais intitulé un dossier sur mon ordinateur "Affaires Sensibles". 

Voilà ce que j'ai fait de mes vacances, pour l'instant. Cette semaine, je mange au resto avec une amie et je passe une journée à Paris. Le motif principal étant que j'ai oublié mes clés dans un musée où je suis allée le weekend dernier. Quand on n'a pas de tête, il faut avoir une carte "senior" ! Ma prochaine note sera peut-être sur mes aventures parisiennes.

* Jean-Paul Sartre

mardi, 20 août 2019

A propos de Frédérique Bonnal / "Je suis curieuse des gens. C'est l'essence même de mon jeu d'actrice..."*

Il y a bien longtemps, après avoir eu mon concours, j'ai pu suivre une formation professionnelle dans ce qu'on appelait à l'époque le CPR. En plus de nos heures de pratique, 9 heures devant les élèves, nous avions une journée de formation théorique par semaine. Nous avons eu droit en plus à deux stages de 5 jours me semble-t-il dans deux spécialités que nous pouvions choisir. J'avais opté pour informatique et théâtre.

Le premier stage m'a vue essayer de comprendre ce qu'était un ordinateur et ce qu'on pouvait bien en faire dans notre métier. C'était assez complexe pour deux raisons. La première, c'est que nous travaillions sur des TO5 ou autre dinosaure et on ne nous enseignait que de la programmation, largement trop dur pour moi, et largement inutile comme la suite me l'a prouvé. La deuxième cause de difficulté pour moi était de jouer le moindre rôle dans cette formation, vu qu'on nous avait imposé des binômes et que le mien, prof de physique, pensait tout savoir et ne me laissait rien faire.

Le deuxième stage fut une réussite complète. Il était animé par une actrice, Frédérique Bonnal, qui nous a permis avec talent, humanité, pédagogie, intelligence, et j'en passe, à nous exprimer clairement, à nous mouvoir devant un public, à trouver notre place dans un groupe, à travailler sur nos émotions intérieures pour savoir les maîtriser à l'extérieur. Je me souviens de ces 5 journées avec un bonheur immense. Frédérique Bonnal nous avait aussi parler de son métier, de cet accent du midi qui lui faisait trouver des rôles, du dernier téléfilm qu'elle avait tourné avec Jacques Dufilho, de Jacques Dufilho, de sa passion pour son métier. 

Plus tard, je l'ai découverte dans le film de Guédiguian Marius et Jeannette, puis dans presque tous les films de Guédiguian. Des rôles plus ou moins importants, mais toujours justes. Et j'étais contente de la recroiser, même si elle ne s'en apercevait pas. 

Récemment j'ai pensé à elle, comme souvent, et me suis dit qu'avec internet, je pourrais peut-être la joindre, sur facebook par exemple. J'aurais aimé lui dire combien elle m'a apporté, alors que je n'étais qu'une jeune prof, assez timide, vite dépassée par les émotions.

Mais je ne pourrai pas. Elle est décédée le 29 juillet 2017. Elle était née en 1953. Je ne me souviens pas d'un hommage à la télé, ni même d'une annonce au 20 heures. Alors, ici, je veux lui rendre hommage. Elle n'a pas forcément fait une grande carrière, brillé dans les magazines ni à la télé, mais elle était une excellente actrice, et une femme généreuse, ouverte, et qui savait partager sa passion. Sur internet, on trouve peu de choses à son sujet, mais les messages laissés sur le site du CNSAD disent combien elle mérite qu'on se souvienne d'elle. http://www.rueduconservatoire.fr/article/6014/deces/frede...

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*"... Ca m'intéresse de savoir ce que ça ferait d'être vous." Meryl Streep

lundi, 04 mars 2019

Le travail, c'est la santé, rien faire, c'est la conserver.*

C’est le mois de mars. Un air de printemps, une lumière différente, oui, on y est. Ça ne me donne malheureusement pas vraiment envie de bosser. Envie ou pas, je croule sous les copies et autres pensums, donc je m’exécute.

De plus notre grand chef, Blanc qu'erre, n’en finit pas de nous agresser, de rendre notre boulot insupportable, ses sous-fifres (qu’il ne doit par ailleurs pas ménager non plus) font leur possible pour faire appliquer sa politique inhumaine.Récemment un collègue m’a fait remarquer que les media ne parlent jamais des suicides dans l’éducation nationale. C’est vrai. La police, Orange, la SNCF… Les entreprises ou corps de métiers ne manquent pas où mourir est moins dur que travailler. Mais l’éducation nationale, on n’en parle pas. Pour tout le monde nous sommes ceux qui bossent 18 heures par semaines et sont toujours en vacances, pourquoi voudrions-nous en finir. Pourtant, autour de moi, je vois des gens qui souffrent, qui sont au bout du bout, et ça me fait peur, car certains ne sont ni vieux comme moi, ni jeunes et sans défenses. Non, ce sont des quarantenaires, qui ont de l’expérience, ont ou avaient encore des projets, et ont une vie privée remplie.

