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mardi, 20 août 2019

"Je suis curieuse des gens. C'est l'essence même de mon jeu d'actrice..."*

Il y a bien longtemps, après avoir eu mon concours, j'ai pu suivre une formation professionnelle dans ce qu'on appelait à l'époque le CPR. En plus de nos heures de pratique, 9 heures devant les élèves, nous avions une journée de formation théorique par semaine. Nous avons eu droit en plus à deux stages de 5 jours me semble-t-il dans deux spécialités que nous pouvions choisir. J'avais opté pour informatique et théâtre.

Le premier stage m'a vue essayer de comprendre ce qu'était un ordinateur et ce qu'on pouvait bien en faire dans notre métier. C'était assez complexe pour deux raisons. La première, c'est que nous travaillions sur des TO5 ou autre dinosaure et on ne nous enseignait que de la programmation, largement trop dur pour moi, et largement inutile comme la suite me l'a prouvé. La deuxième cause de difficulté pour moi était de jouer le moindre rôle dans cette formation, vu qu'on nous avait imposé des binômes et que le mien, prof de physique, pensait tout savoir et ne me laissait rien faire.

Le deuxième stage fut une réussite complète. Il était animé par une actrice, Frédérique Bonnal, qui nous a permis avec talent, humanité, pédagogie, intelligence, et j'en passe, à nous exprimer clairement, à nous mouvoir devant un public, à trouver notre place dans un groupe, à travailler sur nos émotions intérieures pour savoir les maîtriser à l'extérieur. Je me souviens de ces 5 journées avec un bonheur immense. Frédérique Bonnal nous avait aussi parler de son métier, de cet accent du midi qui lui faisait trouver des rôles, du dernier téléfilm qu'elle avait tourné avec Jacques Dufilho, de Jacques Dufilho, de sa passion pour son métier. 

Plus tard, je l'ai découverte dans le film de Guédiguian Marius et Jeannette, puis dans presque tous les films de Guédiguian. Des rôles plus ou moins importants, mais toujours justes. Et j'étais contente de la recroiser, même si elle ne s'en apercevait pas. 

Récemment j'ai pensé à elle, comme souvent, et me suis dit qu'avec internet, je pourrais peut-être la joindre, sur facebook par exemple. J'aurais aimé lui dire combien elle m'a apporté, alors que je n'étais qu'une jeune prof, assez timide, vite dépassée par les émotions.

Mais je ne pourrai pas. Elle est décédée le 29 juillet 2017. Elle était née en 1953. Je ne me souviens pas d'un hommage à la télé, ni même d'une annonce au 20 heures. Alors, ici, je veux lui rendre hommage. Elle n'a pas forcément fait une grande carrière, brillé dans les magazines ni à la télé, mais elle était une excellente actrice, et une femme généreuse, ouverte, et qui savait partager sa passion. Sur internet, on trouve peu de choses à son sujet, mais les messages laissés sur le site du CNSAD disent combien elle mérite qu'on se souvienne d'elle. http://www.rueduconservatoire.fr/article/6014/deces/frede...

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*"... Ca m'intéresse de savoir ce que ça ferait d'être vous." Meryl Streep

jeudi, 01 août 2019

“Islands are metaphors of the heart, no matter what poet says otherwise.” *

 

J'ai rencontré une île. Mull. En Ecosse. Des amis anglais m'en avaient parlé, j'en ai rêvé pendant pas mal d'années, et cette année je me suis décidée. 

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L'Ecosse est bien plus loin que beaucoup de gens s'imaginent. A partir de Glasgow, les kilomètres annoncés peuvent être doublés en temps, à cause des méandres de la route, des routes à deux voies simplement, très chargées, du temps (je veux dire la météo) qui parfois rend la circulation humide et glissante et des paysages qu'on a envie de regarder où que l'on passe. J'ai donc voulu nous épargner de circuler de Douvres au nord de l'Angleterre et d'entrer tout de suite dans le vif du sujet en voyageant de Zeebruge à Hull en bateau, de nuit. C'est comme une mini croisière, qui nous évite de conduire 564 miles (908 kilomètres). 

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A Oban nous avons repris un petit ferry pour une traversée de 45 minutes maximum, et nous sommes arrivées à Craignure (oui, drôle de nom) sous la pluie, mais même sous les cordes, l'île nous a tout de suite conquises. Pendant 5 jours nous avons parcouru toutes ses routes, oui toutes, et avons foulé ses chemins, son herbe rase agréable comme un tapis, croisé ses moutons qui paissent en liberté, ses vaches dont les troupeaux peuvent nous surprendre sur des voies très escarpées. 

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Nous avons visité quelques lieux historiques, mais surtout nous avons donné à nos yeux de la beauté et de l'immensité. Non stop ! 

Je vous conseille ce lieu pour des vacances reposantes, inspirantes. Emportez avec vous jumelles, cartes d'état-major (Ordnance Survey en anglais), de bonnes chaussures imperméables et un ciré, mais aussi des vêtements légers, car il ne fait jamais froid. On nous avait parlé des midges, nuées de moucherons, mais ils nous ont épargnées. 

Mais n'hésitez pas, c'est un lieu de rêve. Les gens y sont très cools, la circulation sur routes à une voie se fait avec beaucoup de politesse et de respect, quel que soit la taille de votre véhicule. On n'y trouve pas beaucoup de magasins, mais quelques pubs, cafés, hôtels où l'on mange bien, ainsi que les "cafés" et salons de thé où les sandwiches du midi sont délicieux, et pas trop coûteux. Vous pouvez opter pour le gîte, mais emportez quelques provisions ! 

Le reste de l'Ecosse vaut la peine aussi. Nous avons séjourné dans les Borders, moins touristique apparemment que le nord du pays, mais très beau aussi pourtant, et où les châteaux et bières sont abondants. Et nous avons terminé par Glasgow, ville très intéressante où nous avons été conquises par le musée et par un resto indien, qui fait oublier tous ceux que j'ai testés en France. 

