Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 08 septembre 2021

"Une lecture amusante est aussi utile à la santé que l'exercice du corps."*

C'est une librairie.

Je la fréquente depuis que je suis toute petite. Il y en avait une autre, très bien aussi, dans le temps, mais elle a fermé. Ma librairie a failli fermer deux fois aussi récemment. Le temps est très dur pour les livres. Surtout pour ceux qu'on ne vend pas par internet. Personnellement je préfère traîner dans les rayons, les étages, lire les petites notes que les libraires rédigent, feuilleter les livres d'art, sans pour autant vouloir les acheter. Et maintenant, ma librairie a été rachetée par une maison qui vend du matériel artistique et ça me donne deux fois plus de raisons de venir. Et puis les vendeuses sont adorables. L'une d'elles m'a un jour retrouvée dans l'annuaire et a réussi à me prévenir que j'avais oublié mon téléphone sur l'une des tables du magasin. J'avais déjà commencé à m'angoisser, mais ne me revoyais absolument pas le poser à côté des livres, pour choisir. Mon téléphone actuel n'affiche plus mon nom quand on l'ouvre sans avoir le code. Elle ne pourrait plus me prévenir. Aujourd'hui, comme j'achetais des livres de poche pour en faire cadeau aux amis que je vais croiser le long d'un prochain périple, elle m'a offert 5 livres pour 5 achetés ! le double de la promo que j'ai découverte en rentrant chez moi et que font Livre de Poche et 10/18. En principe, c'est un livre offert pour deux achetés ! 

Evitez les supermarchés, les "centres culturels commerciaux", les sites comme Ah-Ma Zone ! qui exploitent leurs personnels, et allez dans les librairies de vos centres-villes ou de vos quartiers. Les gens y sont gentils, ça sent bon, et on y passe de bons moments. Parfois on y rencontre même les gens qui écrivent les mots qui nous plaisent.

vive la vie, blog de femme, femme, livres,

*Emmanuel Kant

mardi, 24 août 2021

L'enfance et la vieillesse se ressemblent, dans les deux cas, pour des raisons différentes, on est plutôt désarmé. *

Je viens de perdre mon dernier pilier. La petite sœur de ma maman. Il m'est difficile de réaliser comme un fait que je n'ai vécu que 18 ans dans une famille complète et heureuse, alors que j'ai vécu 46 ans sans mon frère, 36 ans sans ma mère et 26 ans sans mon père. Et hier celle qui m'a soutenue tout ce temps est partie elle aussi. La petite sœur de ma maman, ma marraine, ma tante, qui fut aussi ma maîtresse d'école, et mon soutien ces dernières années, jusqu'à ce que la maladie d'Aloÿs nous la vole. Je l'ai suivie jusqu'au délire, ai ri et chanté quand on pouvait encore. Et puis simplement je l'ai tenue dans mes bras, quand les règlements anti-virus ne me l'interdisaient pas. Hier elle est partie, doucement avec deux mains qu'elle avait aimées dans les siennes. A chaque expiration elle les serraient, et d'un seul coup, elle n'a plus serré. Il était 12h01. J'ai pleuré, puis ai trouvé la force de vivre cette saleté de journée grâce à toutes les démarches qu'on nous impose.


198972e9af8f5be3306e1d86b1c2c4ff.jpgc3a2ne-carotte-attelage-cocher-heure-dhiver.jpgistockphoto-470226733-612x612.jpgmaillot-de-bain-reversible-2-pieces-fille.jpg

 

tristesse,mais pas que.

 

 

 

 

 

 

 

 

*Susanna Tamaro, Va où ton cœur te porte.

dimanche, 27 juin 2021

En dix phrases, les dix commandements expriment l'essentiel de la vie. Et ces trois mots - liberté, égalité, fraternité - en font autant.*

 

En cherchant sur Google ce matin, j’ai lu que c’était le 80ème anniversaire de la naissance du cinéaste polonais Krzystof Kiesllowski. Quelle tristesse qu’il soit mort à 54 ans ! Il avait certainement d’autres chefs-d’œuvres à nous offrir.

Je l’ai découvert avec le Décalogue et Tu ne tueras point.

téléchargement.jpg

Puis il m’a bouleversée avec La Double Vie de Véronique.