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Je ne suis pas la seule à m’inquiéter de l’état psychologique de mes collègues, peut-être parce qu’en 35 ans de carrière, j’ai dû par deux fois prendre des antidépresseurs pendant 2 ans et demi, et la dernière fois, j’ai vraiment frisé le burn-out, à cause de la réforme des langues vivantes en lycée.

Le mépris, la surcharge des responsabilités, les changements dans les ordres donnés en permanence, le fait de passer pour des cons aux yeux de nos élèves, tout cela m’avait fait craquer. A chaque fois, j’ai pris les comprimés magiques, avant l’effondrement, mais tout le monde ne le fait pas. J’ai trouvé plusieurs blogs à ce sujet, mais peu de documents officiels.

https://mobbingdock.wordpress.com/2016/06/28/suicides-dan...

Plus ancien :

https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2011/10/22/...

Il y a même eu des questions au Sénat sur notre suivi médical : https://www.senat.fr/questions/base/2015/qSEQ151018322.html

La réponse dit que « les agents qui le souhaitent peuvent avoir une visite médicale ». En 35 ans, je n’en ai jamais entendu parler. On ne m’a jamais dit que je pouvais voir un médecin. Et l’initiative d’aller voir ce médecin spontanément ressemble tellement à un aveu de faiblesse, que peu de gens en dépression iront. Là où travaille ADMV, il y a un médecin du travail qu’elle voit régulièrement. Si elle n’y va pas spontanément, on la convoque, et si elle fait remarquer une douleur, ou une maladie due à son travail, on demande à ses supérieurs de faire des aménagements, et on veille à ce qu’ils soient faits. Pour tous les employés de l’EN, profs ou non, ceci est de l’ordre de l’imaginaire !

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Je vais donc faire attention à mes collègues, et à moi, et essayer de tenir encore 21 mois.

* info pour les jeunes : Maurice Pon, parolier d'Henri Salvador, chanson sortie en 1965.

jeudi, 17 janvier 2019

Le Futur est prêt à être créé et le passé est déjà une page tournée.

Je ne suis pas encore passée par ici depuis le début de l'année 2019. J'espère que celle-ci a bien commencé pour vous. J'ai eu une très grosse crève du 26 à midi au 31 à midi. Au lit, à tousser, moucher et surtout avoir mal à la tête. Puis, ça s'est arrêté, presque brusquement, pour me permettre de boire une flûte de champagne le 31 au soir. On était 3. On s'est couché à 23 h. Ça ressemble à mon année 2018. 2019 sera plus réveillée, moins douloureuse côté tête, mais il me faut trouver des solutions. Mon médecin dit que mes migraines viennent du fait que mon cerveau à trop de choses à gérer, qu'il n'y parvient pas. Je sais ce qui permettra à mon cerveau de se débarrasser des questions qui dérangent, du poids superflu des soucis : la retraite. Ce sera en principe au plus tôt dans 19 mois, au plus tard dans 21 mois.

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Sinon, l'actualité, la politique, comme tout le monde, ça pollue ma vie et ne me fait pas voir l'avenir avec beaucoup d'optimisme. Tout ce jaune, et maintenant ce rouge (soi-disant) chez les enseignants, ça n'apportera que du brun. 

La retraite, de futurs voyages en Ecosse, si May et les conservateurs britanniques le permettent, cela m'aidera sans doute à supporter tout cela. 

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Et vous ? Pas trop d'angoisses, et des projets qui vous portent malgré tout ce qui se passe sur notre planète j'espère. 

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lundi, 08 octobre 2018

POST POST-RENTREE

La rentrée s'est faite et j'attends déjà les vacances. Cinq paquets de copies attendent dans mon cartable. Mon cartable est un sac à dos cette année, car j'ai pris de bonnes résolutions. Je vais aller le plus souvent possible au lycée en tram, ce qui implique 15 minutes de marche à pied. Un aller-retour me fait donc marcher 30 minutes, ce qui est le minimum recommandé. Mais les bonnes résolutions se heurtent à des impondérables, comme les réunions, les rendez-vous médicaux, qui m'obligent à des déplacements rapides en journée, et aussi aux conséquences d'autres bonnes résolutions : ne pas me faire "bouffer" par mon boulot, me laisser du temps pour d'autres activités. Je me suis donc inscrite à mon cours de peinture, mais aussi au yoga et je vais à la piscine une fois par semaine. Mais les horaires font, que à pied, en tram, en bus, je ne verrais plus ma maison du tout, je n'aurais plus un seul moment de pause. Impossible. J'ai besoin de souffler, de ne rien faire parfois, et même de dormir. Alors, je reprends la voiture.