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*Jeanette Winterson, Sexing the Cherry

mercredi, 12 juin 2019

"Il regarda l'eau, onduleuse et gonflée avec des fluorescences d'opale." (Sartre)

Nous avions bien choisi notre weekend. Nous avons pu profiter pendant 4 jours d'une région merveilleuse. D'habitude, quand je passe par Calais, je traverse la Manche, et je pars parler anglais. Là, je suis restée. J'ai profité des grandes plages où l'on peut marcher des heures et avoir l'impression d'être seules, malgré l'affluence des touristes. J'ai profité des bons petits restos et leurs recettes encore locales et non globalisées. Et les balades le long des falaises d'un nez à l'autre font agréablement brûler les calories. En plus, nous avions trouvé une chambre d'hôtes géniale, pas vraiment bon marché, mais qui le vaut bien. Le petit déjeuner et l'ambiance cosy au milieu des fleurs m'ont enchantée. Je peux encore me payer ce luxe, on verra dans quelques mois quand je serai retraitée. Mais alors, j'aurai moins besoin de repos et d'oubli de la réalité stressante, enfin j'espère. 

Vous voulez profiter de tous ces moments, un peu, virtuellement ? Cadeau, mes photos !

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mercredi, 08 mai 2019

“Seul l'humain peut avoir conscience de la perte de l'humain.” *

De mars à mai, on est arrivé au printemps. Ca ne se voit pas, et tous ceux qui se plaignaient l’an dernier qu’il faisait trop beau sont contents. Perso, je n’ai pas de pont, sauf pour l’Ascension, alors, il n’y a que pour ce weekend charnière entre mai et juin, entre cours et examens, que j’espère le soleil. Nous avons réservé un séjour sur la Côte d’Opale,  entre Boulogne et Calais, car finalement, bien que je passe très souvent dans le coin quand je vais en Grande-Bretagne, je ne connais pas la région, cet endroit précis de la côte. Depuis que j’ai réservé, internet me fait rêver. Nous passerons 4 jours là-bas, de quoi faire beaucoup de découvertes, et vraiment décompresser.

J’en ai besoin. Au lycée, le rythme s’accélère. La direction fait comme si on allait rentrer les notes sur pro-notes, comme si on n’allait pas faire grève le premier jour du bac, comme si on adorait l’éducation nationale, comme si les profs principaux avaient fait semblant de démissionner, comme si notre ministre était un homme appréciable.

J’ai réalisé récemment que mes années de tutorat de jeunes profs ne seraient pas prises en compte pour mon éventuelle promotion à la « Classe Exceptionnelle », car j’ai été tutrice 5 ans, et conseillère pédagogique pendant une dizaine d’années, mais il faut au moins 8 ans de tutorat. Voilà, c’est comme ça. Quand tu acceptes ce rôle, on ne te dit pas que ça comptera un jour pour ton « évaluation », tu le fais parce que tu penses qu’être utile à des jeunes, c’est bien, et ces mois de travail et de concertation, sont stimulants pour eux comme pour nous. Un jour un ministre (très humain) décide de faire travailler les stagiaires débutants 18 heures par semaine, comme un prof certifié, 12 h de cours, tout en leur imposant des heures d’IUFM, et des rapports à rendre, alors, tu décides de refuser, en conscience, pour ne pas jouer le jeu d’une administration prête à exploiter les stagiaires. Ensuite, la loi change, mais on ne te recontacte pas, sauf pour recevoir des étudiants en master, dans tes classes, mais qui ne comptent pas pour ton avancement de carrière. Evidemment, ça, on ne te le dit pas.

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J’ai eu confirmation aussi que ma retraite allait être ridicule, à cause de ma décote de 4 ans et demi, due à mon BTS et mon année en GB. J’avais qu’à pas glander à m'instruire et me former.

Blanquer fait semblant d’annoncer une augmentation, pour qu’on n’aille pas dans la rue demain. Du coup, j’irai.

Je lis les posts du Prof de l’Etre et d’autres pages qui étaient drôles, au début, sur facebook. Ça me remontait le moral, avant. Mais là, je suis triste, rien qu’à la pensée de ce que je vais quitter et laisser à mes jeunes et moins jeunes collègues. Surtout, si vous passez par ici, lisez ceci : Si vous êtes étudiants, et souhaitez devenir enseignants, si vous avez un métier et que vous pensiez à une reconversion vers l’enseignement, surtout ne le faites pas. Trouvez une autre idée.

J’ai créé ce blog, enfin son ancêtre, en 2006, pour parler à des jeunes profs qui en bavaient, et leur dire que si, le boulot pouvait être chouette avec un peu d’ancienneté. Je m’en veux, car ce n’est pas vrai. Ce n’est plus vrai. Aujourd’hui, jeunes, vieux, au moins, il y a égalité de traitement, le mépris.

Sinon, ça n'a rien à voir. Mais le harcèlement, la violence, ne commencent pas toujours avec la vie adulte. J'ai vu cette vidéo tout à  l'heure, et cela m'a émue. Pas seulement parce que je l'ai croisé en 2003, mais sûrement encore plus à cause de cela. J'avais senti qu'il ne se livrait pas, qu'il avait un masque d'acteur en permanence, même hors caméra. Maintenant, je comprends qu'il se protégeait.

  

Edward Bond

lundi, 04 mars 2019

Le travail, c'est la santé, rien faire, c'est la conserver.*

C’est le mois de mars. Un air de printemps, une lumière différente, oui, on y est. Ça ne me donne malheureusement pas vraiment envie de bosser. Envie ou pas, je croule sous les copies et autres pensums, donc je m’exécute.

De plus notre grand chef, Blanc qu'erre, n’en finit pas de nous agresser, de rendre notre boulot insupportable, ses sous-fifres (qu’il ne doit par ailleurs pas ménager non plus) font leur possible pour faire appliquer sa politique inhumaine.Récemment un collègue m’a fait remarquer que les media ne parlent jamais des suicides dans l’éducation nationale. C’est vrai. La police, Orange, la SNCF… Les entreprises ou corps de métiers ne manquent pas où mourir est moins dur que travailler. Mais l’éducation nationale, on n’en parle pas. Pour tout le monde nous sommes ceux qui bossent 18 heures par semaines et sont toujours en vacances, pourquoi voudrions-nous en finir. Pourtant, autour de moi, je vois des gens qui souffrent, qui sont au bout du bout, et ça me fait peur, car certains ne sont ni vieux comme moi, ni jeunes et sans défenses. Non, ce sont des quarantenaires, qui ont de l’expérience, ont ou avaient encore des projets, et ont une vie privée remplie.