8b8d930c87f83bb122086240ecea04c6.jpg

Bleu a eu un effet cathartique sur moi qui n’arrivais pas à me libérer de la douleur de mes deuils. Evidemment, il n’a pas fallu qu’un film. Et il me faudra encore nombre de livres,  films et autres œuvres d’art de cette trempe. Mais Bleu, m’a fait pleurer et accepter, oser mes larmes.

ob_4e1083_bleu-large.jpg

Et puis, lors d’un stage de vidéo (organisé et payé par l’Education Nationale un été, du temps où cette institution considérait important d’avoir des professeurs cultivés, ouverts sur l’art et la politique) j’ai rencontré l’Amateur, tourné en Pologne en 1979 et j’ai compris mieux qui était Kieslowski.

maxresdefault-11.jpg

Son cœur l’a lâché en 1996.

Mais je vais profiter de ma retraite pour voir ses films que je n’ai pas encore eu la chance de vivre.

*Krzystof Kiesllowski

mardi, 11 mai 2021

“On ne pourrait pas apprécier la lumière, si nous ne connaissions pas les ténèbres.”*

Le moral revient, les activités aussi. Ou dans l'ordre inverse.

Hier soir j'ai assisté à un concert  en compagnie d'une amie allemande. 

Elle l'a accompagné d'un verre de rosé et moi d'une flûte de champagne. 

J'étais chez moi, et en même temps, dessinais. Elle était chez elle, à 800 km d'ici. Mais de temps en temps, nous échangions nos impressions. Je ne dis pas que c'est pareil qu'être ensemble à un concert, mais de toutes façons, vu où nous habitons, ce ne serait pas possible.

Le plus frustrant vraiment est de ne pas pouvoir applaudir à la fin des morceaux.

La chanteuse, c'était Lisa Bassenge, elle jouait et nous parlait en direct de Halle, Allemagne, où se déroule d'habitude à cette époque de l'année un festival de chanteuses de jazz. J'ai presque tout compris à ce qu'elle disait, et ce qu'elle chantait était en anglais.

Je vous offre le lien, apparemment vous pouvez l'écouter en différé. La parlotte de présentation au début ne dure pas longtemps !

https://www.womeninjazz.de/event.php?id=1012

Si vous cliquez sur l'icône en haut à gauche, vous aurez sur la droite de la page la liste des artistes avec les jours et heures de leurs concerts. N'hésitez pas, en direct ou en différé, c'est gratuit.

Une autre année, j'irai peut-être en Allemagne pour assister au festival.

7b078c9c378547a1a58aad4ff2268bee.jpg

*M. Scott Peck

samedi, 08 mai 2021

“Un pessimiste, c'est un optimiste qui a beaucoup d'expérience.” *

L’extérieur influence mon intérieur. Ce que j’entends et ce que je vois m’usent. Surtout quand les contradictions et les mensonges affluent. Même la météo nous ment ! Pourquoi nous annoncer un superbe weekend, et confirmer ce matin qu’il va faire 31 ° alors qu’il fait gris et frisquet ?

Mes jours se suivent, se ressemblent. Mes projets n’arrivent pas toujours à me booster. Mon corps me dit non. Tous les soirs, depuis le vaccin, j’ai de la fièvre. Et puis j’ai mal aux hanches. Et hier et ce matin un mal de tête s’est invité.

J’ai des choses à faire : une peinture à finir, une tarte à la rhubarbe, des coups de fil à passer. Mais je déteste toujours autant le téléphone. Bon, allez, j’ai envie d’être positive. De quoi pourrais-je parler ?

J’ai trouvé un site de produit bio sympa, pas trop cher, j’ai réussi à y trouver un cadeau d’anniversaire pour ma petite filleule de cœur qui a bientôt 26 ans !  Depuis deux ans, je ne peux plus envisager de lui offrir une journée à Paris, comme je le faisais quand elle était petite.

Des bébés naissent autour de moi, de parents que j’ai câlinés, portés, nourris, habillés, quand ils étaient bébés eux-mêmes. C’est très émouvant. Je ne serai jamais grand-mère, ben non, pour ça il faut avoir été mère, mais j’existerai pour eux.

Heureusement qu’il y a internet, je peux quand même faire du shopping et rêver de faire plaisir.