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Bref, je ne suis pas totalement satisfaite de mon début d'année. Elève Ed, peut mieux faire !

Mais j'ai des projets sympas et je vois des choses sympas, rencontre des gens sympas, et ça, ça fait une belle rentrée. Nos deux assistantes, une des USA, l'autre d'Afrique du Sud, ont l'air très chouettes. On se fait un apéro d'équipe pour les accueillir la semaine prochaine. Je vais bientôt écouter Stacey Kent et Michel Jonasz en concerts, un bonheur. Je vois des expos et vais en voir d'autres. J'ai gagné des entrées gratuites pour l'exposition Zao Wu Ki au Musée d'Art Moderne à Paris. Je vais aller faire du cocooning en Alsace bientôt et passer trois jours à Londres. Hier, j'ai passé deux heures hors du temps à dessiner au musée. Et à  midi, deux copines retraitées sont venues manger un curry à la maison. Bavardages, ravissement des papilles, auto-satisfaction, et soleil en prime.

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Ma vie n'est donc pas que du stress. Bien au contraire. 

dimanche, 19 août 2018

la science peut mener à la découverte de l'énergie atomique mais elle ne peut pas nous préserver d'une catastrophe nucléaire.*

Il y a quelques temps j'ai eu l'occasion d'entendre sur France Inter une émission où quelqu'un qui semblait vraiment savoir de quoi il parlait nous a expliqué que tout ce qu'on avait raconté sur le nucléaire au moment où on le mettait en place en France était faux, à savoir : ce n'est pas pas cher, ce n'est pas propre, et cela n'est pas sans danger.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/f...

Non seulement il y a les mêmes risques qu'à Fukushima, car nos réacteurs sont du même type, mais en plus les déchets que l'on va dorénavant enterrer à Bure, ne se détruiront jamais, et même finiront par contaminer tout le monde, on en est sûr. Et pourtant, hier, j'ai lu que "le gentil Xavier Bertrand", mouillé dans le scandale du médiator il y a quelques années, eh bien, il a sans vergogne affirmé : "Foutez-moi la paix avec les Éoliennes: "Ça coûte les yeux de la tête, ça ne crée pas d'emploi et ça détruit nos paysages." 

Alors s'il préfère, comme dans la Drôme d'où je viens, agrémenter les paysages de son département avec des centrales nucléaires, je voudrais lui dire ici (mais lira-t-il les propos d'Ed le Cheval qui parle ???) que je préférerais cent fois voir mon paysage envahi par des éoliennes que d'être polluée par le nucléaire en plus des glyphosates dont trois départements de ma région sont dans le peloton de tête des utilisateurs.

Je trouve criminel, voire assassin de tenir ce genre de propos. 

Voilà, c'était mon coup de colère. J'essaye tous les jours à mon niveau de polluer moins, de manger bio, et tous ces enfoirés nous rappellent tous les jours que l'on est impuissant. Quelle chance j'ai de n'avoir ni enfants, ni petits-enfants. Au moins je ne m'angoisse pas au sujet de leur avenir. Ce mec en a trois, des enfants, et apparemment, il s'en fout.

Vive la Vie, blog de femme, nucléaire danger, politicien pourri

*Vaclav Havel

dimanche, 05 août 2018

Soleil, soleil, soleil

Je suis allée prendre ma dose annuelle minimum d'Angleterre. Cette fois nous ne nous sommes pas beaucoup éloignées de la côte, et à vrai dire, je n'ai pas regretté, car rouler sous cette chaleur aurait été une souffrance. Nous étions donc pendant une semaine un petit peu citoyennes du Kent, dans un petit cottage, très petit, mais cosy, avec au pied de notre lit une vue magnifique sur la campagne environnante, et le coucher de soleil. J'avais vu, sans trop espérer m'en servir, que cette location disposait d'une piscine. Eh bien presque tous les jours j'ai nagé et c'était un vrai bonheur après des journées que nous avons voulu malgré tout actives. Nous avons visité des châteaux, les jardins de ces châteaux, des églises, les vieux cimetières près de ces églises. Nous sommes allées au bord de la mer, observé les oiseaux, suivi quelques footpaths, fait du shopping, découvert des petits salons de thé adorables, un resto indien divin et quelques pubs où nous nous sommes vraiment senties ailleurs et chez nous. Parler anglais m'a fait du bien. Manger anglais. Boire anglais2018-08-01 10.20.14.jpg. Respirer anglais. C'est ma drogue.                  2018-07-30 15.50.04.jpg

2018-08-01 10.36.14.jpgvive la vie,blog de femme,femmes,angleterre,tellement bien

mercredi, 25 juillet 2018

"Je ressemble aux oiseaux, disait-elle, j'apprends à chanter dans les ténèbres."*

Je pourrais vous parler des deux amis qui sont partis en un mois. L'un l'a choisi, épuisé qu'il était par son boulot, à un mois de la retraite. L'autre a profité cinq ans de sa retraite, mais a été anéantie par une leucémie foudroyante. Deux semaines d’hôpital. Ces deux amis se connaissaient. Ils avaient fait partie de mon univers dans mon précédent établissement. On avait milité, rêvé, bossé, aidé, parlé, aimé ensemble, la vie. Mais la vie nous rattrape.