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Je ne suis pas la seule à m’inquiéter de l’état psychologique de mes collègues, peut-être parce qu’en 35 ans de carrière, j’ai dû par deux fois prendre des antidépresseurs pendant 2 ans et demi, et la dernière fois, j’ai vraiment frisé le burn-out, à cause de la réforme des langues vivantes en lycée.

Le mépris, la surcharge des responsabilités, les changements dans les ordres donnés en permanence, le fait de passer pour des cons aux yeux de nos élèves, tout cela m’avait fait craquer. A chaque fois, j’ai pris les comprimés magiques, avant l’effondrement, mais tout le monde ne le fait pas. J’ai trouvé plusieurs blogs à ce sujet, mais peu de documents officiels.

https://mobbingdock.wordpress.com/2016/06/28/suicides-dan...

Plus ancien :

https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2011/10/22/...

Il y a même eu des questions au Sénat sur notre suivi médical : https://www.senat.fr/questions/base/2015/qSEQ151018322.html

La réponse dit que « les agents qui le souhaitent peuvent avoir une visite médicale ». En 35 ans, je n’en ai jamais entendu parler. On ne m’a jamais dit que je pouvais voir un médecin. Et l’initiative d’aller voir ce médecin spontanément ressemble tellement à un aveu de faiblesse, que peu de gens en dépression iront. Là où travaille ADMV, il y a un médecin du travail qu’elle voit régulièrement. Si elle n’y va pas spontanément, on la convoque, et si elle fait remarquer une douleur, ou une maladie due à son travail, on demande à ses supérieurs de faire des aménagements, et on veille à ce qu’ils soient faits. Pour tous les employés de l’EN, profs ou non, ceci est de l’ordre de l’imaginaire !

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Je vais donc faire attention à mes collègues, et à moi, et essayer de tenir encore 21 mois.

* info pour les jeunes : Maurice Pon, parolier d'Henri Salvador, chanson sortie en 1965.

jeudi, 17 janvier 2019

Le Futur est prêt à être créé et le passé est déjà une page tournée.

Je ne suis pas encore passée par ici depuis le début de l'année 2019. J'espère que celle-ci a bien commencé pour vous. J'ai eu une très grosse crève du 26 à midi au 31 à midi. Au lit, à tousser, moucher et surtout avoir mal à la tête. Puis, ça s'est arrêté, presque brusquement, pour me permettre de boire une flûte de champagne le 31 au soir. On était 3. On s'est couché à 23 h. Ça ressemble à mon année 2018. 2019 sera plus réveillée, moins douloureuse côté tête, mais il me faut trouver des solutions. Mon médecin dit que mes migraines viennent du fait que mon cerveau à trop de choses à gérer, qu'il n'y parvient pas. Je sais ce qui permettra à mon cerveau de se débarrasser des questions qui dérangent, du poids superflu des soucis : la retraite. Ce sera en principe au plus tôt dans 19 mois, au plus tard dans 21 mois.

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Sinon, l'actualité, la politique, comme tout le monde, ça pollue ma vie et ne me fait pas voir l'avenir avec beaucoup d'optimisme. Tout ce jaune, et maintenant ce rouge (soi-disant) chez les enseignants, ça n'apportera que du brun. 

La retraite, de futurs voyages en Ecosse, si May et les conservateurs britanniques le permettent, cela m'aidera sans doute à supporter tout cela. 

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Et vous ? Pas trop d'angoisses, et des projets qui vous portent malgré tout ce qui se passe sur notre planète j'espère. 

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dimanche, 05 août 2018

Soleil, soleil, soleil

Je suis allée prendre ma dose annuelle minimum d'Angleterre. Cette fois nous ne nous sommes pas beaucoup éloignées de la côte, et à vrai dire, je n'ai pas regretté, car rouler sous cette chaleur aurait été une souffrance. Nous étions donc pendant une semaine un petit peu citoyennes du Kent, dans un petit cottage, très petit, mais cosy, avec au pied de notre lit une vue magnifique sur la campagne environnante, et le coucher de soleil. J'avais vu, sans trop espérer m'en servir, que cette location disposait d'une piscine. Eh bien presque tous les jours j'ai nagé et c'était un vrai bonheur après des journées que nous avons voulu malgré tout actives. Nous avons visité des châteaux, les jardins de ces châteaux, des églises, les vieux cimetières près de ces églises. Nous sommes allées au bord de la mer, observé les oiseaux, suivi quelques footpaths, fait du shopping, découvert des petits salons de thé adorables, un resto indien divin et quelques pubs où nous nous sommes vraiment senties ailleurs et chez nous. Parler anglais m'a fait du bien. Manger anglais. Boire anglais2018-08-01 10.20.14.jpg. Respirer anglais. C'est ma drogue.                  2018-07-30 15.50.04.jpg

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mercredi, 25 juillet 2018

"Je ressemble aux oiseaux, disait-elle, j'apprends à chanter dans les ténèbres."*

Je pourrais vous parler des deux amis qui sont partis en un mois. L'un l'a choisi, épuisé qu'il était par son boulot, à un mois de la retraite. L'autre a profité cinq ans de sa retraite, mais a été anéantie par une leucémie foudroyante. Deux semaines d’hôpital. Ces deux amis se connaissaient. Ils avaient fait partie de mon univers dans mon précédent établissement. On avait milité, rêvé, bossé, aidé, parlé, aimé ensemble, la vie. Mais la vie nous rattrape.

Je veux rester optimiste. Comme on m'a longtemps dit que j'étais. Mais plus le temps passe, et plus les tuiles tombent, même sans tempête, et moins j'en ai en stock, de l'optimisme. 

La société, le climat, les gens, ne me donnent pas souvent l'envie d'espérer, surtout quand je ne les connais pas, ces gens. Heureusement, il y a ceux que je connais, qui ne me lâchent pas, quoi qu'il advienne, et même, qui surgissent dans les moments difficiles, alors qu'ils étaient discrètement là, sans se faire remarquer. 

Et je chantonne.

Pour être en forme et garder ma force d'aller de l'avant, j'aime ADMV, je vois mes ami.e.s, mange des choses plus ou moins bizarres,2018-07-16 12.43.41.jpg fait du yoga, de la sophrologie, de la réflexologie, du shiatsu, vois mon ostéopathe, parfois même une acupunctrice, évite les fâcheux, dessine, lis, vais en vacances, regarde des films, des séries, écris de longs mails, blogue, nage, caresse mon chat , cuisine, range ma maison, jette de vieux trucs, retrouve des copai.i.n.e.s du passé, vais en Angleterre, visite des expos à Paris, bois des coups en terrasse.