Demain, je marcherai. Je marcherai combativement, dans l’engagement. Deux marches se retrouveront car aucune cause ne peut exister sans les autres. Le climat et la culture. Le weekend dernier j’ai manifesté pour lutter contre la suppression des droits des travailleurs. Et le weekend précédent, je me suis rassemblée avec beaucoup de gens de ma ville sidérés et révoltés par le meurtre sordide d’une femme trans. Quand pourrai-je avoir un weekend tranquille où je ne me sente pas obligée d’aller crier ma colère ? Quand les décideurs cesseront ils d’être sourds ?

Les gens disent « vivement qu’on ressorte, qu’on revive normalement ! »

Pourquoi je n’arrive pas à y croire ?

Vive la Vie, blog de femme, femme, vie, quotidien, avenir

 

* Oscar Wilde

mercredi, 21 avril 2021

"Mon projet préféré ? C'est le prochain." *

Envie d’écrire, mais sur quoi ?

Tout ce que je fais ces temps-ci me semble si peu intéressant.

Ah, si !

marche fleurie 21.04.21.jpg

Dimanche je suis allée danser (comme je pouvais avec ma cheville) devant le théâtre de ma ville. Des artistes, intermittents techniciens, spectateurs potentiels, étaient venus des trois villes du coin. Il faisait beau, la plupart des gens avaient un masque, les distances étaient gardées, mais c’était très sympa quand même, bien que sans grand espoir de voir le gouvernement prendre en compte ce secteur de notre société. Roselyne a été hospitalisée, apparemment elle allait mieux, mais depuis, on ne l’entend plus.

Peut-être le virus s’est il attaqué à ses cordes vocales ?

Pour aller retrouver cet événement politico-festif j’ai pris mes pieds. 6 kilomètres aller/retour. C’est à peu près la distance que je parcours quand je fais ma séance de « sport ». 6 à 7 km. J’espère pouvoir faire plus cet été. Je bosse comme une folle chez le kiné et je sens la force revenir dans mon mollet.

Cet été, à la fois si proche et si loin. Que vais-je en faire ? Des amis nous ont proposé une maison à Saint-Malo début juillet, et ça nous tente bien. Mais je rêve aussi de repartir en Grande-Bretagne. La question, aurai-je été vaccinée d’ici là ? Maintenant que je coche bien les cases, je n’arrive pas à obtenir un rendez-vous…

Envie d’écrire donc, d’inventer, mais encore faut-il être inspirée. Du coup, je me suis inscrite à un atelier d’écriture, qui j’espère ne sera pas annulé, en septembre en Ardèche. Mon coin préféré de France. Quelle chance ! La fin d’été là-bas, je n’ai jamais eu la chance de vivre ça. En plus ça me donnera l’occasion de revoir quelques amis, qui me manquent malgré le téléphone, les visio, et autres moyens de communication à la mode.

antraigue-800x445.jpg

L’Ardèche, c’est des paysages, des sensations, des odeurs. J’espère que mon odorat aura récupéré d’ici là.

* Frank Lloyd Wright

vendredi, 09 octobre 2020

Les couleurs sont les touches d'un clavier, ... *

J’ai repris mon cours de peinture. Mesures Covid évidemment ! Le moins bien : un sens des déplacements a été imposé, ce qui fait qu’à chaque fois qu’on doit aller changer l’eau de son pot ou se laver les mains, on doit faire un détour autour de la salle en passant par l’extérieur. Les élèves, en tout cas lors de cette première séance, derrière leurs masques et aux places indiquées par des autocollants bleu, ont été très statiques. Cela retire un peu de convivialité. Les consignes du prof sont plus difficiles à entendre aussi.

Mais il y a des avantages ! au lieu de la quarantaine ou plus d’élèves des autres années, nous ne sommes que 22 et cela ne devrait pas augmenter. Quel calme ! quel confort ! On a de l’espace, on voit bien tout le monde et le sujet que l’on a à peindre. Et les gens sont plus calmes aussi.

Bref, pour l’instant, je suis ravie de la manière dont mon cours se présente. Et même si je dois limiter le matériel que j’emporte car j’y vais avec mes pieds + le tram, et que ce tram ne me rassure pas, car passé 20h les gens ne portent pas tous un masque, en tout cas correctement, je vais m’y tenir et aller travailler sérieusement ma peinture.