Je veux rester optimiste. Comme on m'a longtemps dit que j'étais. Mais plus le temps passe, et plus les tuiles tombent, même sans tempête, et moins j'en ai en stock, de l'optimisme. 

La société, le climat, les gens, ne me donnent pas souvent l'envie d'espérer, surtout quand je ne les connais pas, ces gens. Heureusement, il y a ceux que je connais, qui ne me lâchent pas, quoi qu'il advienne, et même, qui surgissent dans les moments difficiles, alors qu'ils étaient discrètement là, sans se faire remarquer. 

Et je chantonne.

Pour être en forme et garder ma force d'aller de l'avant, j'aime ADMV, je vois mes ami.e.s, mange des choses plus ou moins bizarres,2018-07-16 12.43.41.jpg fait du yoga, de la sophrologie, de la réflexologie, du shiatsu, vois mon ostéopathe, parfois même une acupunctrice, évite les fâcheux, dessine, lis, vais en vacances, regarde des films, des séries, écris de longs mails, blogue, nage, caresse mon chat , cuisine, range ma maison, jette de vieux trucs, retrouve des copai.i.n.e.s du passé, vais en Angleterre, visite des expos à Paris, bois des coups en terrasse.

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J'essaye de ne pas trop me mettre en colère contre les cons, contre les politiques, contre ceux qui bousillent notre planète (ah, oui, je me répète, ce sont les même que les deux catégories précédentes), m'épuiser à des choses sans intérêt, me faire du souci pour ceux que j'aime, pour l'avenir, voir de médecins ou/et de banquiers, insomniaquer, me culpabiliser pour tout et rien. 

Et j'y arrive pas si mal grâce à tout ce qui est mentionné dans le paragraphe précédant le précédent. Et vous ? Une chose que vous faites pour aller bien ? Ou que vous évitez, pour ne pas aller mal ?

* Diderot, Lettre sur les Aveugles

mardi, 12 septembre 2017

Faut bien rentrer !

Ponctualité. 20 / 20  La rentrée a eu lieu à la date prévue et l'horaire a été respecté, particulièrement pour l'apéro-lunch servi dans la salle du foyer.

Convivialité. 18 / 20 Voir appréciation ci-dessus. L'année prochaine,        pensez également au café à l'arrivée le matin.

Emploi du temps. 15 / 20 Un bel effort. Pas de cours le lundi et le lundi matin. Mais le nombre total d'heures à assurer est encore trop important. Ne pourrait-on pas rétablir la cessation progressive d'activité pour les seniors?

Élèves. 15 / 20 Assez sympathiques à première vue. Pas trop nombreux en ce qui me concerne, mais tout le monde n'est pas aussi chanceux !

Voilà. Mon évaluation de la rentrée est plutôt positive. Je n'ai pas encore recopié toutes mes listes, mais mes progressions ont été plutôt bien avancées pendant les vacances. 

Aujourd'hui, grève et manifestation pour obéir à mon médecin qui veuille que je fasse de l'exercice.

Des weekends festifs pour cette fin d'été. Culturels à Paris (7 heures à Orsay récemment !) et savoureux. Quel buffet dimanche dernier !

Et musicaux. Je suis allée écouter Michèle Bernard il y a 10 jours et serai à Paris pour entendre Anne Sylvestre fêter ses 60 ans de chanson en octobre. 

Il n'y a que la météo à qui j'attribue un petit 8 / 20. Peut vraiment mieux faire !!!

jeudi, 10 août 2017

Il se peut qu’un jour la France cesse d’exister, mais la Dordogne survivra... *

Cela fait un mois que je suis en vacances. Je ne suis pas tout à fait reposée. Mais je me disais ce matin, le serai-je à nouveau ? Ce que j'appelle de la fatigue, c'est peut-être tout simplement le fait de vieillir. Il y a dix jours environ j'ai fêté mon dernier anniversaire en 5. L'an prochain, ce sera officiel, je serai vieille. Senior. Enfin non, parce que ces enfoirés de la compagnie de bus de Maville ont repoussé l'âge de la réduction de 50% sur l'abonnement à 62 ans, et la SNCF, je ne sais pas, mais ils ne tarderont pas. 