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J'essaye de ne pas trop me mettre en colère contre les cons, contre les politiques, contre ceux qui bousillent notre planète (ah, oui, je me répète, ce sont les même que les deux catégories précédentes), m'épuiser à des choses sans intérêt, me faire du souci pour ceux que j'aime, pour l'avenir, voir de médecins ou/et de banquiers, insomniaquer, me culpabiliser pour tout et rien. 

Et j'y arrive pas si mal grâce à tout ce qui est mentionné dans le paragraphe précédant le précédent. Et vous ? Une chose que vous faites pour aller bien ? Ou que vous évitez, pour ne pas aller mal ?

* Diderot, Lettre sur les Aveugles

mercredi, 20 juin 2018

Je reviens !

Retour, absence, bonheur

C'est avec une joie non dissimulée que je vous annonce mon retour ici. Renforcée par la lumière qui n'a pas beaucoup quitté notre région, épargnée par les tempêtes et inondations, je vais m'efforcer du publier régulièrement. L'essentiel, c'est que grâce à mon blog, c'est un peu comme si je n'étais jamais partie. Je vais aussi essayer de ne pas m'énerver. L'actualité s'y prête pourtant, à l'énervement, mais c'est mauvais pour moi. Alors comme, parmi les nouveautés dans ma vie, il y a le yoga, je devrais réussir à rester zen. Je ne me censurerai pas pour autant. Tout le monde a, je pense, besoin d'un exutoire, et ce blog est le mien. Tant pis pour vous ! 

Je suis ravie de vous retrouver ici. Je ne sais pas combien d'entre vous passent encore de temps en temps. Mais vous serez tou.s.tes les bienvenu.e.s. Pendant ces neuf mois d'absence, j'ai ressenti à peu près tout ça, mais aujourd'hui, sans hésitation, mon emoji, c'est le troisième à droite dans la ligne du milieu !

Retour, absence, bonheur

Eh oui, dans les nouveautés, il y a aussi l'écriture inclusive. Je m'y suis mise hyper vite, tellement c'est pratique. Mais rassurez-vous, je n'ai pas tant changé que cela, j'ai toujours horreur des sigles.

A la prochaine !

mardi, 09 janvier 2018

Je vais bien ne t'en fais pas

Bonne année à tous. C'est un peu pompeux, car déjà quand je publiais je n'avais plus guère de lecteurs, je devrais d'ailleurs plutôt dire lectrices, mais aujourd'hui je suppose que tout le monde a arrêté de passer ici et mange des chocolats  ou de la galette des rois en attendant les prochaines vacances.

Que 2018 ne soit pas trop effrayante, déprimante, mais au contraire douce et rassérénante.

Mon vœu, c'est d'être capable en humeur, forme et en temps de revenir ici commenter ma vie de prof et de citoyenne, au printemps ou au seuil de l'été.

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dimanche, 01 octobre 2017

INTERRUPTION

Interruption momentanée des publications ici. Mais je reviendrai. Promis !

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mercredi, 21 juin 2017

“Le saké pour le corps Le haïku pour le coeur”*

La canicule donne-t-elle envie d'écrire ? Je rêve de trouver un coin d'ombre où la chaleur n'excède pas les 30 degrés, où le bruit se réduise aux cris des petits d'à côté et au miaulement de mon chat, et où j'écrirais au stylo sur un des nombreux cahiers qui dorment dans mon armoire de bureau. Je les ai achetés ou on me les a offerts parce que j'ai toujours aimé le contact du papier, lisse ou rugueux, mat de préférence, mais je n'ai rien contre les couleurs vives ou pastelles, et les motifs ou jeux de mots rigolos. J'aime le bruit que j'entends au fil des lettres quand j'écris dehors et que mon ordinateur ne m'est d'aucune utilité parce que son écran devient illisible. Alors voilà, ce matin, j'avais envie d'écrire. Il était 6 h 12 et je prenais mon café sur ma terrasse. Quel privilège !

Hier j'ai lu dans un texte officiel que l'Education Nationale m'autorisait à la "Production des œuvres de l'esprit. Toutefois, la production d'œuvres dont il est question doit rester autonome (l'agent doit être rémunéré à l'acte et ne pas bénéficier d'un véritable contrat de travail) et manifester la personnalité de son auteur".

Comme ils sont ouverts d'esprit ! Si j'écris un livre ou peins une toile qui ne manifestent pas ma personnalité, et que j'arrive à les vendre, serai-je hors-la-loi si je n'ai pas demandé l'autorisation ? 

Il y a des tas d'autres choses que j'ai le droit de faire en demandant une autorisation. Même pour m'occuper d'ADMV si elle devenait trop malade ou handicapée pour travailler, et que je touche pour cela une indemnité, il faudrait que mon ministère de tutelle soit d'accord. Faut pas pousser non plus. 

Vu qu'il n'y a que du 25 juin au 1er septembre que je pourrais éventuellement trouver le temps de devenir créative rentablement, je ne vais pas me prendre le chou avec ça.

Ces derniers temps, étant donné le manque de disponibilité à la création, je me suis mise aux haïkus. J'ai même gagné un concours. Je ne sais plus si je vous en avais parlé. C'est sympa le haïku. Ça rapproche de la nature et en même temps de la profondeur de notre cerveau. Et ça met dans une humeur très positive. Enfin, je trouve. Et quand, grâce à un haïku de nouvelle année publié sur facebook tu gagnes des chocolats et un beau cahier, la vita è bella !

Voici celui que j'ai écrit ce matin.