Première séance : cercle chromatique. Dans ma vie, j’ai dû faire cet exercice au moins 6 fois, mais de six manières différentes. Alors, ça ne me dérange pas. Il faut réviser, et que les bases deviennent des réflexes.

La semaine prochaine, on travaillera sur le monochrome. Cela me rend impatiente. Si, si !

cercle chromatique.jpg

*...les yeux sont les marteaux, et l'âme est le piano lui-même, aux cordes nombreuses, qui entrent en vibration.

Wassily Kandinsky

jeudi, 01 octobre 2020

Happy Retirement to me !

Cette nuit à 0h01 je suis devenue retraitée. C'est-à-dire libre, légère. Je vais pouvoir écrire, dessiner, peindre, marcher, voyager, cuisiner, jouer, rêver, rencontrer, bavarder, fêter, magasiner... Sans culpabiliser parce que mes copies ne sont pas corrigées, mon cours pas prêt. Sans me demander soudain si je n'ai pas oublié quelque chose. Evidemment en raison des circonstances actuelles, il y a des limites à ma liberté. Voyager, sauf si la Covid m'arrête. Marcher, dans les limites où ma cheville le supporte. Mais la légèreté, je vous assure, je la sens déjà.

Samedi, j'organise un petit apéritif pour les happy few qui braveront le virus. Mais nous serons 9. J'ai besoin de voir mes amis, de leur dire que je vais bien. J'ai commencé à cuisiner. Tout en regardant une série sur Prime Vidéo. En anglais bien sûr. Ce matin, des amis m'ont emmenée faire des courses, car je ne conduis pas encore et ADMV prend la voiture pendant la semaine. En revenant, je leur ai proposé un thé, qu'on a bu tranquillement, en bavardant. J'ai le temps, le droit de traîner ! J'adore.

IMG_20200927_154207.jpg

 

 

mardi, 28 juillet 2020

« Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours »*

Etant chez moi en permanence, ne me déplaçant que de 20 ou 30 mètres maximum à chaque fois, égayant mes déplacements de manœuvres diverses, mais me fatiguant plus qu'on ne peut imaginer à chaque fois, il faut dire qu'il fait chaud, j'opte le plus souvent pour le statisme. Sur mon fauteuil ou assise sur mon lit et utilisant mon ordinateur, je peux difficilement manquer une nouvelle. C'est assez déprimant, car que ce soit dans mon entourage concret ou dans les personnes connues qui font l'actualité, il y a beaucoup de décès. Aujourd'hui, il s'agit de Gisèle Halimi. Comme a dit son fils, elle a eu une "belle vie". Je suppose qu'il entend par là qu'elle a eu une vie active, bien remplie et assez longue pour lui permettre d'accomplir quelques rêves, ambitions, et de mener à bien quelques combats qui la passionnaient. Elle a effectivement fait avancer la cause des femmes, mais je ne peux m'empêcher de penser que ces dernières années, elle étaient sans doute déçue du retour en arrière sur certains droits qui semblaient acquis pour de bon et dans l'évolution du machisme, qui semble indestructible. D'autres femmes se sont battues sur ce terrain et je suis devenue adulte en les lisant, en les écoutant et en essayant d'appliquer à ma vie ce qu'elles m'enseignaient : Benoîte Groult, Françoise Giroud, Evelyne Le Garrec, et d'autres encore moins connues. Je leur rend hommage à toutes aujourd'hui. Bravo et merci à toutes ces femmes qui ont permis à d'autres d'être libres de choisir leur vie. Et courage à celles qui ont encore à se battre, et qui le font bien, à la manière de ce 21ème siècle que j'ai tant de mal à accepter comme le mien.

A lire : 

https://curiosity-club.co/media/je-suis-gisele-halimi/

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/22/gisele-...