Il y a des signes qui ne trompent pas. Une dose et demie de whisky hier soir au lieu d'une, et j'ai eu un mal de tête comme jamais je n'en avais eu à cause de l'eau de feu. Les plis de l'oreiller qui s'effacent de plus en plus tard après le réveil sur ma joue gauche. (je comprends maintenant pourquoi il faut la "tendre" ! ha ! ha ! ha !) Dans les magasins, le tram, et quand je bosse au lycée, le regard des autres, la manière dont on te parle, qui dit, "oui, t'es bien gentille, mais t'es vieille". Tout cela ne me dérangerait pas si dans le même temps on ne me demandait pas la même chose qu'aux jeunes : C'est-à-dire un temps plein de boulot, les mêmes responsabilités, et pas plus de temps pour préparer tout ça, alors que je deviens lente, mais lente !...

Pour l'instant je suis encore en vacances, et même je vais vraiment les démarrer, puisqu'on part dimanche pour le sud. Je ne vais pas dire vers le soleil, puisqu'à deux ou trois exceptions, nous l'avons tous les jours depuis le printemps. Mais vers des paysages différents, une petite maison qui a l'air super confortable et cosy (la proprio est anglaise) sur les photos et où je sais que je vais pour deux semaines complètement déconnecter, et vivre au rythme que je choisirai sur le moment. Bien sûr, il y a internet, mais j'essaierai de ne pas trop m'y scotcher, d'ailleurs, je crois avoir lu dans le descriptif de la maison que la wifi était faible. Tant mieux.

Nous partons en Dordogne. Dans Dordogne, il y a "dors" ou "d'or". Dans tous les cas ça donne envie. Nous y étions l'an dernier, à l'est du département, cette année, direction l'ouest, à la frontière de la Charente.

Il me reste donc trois jours de prépas boulot, accompagnement de malades, coups de fil pénibles à ESSEFER, rangements, agressions téléphoniques des pubs, etc. 

Et il me reste à vous dire au revoir, bon mois d'août, mais ça, c'est un plaisir !

 

* ...tout comme les rèves dont se nourrit l’âme humaine."

Henry Miller

mercredi, 21 juin 2017

“Le saké pour le corps Le haïku pour le coeur”*

La canicule donne-t-elle envie d'écrire ? Je rêve de trouver un coin d'ombre où la chaleur n'excède pas les 30 degrés, où le bruit se réduise aux cris des petits d'à côté et au miaulement de mon chat, et où j'écrirais au stylo sur un des nombreux cahiers qui dorment dans mon armoire de bureau. Je les ai achetés ou on me les a offerts parce que j'ai toujours aimé le contact du papier, lisse ou rugueux, mat de préférence, mais je n'ai rien contre les couleurs vives ou pastelles, et les motifs ou jeux de mots rigolos. J'aime le bruit que j'entends au fil des lettres quand j'écris dehors et que mon ordinateur ne m'est d'aucune utilité parce que son écran devient illisible. Alors voilà, ce matin, j'avais envie d'écrire. Il était 6 h 12 et je prenais mon café sur ma terrasse. Quel privilège !

Hier j'ai lu dans un texte officiel que l'Education Nationale m'autorisait à la "Production des œuvres de l'esprit. Toutefois, la production d'œuvres dont il est question doit rester autonome (l'agent doit être rémunéré à l'acte et ne pas bénéficier d'un véritable contrat de travail) et manifester la personnalité de son auteur".

Comme ils sont ouverts d'esprit ! Si j'écris un livre ou peins une toile qui ne manifestent pas ma personnalité, et que j'arrive à les vendre, serai-je hors-la-loi si je n'ai pas demandé l'autorisation ? 

Il y a des tas d'autres choses que j'ai le droit de faire en demandant une autorisation. Même pour m'occuper d'ADMV si elle devenait trop malade ou handicapée pour travailler, et que je touche pour cela une indemnité, il faudrait que mon ministère de tutelle soit d'accord. Faut pas pousser non plus. 

Vu qu'il n'y a que du 25 juin au 1er septembre que je pourrais éventuellement trouver le temps de devenir créative rentablement, je ne vais pas me prendre le chou avec ça.

Ces derniers temps, étant donné le manque de disponibilité à la création, je me suis mise aux haïkus. J'ai même gagné un concours. Je ne sais plus si je vous en avais parlé. C'est sympa le haïku. Ça rapproche de la nature et en même temps de la profondeur de notre cerveau. Et ça met dans une humeur très positive. Enfin, je trouve. Et quand, grâce à un haïku de nouvelle année publié sur facebook tu gagnes des chocolats et un beau cahier, la vita è bella !

Voici celui que j'ai écrit ce matin.