Chat plongeant dans thé glacé

Ciel bleu soleil

Et vivre mon rêve d'été

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* De Santoka

dimanche, 28 mai 2017

"L'inquiétude est la crainte tempérée par l'espérance." *

Nous nous sommes fait une frayeur. Hier matin, au réveil, pas de Boogie. Pourtant nous avions profité du weekend de l'Ascension pour faire une grasse matinée, il était donc déjà 9 h 15, et le soleil dardait ses rayons, comme on disait quand j'étais à l'école primaire. ADMV avait déjà regardé partout dans et autour de la maison, appelé, cherché, attendu. Rien. Nous avons déjeuné. Rien. J'ai signalé sa perte sur "Pet alert", une page facebook dont les appels sont parfois efficaces, envoyé un mail à l'organisme où il est officiellement identifié grâce à sa puce, mis un post sur facebook, puis nous sommes parties, affiches en main, faire le tour du quartier, après avoir regardé sur google earth quels jardins pouvaient l'avoir attiré. Nous avons collé les affiches, sonné chez les gens, surtout ceux qui semblaient avoir des garages et des soupiraux mal fermés. Tous les gens du quartier se sont avérés avoir des chats eux aussi. Plutôt sympas, ils nous ont encouragées et ont pris nos papiers, promettant d'ouvrir l'œil. Pour l'oreille, c'est plus dur, car Boogie ne sait pas encore vraiment miauler. Mais toujours pas notre tigré en vue. J'étais triste, n'osant pas dire à ADMV toutes les images qui me venaient en tête. Je le voyais déjà assommé, puis mort, parce que c'est un casse-cou, dans un coin où personne ne le trouverait. Nous avons alors appris qu'un cambriolage avait eu lieu dans la nuit dans notre rue. Alors, la vision de Boogie enlevé pour le vendre à un laboratoire où utiliser sa fourrure, m'a hantée. Je me suis raisonnée. D'accord, j'étais triste, inquiète, mais mon Boogie est un chat. Un chat prend des risques et peut mourir, ce n'est pas une tragédie. La mère de la jeune fille qui est morte samedi matin en sortant de boîte parce qu'un taré l'a tabassée pour une cigarette non donnée vit, elle, une tragédie. Alors je suis allée, comme prévu, voir une expo, dans un jardin. J'ai même réussi à voir de belles choses. Mais on a rencontré des copines et reparlé de notre chat. Au retour, on est reparti faire un tour. Pour rien. La soirée s'est passée, longue, avec l'impression que Boogie apparaissait derrière la vitre de la porte. C'est fou le nombre d'ombres qui peuvent faire penser à un chat. A 11 h, on est allé dormir. Enfin, dormir. Pas de poids pour tirer sur la couette, pas de petite boule de poil qui vient se faire câliner. Du mal à dormir. Mais dormir quand même avec toutes ces images de torture sur animaux en tête. Je lis trop la presse, je regarde trop les photos sur le net. J'ai lu un peu, car je ne dormais pas. J'ai entendu un bruit. Je me suis dit qu'il ne fallait pas que ça tourne à l'obsession. Je me suis levée quand même, suis allée faire pipi, le stress..., ai quand même jeté un coup d'œil à la gamelle. Rien, bien sûr. Me recoucher, réessayer de dormir. Et soudain, deux pattes, un nez froid. Il était là. Comme si de rien n'était. Enfin presque. Enervé, excité, voulant mordre, pas pour faire mal, hein, mais pas prêt à dormir. Sans doute enfermé depuis la nuit précédente dans un garage. On a fermé la chatière. Mais on a aussi fermé la porte de la chambre. Dormir était vraiment nécessaire. Ce dimanche, je me sens légère.

 

Vive la Vie, blog de femme, femme, femmes, animaux, chat, boogie

*Pierre-Marc-Gaston de Levis (1808)

dimanche, 14 mai 2017

“La chanson est l’Art de l’Instant.”*

Il y a presque dix ans, ADMV m'avait offert le plus beau cadeau dont je pouvais rêver, un concert de mon chanteur préféré, Gilbert Laffaille, dans mon salon ! Cette année, c'est à mon tour de lui offrir un concert à la maison. Il s'agit d'un chanteur que l'on a découvert ensemble, en voiture, sur une radio locale de chez locale, et ni l'une ni l'autre n'a eu envie d'arrêter la radio malgré les parasites (locaux eux aussi), tellement les mots et la musique provoquaient en nous le même charme. Il s'agissait de cette chanson:

Samedi, il sera chez nous. Et des amis et la famille seront le public. J'espère qu'ils aimeront autant que nous. 

Comme tous les mois de mai quand on organise quelque chose, on se demande le temps qu'il fera. On prévoit soleil, pas soleil, dehors, dedans. Ce weekend, on fait le grand ménage de printemps pour l'occasion. Je n'aurai pas le temps de faire quoi que ce soit de lundi à vendredi, car je suis convoquée pour écouter et faire parler une douzaine de djeuns par jour. Tout cela à 80 km de chez moi. Je vieillis. Je ne rentrerai pas tous les soirs. Je vais faire vivre l'économie touristique de cette jolie ville provinciale. Une connexion wifi et je pourrai évaluer une dizaine de dossiers de recrutement pour le supérieur, et finir de corriger des travaux d'élèves pour les conseils de classes qui commencent dans 15 jours. C'est cool, je ne m'ennuierai pas.

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podcast

Cliquez sur média pour entendre la chanson de Gilles Roucaute

*Charlélie Couture

 

lundi, 10 avril 2017

Spring ! it's spring !

Vacances.

Le plus beau mot pour moi depuis 34 ans !

Il veut dire liberté, soleil, cuisine, peinture, balades, voyages, amour, présence, cinéma, lecture, écriture, et tant d'autres choses.

Hier c'était les Portes Ouvertes des Ateliers d'Artistes dans Maville, mais apparemment ce n'est pas une date nationale. En tout cas, c'est une initiative que j'apprécie énormément. Certaines années j'ai fait la visite à vélo ou à pied, cette année j'ai pris la voiture et ai pu découvrir trois lieux. Dont une ancienne usine recyclée en lieu de résidence pour artistes en tous genres, pendant un temps donné (entre 2 mois et deux ou trois ans maximum). L'ambiance y semble résolument sereine, partageuse et créative. J'y ai rencontré deux anciennes élèves qui étaient là pour des raisons différentes, mais semble-t-il heureuses d'y être. J'ai bavardé avec une jeune artiste en écriture. J'ai entendu des sons nouveaux, vu des matériaux surprenants.

Tout cela à à peine un kilomètre de chez moi. J'aurais pu y aller à pied finalement, mais j'ai aussi vu deux autres lieux. Un garage où des dames exposaient leurs santons en céramique. Art naïf ? Et une maison particulière où des sculptures semblaient vivre leur vie derrière un mur qui les cache d'habitude.

Bientôt il y aura les jardins qui s'ouvriront et les artistes qui y exposeront aussi. J'adore le printemps et ses ouvertures. 