 

*Benoîte Groult

vive la vie,blog de femme,femme,féminisme,halimi

unnamed.jpg

bienne_gisele-L_TURBET.jpg

image.jpg

Groult-Benoite_Pelletier.jpg

Simone-Veil-16-septembre-1976_0_729_486.jpg

gisele-halimi-370x460.jpgevelyne sullerot.jpg

300x300_043_ban_arp4184483hdf.jpg

mardi, 14 juillet 2020

Etre enseignant, ce n'est pas un choix de carrière, c'est un choix de vie. *

Je suis presque en retraite ! Officiellement le 1er octobre, mais je ne ferai plus jamais cours. En général, un jour on se dit "aujourd'hui, là, avec cette classe, c'est mon dernier cours." L'an dernier, nous avions même fait la surprise à un ami, d'être là, environ 15 personnes parmi les profs et autres membres du personnel du lycée et de lui chanter avec ses élèves quelques chants révolutionnaires qui lui allaient bien. Je ne sais pas ce qu'on ressent à ce moment-là, et je ne le saurai jamais. Aujourd'hui, je sais que mon dernier cours a eu lieu le vendredi 13 mars, de 13 à 15 h. Il ne devait pas avoir lieu, car mes étudiants de BTS allaient intervenir dans un collège dans un projet commun. Je me réjouissais déjà d'avoir exceptionnellement mon après-midi libérée. Cependant j'étais aussi dans un état d'esprit étrange, puisque pour la première fois dans mes 37 années de carrière, le ministre avait annoncé la veille au soir que tous les établissements scolaires allaient être fermés dès le lundi pour une durée indéterminée. en arrivant au lycée à 8h30 le matin, j'ai appris que finalement, mes étudiants n'allaient pas travailler au collège, et donc, j'avais cours avec eux l'après-midi. Je n'avais rien préparé, aucun matériel, j'ai improvisé. On a regardé quelques vidéos sur le land art, le thème sur lequel nous étions en train de travailler. Puis, nous avons répondu à quelques quiz sur le thème de l'art et du design. J'étais fatiguée, très fatiguée. Je ne pense pas avoir été très dynamique. Je me disais "Je ne sais pas quand je les reverrai." En fait, je ne les ai jamais revus. On s'est écrit, puis souhaité de bonnes vacances. 

A présent je suis immobilisée jusqu'au 18 août et ensuite je commencerai une rééducation sans doute intensive, et au 1er septembre, je ne serai sans doute pas capable de reprendre le travail. De toutes façons, je n'aurai plus de classes. Je serai officiellement "en surnombre" à disposition du lycée, qui n'aura sans doute rien à me demander. Le mois de septembre n'est pas le plus surchargé. Ah, en mars ! j'aurais sûrement été utile à quelqu'un. Tout le monde court et essaie de tenir les délais, en mars.

Voilà, c'était mon dernier cours, et je ne m'en suis pas rendu compte.

mariane-drapée-bbr-627x376.jpg

super power.jpg

*François Mitterrand  (Je l'ai sans doute cru, en 1983 quand j'ai passé le CAPES.)

vendredi, 08 mai 2020

Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois *

J'ai envie de vous présenter un livre. Il a 73 ans. Au début il n'existait pas. Mais deux frère et sœur sans enfant, dont je pourrais vous raconter l'histoire un jour, Fernand et Alice, donnaient leur amour à leurs petits-neveux et nièces en leur offrant des vacances, des moments heureux dans un jardin, et des lectures. La revue Lisette fut achetée toutes les semaines, puis les numéros furent reliés pour en faire un livre. Fernand, ancien ingénieur, était en retraite, avait vécu deux guerres, et voulait toujours apprendre plus. Malgré tout cela, il n'avait pas perdu son optimisme, sa foi en l'humanité, le modernisme, l'avenir. Un relieur qui avait sa boutique pas loin lui a appris la technique. C'est ainsi que mon grenier est plein de livres divers, de plus ou moins grand intérêt, mais merveilleusement reliés. Cet "album de Lisette", comme je l'appelais enfant, a fait mon bonheur. J'ai tout lu, en négligeant sans doute un peu trop les pages couture et tricot. Aujourd'hui, en période de confinement, je le regrette. Sinon, oui, j'ai tout lu. J'y ai acquis autant de principes moraux de base que d'esprit critique. Car oui, certains textes me faisaient sourire, ou bondir, mais j'y puisais ce qu'il y avait d'émotion et de nostalgie universelle. Et savoir que ma mère avait feuilleté ces pages, sans les abîmer du tout, donnait à cette lecture encore plus de valeur. Je pense que je vais relire le roman-feuilleton "Nicole au Pays des Dollars", et me demande quelle idéologie il véhiculait !

 

IMG_20200508_105131.jpg

IMG_20200508_105101.jpg

IMG_20200508_105041.jpg

* Pierre Dumayet

 

samedi, 25 avril 2020

Avec le confinement, tout est à retardement.