Chat plongeant dans thé glacé

Ciel bleu soleil

Et vivre mon rêve d'été

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* De Santoka

vendredi, 09 juin 2017

“Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement.”*

Je vais bientôt faire un stage "Moodle". Je me connecte à l'ENT au moins 3 fois par jour. Je crée des casiers de collecte. Je saisis des notes et des appréciations. Je remplis des bordereaux. Je sais changer le toner de l'imprimante. Mais tous les mois de septembre j'ai peur d'avoir oublié le code de cette machine. Pronote client est offre plus de possibilités et est bien plus pratique que la version Pronote html que l'on a sur l'ENT. Je regarde toutes les vidéos que je formate pour mes cours sur VLC. Je suis webmastrice d'un blog en anglais pour mon lycée. Ma boîte de messagerie I-prof n'est pas la même que ma boîte académique, ni que celle vers laquelle élèves et parents peuvent m'envoyer des e-mails. Cette semaine on m'a volé la télécommande du vidéo-projecteur. J'ai un manuel numérique pour chacun de mes niveaux d'enseignement. Mes deux classes de seconde participent à un échange virtuel avec une High School aux USA.

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En 10 ans mon métier s'est transformé.

Quand j'ai débuté, j'ai dû apprendre à utiliser le magnétophone à bandes, si pratique pour les retours arrière et les avances rapides courtes, mais si lourds à déplacer. Je dupliquais mes documents avec une machine à alcool et encre violette qui me sabotait en une seconde le stencil que j'avais passé deux heures à préparer la veille. Je n'avais pas de cliparts ou d'images trouvées sur le net, mais je fabriquais mes "flashcards" et mes figurines que je déplaçais sur mon tableau de feutre. Puis j'ai découvert le rétro-projecteur. Je remplissais avec bonheur les Kalamazoo. 

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Les élèves ont moins changé que le matériel ... en apparence.

* Francis Blanche

dimanche, 28 mai 2017

"L'inquiétude est la crainte tempérée par l'espérance." *

Nous nous sommes fait une frayeur. Hier matin, au réveil, pas de Boogie. Pourtant nous avions profité du weekend de l'Ascension pour faire une grasse matinée, il était donc déjà 9 h 15, et le soleil dardait ses rayons, comme on disait quand j'étais à l'école primaire. ADMV avait déjà regardé partout dans et autour de la maison, appelé, cherché, attendu. Rien. Nous avons déjeuné. Rien. J'ai signalé sa perte sur "Pet alert", une page facebook dont les appels sont parfois efficaces, envoyé un mail à l'organisme où il est officiellement identifié grâce à sa puce, mis un post sur facebook, puis nous sommes parties, affiches en main, faire le tour du quartier, après avoir regardé sur google earth quels jardins pouvaient l'avoir attiré. Nous avons collé les affiches, sonné chez les gens, surtout ceux qui semblaient avoir des garages et des soupiraux mal fermés. Tous les gens du quartier se sont avérés avoir des chats eux aussi. Plutôt sympas, ils nous ont encouragées et ont pris nos papiers, promettant d'ouvrir l'œil. Pour l'oreille, c'est plus dur, car Boogie ne sait pas encore vraiment miauler. Mais toujours pas notre tigré en vue. J'étais triste, n'osant pas dire à ADMV toutes les images qui me venaient en tête. Je le voyais déjà assommé, puis mort, parce que c'est un casse-cou, dans un coin où personne ne le trouverait. Nous avons alors appris qu'un cambriolage avait eu lieu dans la nuit dans notre rue. Alors, la vision de Boogie enlevé pour le vendre à un laboratoire où utiliser sa fourrure, m'a hantée. Je me suis raisonnée. D'accord, j'étais triste, inquiète, mais mon Boogie est un chat. Un chat prend des risques et peut mourir, ce n'est pas une tragédie. La mère de la jeune fille qui est morte samedi matin en sortant de boîte parce qu'un taré l'a tabassée pour une cigarette non donnée vit, elle, une tragédie. Alors je suis allée, comme prévu, voir une expo, dans un jardin. J'ai même réussi à voir de belles choses. Mais on a rencontré des copines et reparlé de notre chat. Au retour, on est reparti faire un tour. Pour rien. La soirée s'est passée, longue, avec l'impression que Boogie apparaissait derrière la vitre de la porte. C'est fou le nombre d'ombres qui peuvent faire penser à un chat. A 11 h, on est allé dormir. Enfin, dormir. Pas de poids pour tirer sur la couette, pas de petite boule de poil qui vient se faire câliner. Du mal à dormir. Mais dormir quand même avec toutes ces images de torture sur animaux en tête. Je lis trop la presse, je regarde trop les photos sur le net. J'ai lu un peu, car je ne dormais pas. J'ai entendu un bruit. Je me suis dit qu'il ne fallait pas que ça tourne à l'obsession. Je me suis levée quand même, suis allée faire pipi, le stress..., ai quand même jeté un coup d'œil à la gamelle. Rien, bien sûr. Me recoucher, réessayer de dormir. Et soudain, deux pattes, un nez froid. Il était là. Comme si de rien n'était. Enfin presque. Enervé, excité, voulant mordre, pas pour faire mal, hein, mais pas prêt à dormir. Sans doute enfermé depuis la nuit précédente dans un garage. On a fermé la chatière. Mais on a aussi fermé la porte de la chambre. Dormir était vraiment nécessaire. Ce dimanche, je me sens légère.