Et surtout, notre petit Boogie a fait son entrée dans le grand monde du jardin ! Prise d'autonomie réussie. Incroyable tout ce qu'un chat sait d'une façon innée. En deux minutes, il était tout en haut d'un arbre. Et est redescendu.

Et le soleil qui revient malgré toutes les annonces pessimistes des medias !!!! 

Je n'en demande pas plus. Même si c'est pour 15 jours.

 

samedi, 01 avril 2017

En anglais, "spring" veut aussi dire "ressort" !

Dès que le printemps revient.

Mon blog fait des pauses de plus en plus longues. Pourtant des trucs me passent souvent par la tête, à propos desquels je me dis "Tiens ! tu devrais faire une note. Rigolote." et puis ma journée et son rythme me rattrapent. 

Récemment j'ai assisté à un concert surprenant par sa mise en scène, la qualité de la voix de ses chanteurs, le talent de ses musiciens et son humour subtil et décalé.

http://sortir.telerama.fr/concerts/on-a-dit-on-fait-un-sp...

Hier j'ai fait passer le quart de l'épreuve d'anglais de mes élèves. Compréhension orale. Épreuve assez stressante de concentration, d'écoute et de vitesse de restitution d'un document. Le thème d'hier : l'année sabbatique pour les jeunes entre deux cycles d'études par exemple. 

Je ferais bien une année sabbatique. Mais maintenant j'attends avec impatience la coupure définitive qui me fera apprécier chaque minute de liberté. Trois ou quatre ans encore. Ça va le faire !

Ce matin, j'ai trouvé 8 sujets, il m'en faut 17, pour les oraux de mes BTS. Bientôt donc, je vais entendre parler de design de cuisine, de lunettes qui font voir les aveugles, de meubles chinois flottants, et bien d'autres choses encore. Du coup, j'ai séché le marché. Cet après-midi, j'ai commencé par une sieste. Coup de barre et chute en sommeil qui ne donnent pas le choix ! Me revoilà sur pied, et prête à vous écrire.

Kengo Kuma, oriental kitchen, Kitchen Home Project, Venice Biennale 2016, Beijing Centre for the Arts, Weng Ling,

Dès que le printemps revient, l'énergie aussi. Normalement. Alors je vais peut-être retrouver mon pep's et mon imagination. Et poster.  

 

mardi, 14 février 2017

PEN-"L"-OH-PEE - Origin: Greek - Means: Duck - Gender: Female

Ah.... 42 jours déjà !

Le temps d'un carême. Du coup, on va fêter ça au resto à midi. Je n'avais pas réalisé que c'était la Saint Valentin, et j'ai eu peur qu'on ne trouve pas de table, mais si.

Boogie grandit. 

Fillon ne ressort pas grandi. Avant cette affaire, je n'avais jamais imaginé qu'il ait pu être un ancien chanteur des Poppys.

Trouverez-vous l'escroc catho?

 

Je suis enfin de nouveau en vacances, sans grippe ! Et chaque minute est un cadeau.

Je dors.

J'ai redécouvert ce qu'était un magasin, autre que ma supérette locale. Mais je ne vais pas abuser. Une visite me suffit. Un jean neuf, deux t-shirts. Mission accomplie. Il me reste à trouver une lampe de bureau pour ma nouvelle pièce atelier, où je vais pouvoir bricoler et peindre. J'adore cet endroit, qui avait été ma chambre pendant 11 ans et était devenue dès mon départ de chez mes parents un grenier. 

Je suis en train de planifier un weekend à Londres au printemps. Je sens que cela va être mon carburant pour le reste de l'année. Pourvu que T. May ne nous massacre pas l'ambiance. J'aime ce pays et je compte bien y séjourner autant que je l'entends. J'avais même prévu y passer une partie de ma retraite. Cela ressemble à mission impossible maintenant.

Résultat de recherche d'images pour "Le Royaume Uni reste européen pour moi"

mardi, 03 janvier 2017

“L'indifférence est une paralysie de l'âme.” *

Elles sont vertes et me rappellent mon enfance. Sont-elles moins fortes ou est-ce mon palais d'adulte qui me font les trouver plus douces ? Elles sont orange clair, et sucrées, douces pour ma gorge, elles fondent doucement au moment de l'endormissement. Rapide, rafraîchissant et calmant à la fois, je l'utilise comme le dit la notice jusqu'à huit fois par jour. Dans une grande cuiller à soupe je l'apporte à ma bouche et laisse sa liquescence caramélisée glisser le long de ma langue, puis de mon oesophage. Quel bonheur ! Plus radicale est la gélule blanche qui trois fois par jour me calme mes douleurs diverses, assomme mes maux de tête et mes brûlures de gorge. Et efficace parfois, l'odeur d'eucalyptus qui parvient à rendre à mon nez sa première utilité. Cela fait déjà une semaine que toutes ces sensations me sont quotidiennes. Encore deux jours à en être addict, dans la chaleur de ma maison, pour retrouver la force d'aller travailler.

Pour l'instant, je corrige, organise, prépare, recherche, note, saisis, enregistre, imprime, copie/colle, réponds, écris, coche, lis, écoute, regarde, devant mon écran d'ordinateur.

Et je me suis posée, là, cinq minutes essentielles, pour vous souhaiter une très bonne année 2017. Le bonheur individuel du plus grand nombre fera le bonheur collectif. Ma résolution : voir le positif. Réussir à être heureuse malgré les infos, les difficultés autour de moi. Pour pouvoir mieux agir et réagir. M'ouvrir aux autres, ne pas me recroqueviller sur mon cocon protégé.

Vers le 15 décembre , quand j'étais encore juste fatiguée, mais pas malade, que j'avais l'intention de faire tellement de choses utiles, culturelles, voire sportives, de ces vacances, j'ai gagné un concours de haïkus. La consigne : Écrivez vos résolutions personnelles pour l’année 2017 sous forme d’un haïku de 3 ou 6 lignes en respectant la règle du "5-7-5 syllabes" !

Le mien, c'était ça :

Fuir l’indifférence
Ouvrir ses yeux et son cœur
Agir pour la paix

Ambitieux, j'espère pas trop prétentieux. Ce qui m'est apparu essentiel, avant que je ne sache pour Berlin, et pour Istanbul. Je vais m'efforcer de n'être indifférente à rien. De laisser mon cœur parler, sans me laisser être blasée. De m'engager plus que je ne l'ai fait.   