Le confinement est une étrange expérience. Je ne sais pas si c’est dû à mon âge, ou si cela fait la même chose à beaucoup de monde, mais j’ai l’impression que cela me fait assister à ma transformation. Je me vois vieillir. Je me demande si je vais savoir ressortir, remarcher, re-rencontrer du monde et avoir envie de parler. Je m’habitue bien à ne plus être entourée au quotidien de gens dont la plupart ne représentaient pas grand-chose pour moi. Je parle de mon boulot. Mes collègues, sympathiques dans l’ensemble par ailleurs, mes élèves, à qui je souhaite le meilleur pour l’avenir. Mais ne plus les voir ne me manquera pas.

Non, le confinement fait ressortir l’essentiel. Ma famille. Mes amis. Des personnes âgées que je ne reverrai peut-être pas. Un ami est en train de perdre son père qui est en maison de retraite. Une autre, sa maman qui, elle, a la chance d’être chez elle avec son mari. Mais dans les deux cas, je ne les reverrai pas, car je n’ai pas un lien de famille directe avec eux. Vraisemblablement, je ne serai même pas aux obsèques.

Le plus dur dans tout cela, c’est de ne pas pouvoir être présente auprès de mes amis. J’apprends les nouvelles par téléphone, par sms, par mail ou par lettre. Est-ce que cela rend les mauvaises nouvelles plus acceptables, moins traumatisantes ? En tout cas, je peux réagir seule, à distance, et continuer mon confinement. Je n’interromps pas ma vie, comme je l’aurais fait en temps normal, pour rendre visite, serrer dans mes bras, prendre le temps de veiller avec quelqu’un. Le nombre des mauvaises nouvelles a augmenté, et pourtant la douleur étant en mots, mais pas en actes, elle semble me toucher moins. Mais est-ce que ça ne sera pas une explosion d’émotion, de tristesse, de douleur, quand je reverrai en même temps ou presque tous ces gens que j’aime et qui ont perdu, ou sont en train de perdre quelqu’un d’important ?

Ma colère aussi va exploser à retardement. Je ne sais pas comment. Mais tout ce que je lis et entends de la part des gens de pouvoir et d’argent, s’accumule et me rend comme insensible, tellement il y a d’injustices, d’inepties, de violences, dont je suis témoin à distance, mais contre lesquelles je ne peux pas réagir. Pas encore.

 

https://www.amesauvage.com/blog/achat-tableau-n391

achat tableau moderne

mercredi, 08 avril 2020

“Il faut croire que la plus grande inconscience de l’homme, c’est celle de sa propre vie.”*

 