 

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*Pierre-Marc-Gaston de Levis (1808)

dimanche, 14 mai 2017

“La chanson est l’Art de l’Instant.”*

Il y a presque dix ans, ADMV m'avait offert le plus beau cadeau dont je pouvais rêver, un concert de mon chanteur préféré, Gilbert Laffaille, dans mon salon ! Cette année, c'est à mon tour de lui offrir un concert à la maison. Il s'agit d'un chanteur que l'on a découvert ensemble, en voiture, sur une radio locale de chez locale, et ni l'une ni l'autre n'a eu envie d'arrêter la radio malgré les parasites (locaux eux aussi), tellement les mots et la musique provoquaient en nous le même charme. Il s'agissait de cette chanson:

Samedi, il sera chez nous. Et des amis et la famille seront le public. J'espère qu'ils aimeront autant que nous. 

Comme tous les mois de mai quand on organise quelque chose, on se demande le temps qu'il fera. On prévoit soleil, pas soleil, dehors, dedans. Ce weekend, on fait le grand ménage de printemps pour l'occasion. Je n'aurai pas le temps de faire quoi que ce soit de lundi à vendredi, car je suis convoquée pour écouter et faire parler une douzaine de djeuns par jour. Tout cela à 80 km de chez moi. Je vieillis. Je ne rentrerai pas tous les soirs. Je vais faire vivre l'économie touristique de cette jolie ville provinciale. Une connexion wifi et je pourrai évaluer une dizaine de dossiers de recrutement pour le supérieur, et finir de corriger des travaux d'élèves pour les conseils de classes qui commencent dans 15 jours. C'est cool, je ne m'ennuierai pas.

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podcast

Cliquez sur média pour entendre la chanson de Gilles Roucaute

*Charlélie Couture

 

mercredi, 19 avril 2017

Le pessimisme face au futur ne doit pas être un argument supplémentaire pour l'inaction dans le présent.*

On est mercredi 19 avril, alors je vais arrêter de parler politique ce soir. Comment ça, je n'en ai pas parlé du tout depuis le début de la campagne ? Ah oui, c'est vrai. Ed se calmerait-elle ? Deviendrait-elle moins engagée ? Non point ! Mais Facebook a fait de l'ombre aux blogs de ce côté-là. Parce que la communication va plus vite. La réaction des lecteurs aussi. Et que pour parler politique, finalement, les gens se contentent de courts textes ou phrases accompagnant leurs publications, leurs partages. Mais quand même, ils écrivent plus de mots que d'habitude. Donc, il y a du positif dans cette campagne que Raffarin a décrétée violente ce matin sur France Inter. Il a osé dire au journaliste "Vous ne savez pas ce que c'est que l'austérité !" Comme si, lui, savait mieux ce que c'était. Il a nié que ce que l'économie capitaliste faisait vivre aux chômeurs, aux smicards, ce n'était pas de la violence. Il semble avoir découvert ce mois-ci ce que sont les réseaux sociaux. Bref, il est toujours aussi loin des réalités. Mais il soutient Fillion, par honnêteté, si j'ai bien compris. Par respect des règles. Si ce n'était pas si important de voter pour ceux qui décideront des cinq années à venir, et même plus sans doute, Raffarin me ferait me gausser. Mais non. Avec son air patelin habituel, tout ce qu'il a pu reprocher à Macron, c'est son inexpérience, quant à Fillion, il ne lui reproche rien, car il y a (eh oui, on avait oublié) une présomption d'innocence. En gros, il a terminé son raisonnement par : Mieux vaut voter Fillion, même si on se retrouve avec un président et une femme de président mis en examen, car sinon, on aura la guerre. 

La peur est l'argument de beaucoup en ce moment. 

Alors voilà. On a le choix entre une candidate fasciste, un candidat véreux et homophobe soutenu par le mouvement "Sens Commun", un ballon de baudruche qui dit oui à tout le monde pour faire croire qu'il est modéré, mais qui en fait est un banquier capitaliste extrémiste, un socialiste très gentil qui n'a même pas su se faire respecter par son propre parti, alors, permettez moi de douter de ce qu'il saura faire respecter si jamais il est élu, et un candidat de gauche que tous les autres et les médias traitent "d'extrême gauche", qui a un programme bien construit (même le monde et le figaro le reconnaissent) et a donc montré qu'il savait s'entourer de gens compétents, mais dont la façon dont il réagit aux propos fascistes, intolérants ou provocateurs, avec passion et dans un bon français, avec un bagage culturel évident, le fait accuser d'être un futur dictateur. 