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NB: j'ai changé "haïr" pour "fuir", en raison du nombre de syllabes.

      

 

 

 

* Anton Tchekhov

jeudi, 29 décembre 2016

Pizza et nostalgie, mieux que les antiviraux !

Plus que deux jours avant qu'on passe à 2017 ... et que rien ne change, ou en moins bien. Oui, je suis peu optimiste. C'est sans doute la grippe, l'âge, les mauvaises nouvelles, le froid dehors, le boulot que je n'ai pas eu le temps de faire à cause de la grippe, les deux stagiaires que j'ai acceptés pour rendre service et qui vont être là, dès mardi matin, à regarder, noter, mes moindres paroles, gestes, remarques... Heureusement, à midi, je brave l'hiver et vais manger une pizza avec des amis de ma jeunesse, que j'ai retrouvés récemment, grâce à mon mariage. On va parler du passé, pas trop, pour ne pas ennuyer ADMV, mais le passé, la nostalgie, ça aide à supporter le présent.

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Et pour ne pas penser à l'avenir proche, réécoutez Pierre Barouh. Il vient de nous quitter, lui aussi, mais heureusement sa voix et ses mélodies sont toujours sur ma clé usb et ne me quitteront pas à chaque fois que je partirai en vacances.

 

mardi, 20 décembre 2016

Noël, c'est de la nostalgie, et c'est pour ça que je l'aime.

La période de Noël me pousse à regarder la télévision. Le temps est souvent trop gris pour donner envie d'aller me balader dans la campagne, trop froid parfois. Il y a trop de monde en ville pour me donner envie d'aller faire du shopping. Les marchés de noël sont devenus des lieux à éviter. Et mon canapé me fait de l'œil, surtout depuis que mon nouveau chat est là. Il réclame des câlins et quelle autre activité que la télé contemplation me permettrait de pouvoir en même temps câliner Boogie alors qu'il se prélasse sur mon épaule, mes genoux, mon ventre, ma tête...?

Les programmes sont souvent à la culture ce que sont à la gastronomie les nounours en guimauve. Faciles à consommer, nostalgiques à souhait, colorés et pas chers. Mais voilà, on a tous ses faiblesses, j'aime ça. Un bon film sentimental ou drôle pour les gosses, surtout depuis que la TNT nous permet d'y avoir droit en VO, j'adore. Hier soir, pas de film. Mais une émission que je ne m'attendais pas à voir si longue sur Maritie et Gilbert Carpentier. Deux noms magiques, qui annonçaient pendant mon adolescence deux heures de bonheurs et de rigolades en famille. On s'amusait, on critiquait, on adorait, c'était selon, en tout cas, contrairement à la règle familiale habituelle, on avait le droit de causer devant le poste, et ça occupait des samedis soirs où on ne sortait pas.

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Quasiment 90 % des séquences montrées hier soir ne m'étaient pas inconnues. J'ai eu l'impression étranges de les avoir vues hier. Elles m'ont transportée dans une époque de ma vie où j'étais heureuse. De ce bonheur évident que j'ai eu la chance de vivre dans mon enfance et mon adolescence. La plupart des extraits d'émissions dataient de 1969 à 1977. Je ne me rappelais pas qu'on regardaient tous les Sacha shows, Top A, etc. Et pourtant je me rappelais de Sylvie Vartan chantant avec Carlos "2 minutes 35 de bonheur", de Dalida, de Joe Dassin. Que des gens dont je n'ai jamais eu de disques, mais dont je connais toutes les chansons par cœur. J'ai regardé ça avec mon chat, qui ne s'est pas ennuyé une minute. Trois heures ! Pour une fois une émission qui ne lésine pas, qui donne le temps de voir.

Je ne regarde plus d'émissions de variétés, n'en croise même plus. A part peut-être Taratata. Mais c'est souvent tard, ça se prend au sérieux et il y a trop de chansons en anglais. Alors que là, on voyait des filles et des garçons, qui dans la vie n'étaient peut-être pas des copains, mais qui acceptaient le temps d'une émission de se "mettre en danger" pour notre petit bonheur du weekend. Ils se déguisaient, faisaient des duos improbables, chantaient des vieilles chansons ou modernes, mais totalement éloignées de leurs répertoires. Ils faisaient des sketches, et Coluche chantait. Et c'était de l'humour, mais aussi de l'émotion.  

Afficher l'image d'origine

 

(Je ne me lasse pas de la voix de Joe Dassin en anglais !)

 

Je crois que c'est la première fois que j'entendais Maritie et Gilbert Carpentier parler, que je les voyais. C'était vraiment des gens bien.

(Cliquez sur les photos pour trouver les articles ou videos en lien.) Edit le 21.12.2016

jeudi, 27 octobre 2016

Encore un soir de rêve *

Je suis allée écouter mon chanteur préféré. Chanteur et poète. Gilbert Laffaille. A l'heure où l'on décerne le prix Nobel à un poète chanteur, celui qui parmi les chanteurs français m'enchante de ses mots depuis 40 ans, mériterait à mes yeux au moins la même récompense. Mais il n'a évidemment pas la même renommée internationale. Cependant il a fêté ses 40 ans de chansons le weekend dernier, au Forum Léo Ferré à Ivry. 

C'est un endroit génial, petit espace préservé de convivialité, de bonne bouffe et de vin sans prétention, de gens sympas qui ne font pas de selfies mais profitent pleinement du concert, puis de la rencontre avec l'artiste.

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Si vous ne connaissez pas ce lieu, n'hésitez pas. Ca ouvre à 19 h 00 et si on a réservé le repas, on le prend tranquillement jusqu'à 20 h 30, heure où les artistes viennent sur scène. Si vous ne mangez pas, et arrivez juste avant le concert, vous serez assis au fond de la salle, mais pas de panique, elle n'est pas si grande, et vous profiterez juste autant du moment.

La programmation est riche et enrichissante. Je vous laisse découvrir.

Quant à Gilbert Laffaille, si vous ne le connaissez pas, c'est que vous êtes nouveaux ici. Je vous laisse découvrir aussi.

Et si vous venez de province, le Kyriad n'est pas loin, 6 minutes à pied, dans une rue un peu glauque près du périph, mais à deux, c'est cool.  Et avec le prix offert par Booking, on ne va pas en faire un plat du coin !

La soirée de vendredi dernier était un bonheur sans limite. Accompagné par Nathalie Fortin au piano, il nous a offert une heure et demie de mots ciselés et de sketches où l'humour est fin et excellent. Merci !

* Titre d'une ancienne chanson de Gilbert Laffaille

samedi, 08 octobre 2016

Si j'avais le pouvoir, je commencerais par redonner leur sens aux mots (Confucius).

Notre chat n'est plus là. Et ça se sent. Trop. L'avantage, quand on perd un animal, quel que soit la tristesse que l'on puisse ressentir, c'est qu'on peut se dire, on va en reprendre un. On va trouver un autre petit animal à poils et à ronrons à dorloter, à rendre indispensable et dépendant, à protéger. Ça ne nous empêchera pas de repenser à celui-ci, tellement gentil et intelligent, mais on n'a pas besoin d'années pour s'y faire et avoir une dose d'amour disponible.

Mais quand on perd un humain, évidemment, c'est tellement différent. Ça n'a rien à voir.

J'ai besoin de dire ça, parce que beaucoup de gens m'ont parlé, pleins de compassion exagérée, comme si j'étais en deuil. Ça m'a rappelé des moments autrement plus douloureux, et j'aurais pas voulu. Le discours était inadapté.

Vous savez, c'est comme les gens qui disent qu'un cambriolage, c'est comme un viol. Eh bien non. J'ai été cambriolée. Et je vous assure, qu'à choisir, je préférerais être cambriolée des centaines de fois, quitte à repartir sans rien pour le reste de ma vie, qu'être violée.

Donc, voilà, dans quelques semaines, j'espère que nous aurons un autre chat, un tout petit, car je n'ai jamais fait cette expérience d'avoir un tout petit chat et de le suivre jusqu'à ce qu'il soit vieux. 

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*(Confucius)

 

samedi, 30 juillet 2016

Etre vieux c'est être jeune plus longtemps *

Ça y est il est l'heure !

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J'ai 58 ans aujourd'hui. Ca fait bizarre. Ca rapproche des 60. D'un nouveau cap. Et pourtant, bien que je n'aie jamais été aussi près de la carte vermeil, j'ai encore 4 ou 5 ans à bosser. 

J'ai profité de mes trois semaines de juillet pour avancer mon boulot pour la rentrée, même s'il m'en reste (il ne faudrait pas non plus que je m'ennuie en septembre). Et bientôt je serai au soleil, dans différents endroits plus ou moins sauvages, dont les Cévennes où Stevenson est parti voyager avec son âne Modestine. Un coin rêvé pour les équins donc.

Je vous souhaite à tous une belle fin d'été. Je ne sais pas si je publierai beaucoup au moins d'août, la connexion risque d'être en pointillé.

Mais je penserai à vous !

 

 

 

 

* Le Chat de Gelück

vendredi, 22 juillet 2016

Il n'y a rien à trier parmi ces ordures

Il y a des jours où l'on se demande où ça va s'arrêter. Le monde devient implosif, partout, la guerre mondiale qui sévit depuis des années en Afrique, au Moyen-Orient, touche les endroits que l'on croyait tranquilles, et soudain, cela prend une réalité, encore plus grande quand on connait quelqu'un dans la ville concernée, quand on apprend avec du retard, de l'étranger, que 84 personnes ont été tuées, et que parmi elles, peut-être il y a le fils d'une amie d'enfance, chez qui on était à boire un coup tranquilles il y a deux mois et demie. Deux minutes d'angoisse avant de vérifier la page facebook de cet ami, et voir, ouf, qu'il est vivant. facebook a du bon donc. Puis lire, toujours sur ce réseau social, le témoignage d'une autre personne qu'on connait, et qui a vécu l'horreur en direct. Oui, tout cela est bien réel, pas comme les nombres de victimes que l'on lit journellement dans les journaux. Et du coup, la France se réveille, accuse, insulte, se montre sous son vrai visage, et ce n'est pas très beau. Entre les récupérations politiques de part et d'autres, les interpellations publiques des dirigeants fondées sur leurs erreurs, leurs manquements véritables ou bien sur des hoaxes lus et crus tout de suite sans discuter ni vérifier sur le net, et les amalgames entre Islam, Arabes, Extrémisme, Réfugiés, Profiteurs, toutes ces notions mélangées sans complexes, par de simples fbookers ou même des journalistes, tout cela donne la nausée.

Comme tout le monde, je suis choquée, atterrée, mais je n'ai pas de théorie sur ce qui devrait être fait, ou pas fait par le gouvernement. La seule chose qui me hérisse, c'est la manière dont les medias font tout pour rendre célèbre des ordures qui ne le méritent vraiment pas. Publient des noms, des photos, qui font qu'on se rappelle plus des assassins que des victimes ou leurs familles.

A ce propos, il y a une pétition, et même deux, que vous pouvez signer.

Sur Change.org

 

http://www.mesopinions.com/petition/medias/anonymat-compl...

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dimanche, 26 juin 2016

Si je n'étais pas déjà mariée, j'aurais rendu service à un ou une anglais(e) !

Je suis déprimée par le Brexit. Je n'arrive même plus à analyser intelligemment le truc d'un point de vue politique. Je me sens juste volée d'une liberté que j'avais d'aller me balader en GB quand je voulais, sans prévoir, sauf prévoir d'y passer éventuellement ma retraite. Et ça, eh bien, faut plus y penser.

Je lis les réactions des anglais que je connais, et j'ai les boules pour eux, qui ont vu les votes pour augmenter hyper rapidement ces dernières semaines, sans qu'il y ait un mec de gauche capable de renverser la vapeur. 

Et depuis le vote, des tas de racistes se sentent légitimés, décomplexés, et il y a des faits divers regrettables, des remarques dans les lieux publics faites aux étrangers. Ils ne sont pas habitués. Pourvu que cette extrême droite de merde ne détruise pas cette société dont la principale différence est justement sa tolérance, son ouverture d'esprit.

Mais la crise, les nouveaux media, la société de consommation, les actionnaires, tout cela a rendu les gens cons. Ils ne réfléchissent plus, votent n'importe quoi "par contestation", et s'étonnent le lendemain de la cata qu'ils ont provoquée.

On verra la suite, mais je ne suis pas trop optimiste. Encore moins de la manière dont "nous", européens, on va s'empresser de leur régler leur compte pour que les autres pays ne fassent pas la même chose...