Alors ensuite, il y a ceux qu'on ne critique même pas, parce qu'on se dit qu'ils auront déjà du mal à rembourser les frais de campagne (heureusement que Poutou n'a pas loué de costume !).

Je ne serai pas là dimanche. ADMV votera à ma place. Une procuration était chose facile. Pas d'excuse à ceux qui ne l'ont pas fait. Il est encore temps pour le deuxième tour au moins. Et si au deuxième tour, on avait, excusez-moi de rêver, Le Pen contre Mélenchon, ne croyez pas ce qu'on vous dit, ils n'ont rien en commun ! Ne faites pas comme si vous ne le saviez pas.

C'était mon quart d'heure politique. 

Si vous aimez les sondages : 

http://www.linternaute.com/actualite/politique/1357555-pr...

 

Chaque voix autre que pour le FN fait baisser son pourcentage de voix exprimées. C'est mathématique.

Chaque bière bue sur votre canapé, élira leur candidate.

 

*Jean-Luc Mélenchon dans son livre L'Ere du Peuple, 2014.

samedi, 01 avril 2017

En anglais, "spring" veut aussi dire "ressort" !

Dès que le printemps revient.

Mon blog fait des pauses de plus en plus longues. Pourtant des trucs me passent souvent par la tête, à propos desquels je me dis "Tiens ! tu devrais faire une note. Rigolote." et puis ma journée et son rythme me rattrapent. 

Récemment j'ai assisté à un concert surprenant par sa mise en scène, la qualité de la voix de ses chanteurs, le talent de ses musiciens et son humour subtil et décalé.

http://sortir.telerama.fr/concerts/on-a-dit-on-fait-un-sp...

Hier j'ai fait passer le quart de l'épreuve d'anglais de mes élèves. Compréhension orale. Épreuve assez stressante de concentration, d'écoute et de vitesse de restitution d'un document. Le thème d'hier : l'année sabbatique pour les jeunes entre deux cycles d'études par exemple. 

Je ferais bien une année sabbatique. Mais maintenant j'attends avec impatience la coupure définitive qui me fera apprécier chaque minute de liberté. Trois ou quatre ans encore. Ça va le faire !

Ce matin, j'ai trouvé 8 sujets, il m'en faut 17, pour les oraux de mes BTS. Bientôt donc, je vais entendre parler de design de cuisine, de lunettes qui font voir les aveugles, de meubles chinois flottants, et bien d'autres choses encore. Du coup, j'ai séché le marché. Cet après-midi, j'ai commencé par une sieste. Coup de barre et chute en sommeil qui ne donnent pas le choix ! Me revoilà sur pied, et prête à vous écrire.

Kengo Kuma, oriental kitchen, Kitchen Home Project, Venice Biennale 2016, Beijing Centre for the Arts, Weng Ling,

Dès que le printemps revient, l'énergie aussi. Normalement. Alors je vais peut-être retrouver mon pep's et mon imagination. Et poster.  

 

mardi, 14 février 2017

PEN-"L"-OH-PEE - Origin: Greek - Means: Duck - Gender: Female

Ah.... 42 jours déjà !

Le temps d'un carême. Du coup, on va fêter ça au resto à midi. Je n'avais pas réalisé que c'était la Saint Valentin, et j'ai eu peur qu'on ne trouve pas de table, mais si.

Boogie grandit. 

Fillon ne ressort pas grandi. Avant cette affaire, je n'avais jamais imaginé qu'il ait pu être un ancien chanteur des Poppys.

Trouverez-vous l'escroc catho?

 

Je suis enfin de nouveau en vacances, sans grippe ! Et chaque minute est un cadeau.

Je dors.

J'ai redécouvert ce qu'était un magasin, autre que ma supérette locale. Mais je ne vais pas abuser. Une visite me suffit. Un jean neuf, deux t-shirts. Mission accomplie. Il me reste à trouver une lampe de bureau pour ma nouvelle pièce atelier, où je vais pouvoir bricoler et peindre. J'adore cet endroit, qui avait été ma chambre pendant 11 ans et était devenue dès mon départ de chez mes parents un grenier. 

Je suis en train de planifier un weekend à Londres au printemps. Je sens que cela va être mon carburant pour le reste de l'année. Pourvu que T. May ne nous massacre pas l'ambiance. J'aime ce pays et je compte bien y séjourner autant que je l'entends. J'avais même prévu y passer une partie de ma retraite. Cela ressemble à mission impossible maintenant.

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