AIRE DE PIQUE NIQUE LE PONT DES BUTTES, BRISSAC LOIRE AUBANCE

Confinement Jour 23

On a d’abord su que les écoles, collèges et lycées fermaient. C’était tellement étrange, inédit, qu’on ne savait pas si l’on devait s’en réjouir ou pas. Evidemment cela signifiait que l’épidémie de Coronavirus devait être grave. On entendait parler de ce qui se passait en Italie, en Alsace, mais sur place, encore rien. D’un autre côté, j’étais prête à exercer mon droit de retrait, et cette annonce de fermeture simplifiait tout. Pas de certificat médical à demander à mon médecin, pas de courrier à faire au médecin de prévention. Dans le weekend, on a fait des courses, comme tout le monde, mais peut-être mois que d’autres, car ADMV qui est prévoyante, avait déjà fait des provisions de produits de base au fur et à mesure qu’elle lisait la presse. Elle était rentrée de son boulot en région parisienne fatiguée, et toussant depuis le mercredi. Moi, j’allais bien, et puis elle est fragile côté ORL, tousse souvent, donc je ne me suis pas inquiétée plus que ça. Mais ça évoluait bizarrement. Une bonne gastro, de la fièvre. Moi, toujours rien. Sauf le lundi soir, de la fièvre aussi. Mal à la tête. On avait déjà décidé depuis le weekend précédent de dormir et se laver chacune à un étage, pour que si l’une était contaminée, l’autre puisse éviter de l’être aussi. Au lycée je passais mon temps à me laver les mains entre chaque cours, depuis dix jours au moins. Le mercredi, elle allait vraiment mal, alors le jeudi elle a obtenu un RV chez son médecin, et est revenue avec un papier la décrivant comme « symptomatique ». On a encore fait plus attention. Ses symptômes se sont aggravés. Toujours fièvre, maux de tête, douleurs dans le dos et les jambes, et puis elle avait perdu l’odorat et le goût. Tout m’est arrivé pareil, à chaque fois 4 jours plus tard. J’ai parlé à mon médecin. Oui, j’étais sûrement contaminée aussi. Pas d’arrêt de travail, je ne voulais perdre ma journée de carence. Pas de test, on ne serait testées que si on était hospitalisées pour essoufflement grave et problème pulmonaire. Pas de traitement. Prendre un peu de doliprane, mais pas trop, car le corps doit se défendre seul et on doit savoir où on en est côté fièvre. Bref, 21 jours pour ADMV, 17 jours pour moi ! Des symptômes variés qui s'enchaînent de manière étonnante. On va mieux. On n’est pas dans les statistiques. On espère ne plus être contagieuses et immunisées, mais les infos sont vagues et contradictoires. On n’est pas sorties pendant tout ce temps, sauf chez le médecin et à la pharmacie. Et hier, première sortie « courses », masquée, parce qu’on ne sait jamais. Autour de nous c’est un peu l’angoisse. Des membres de ma famille sont en Ehpad, d’autres attendent des opérations pour des maladies graves, d’autres bossent en hôpital et risquent leur vie. Et nous, après avoir beaucoup angoissé, on se sent beaucoup mieux, comme guéries, protégées dans notre maison, qu’on se sent privilégiées d’avoir, avec son jardin. Il fait beau. Je bosse, mais c’est plutôt moins fatigant que la classe en vrai. Parfois on oublie presque le monde extérieur. Je vis dans un quartier où les gens respectent assez bien le confinement. Mais je vois des images de rues et de villes où les gens se comportent comme des inconscients. J’ai lu un titre d’article qui parlait d’un « suicide collectif », mais ce n’est pas que ça, c’est aussi un « meurtre collectif ». Et puis il y a des confinés qui craquent, de tous âges. J’appelle régulièrement mes copines célibataires. On a la chance d’être deux. Pour se soigner c’était plus facile aussi.  J’espère que vous allez bien, mes lecteurs.trices.  D’écrire tout ça m’a fait du bien. Je n’arrive pas à être drôle. Désolée.

A midi, on a fait un pique-nique au soleil, accompagnées par le chant des oiseaux et les bourdonnements des insectes. C’était tellement bien !

* Marc Levy

lundi, 24 février 2020

Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique. *

La fin de février annonce le printemps. Enfin ! Jamais hiver n'aura paru si long. Peu de lumière, peu de froid, pas de neige, beaucoup de virus. Malade 3 semaines en décembre, mal remise jusqu'au 13 février, malade de nouveau. Pour nuire à mon optimisme et à celui d'ADMV qui est encore plus malade que moi depuis largement aussi longtemps, les média ne parlent que du coronavirus. On a beau savoir que jusqu'ici il a surtout fait mourir les personnes très âgées et/ou souffrant de quelque chose de bien plus grave, c'est anxiogène. Dans les lieux publics où nous toussons, les gens nous regardent méchamment et méfiamment. (ce deuxième mot n'existe pas, mais est à propos.) J'ai beau savoir que les personnes asiatiques sont l'objet d'un raciste silencieux mais ostensible, cela ne me console pas. Cette santé bancale depuis presque 10 semaines m'aura fait tester l'enseignement sans entendre. Cela amplifie les bruits de fond en brouillard sonore assez désagréable, cela transforme ma voix comme si j'avais un mégaphone intérieur et pour ne pas passer pour une idiote, j'évite de faire répéter mes élèves, ce qui me rend très "bienveillant" quant à l'évaluation des prestations à l'oral de mes élèves. Je vais terminer cette carrière en étant très populaire ! J'ai voulu consulter mon ORL, mais les rendez-vous ne se prennent que le premier lundi du mois. Je n'ai su cela que le mardi 2 février. A 24 heures près, j'ai repoussé ma consultation d'un mois. Mon rhume le plus récent a contribué bizarrement à débloquer quelque peu mon oreille droite. Mais j'ai encore quelques acouphènes persistants. 

vive la vie,blog de femme,vie,vacances

Loin de ma tête, mon entorse de la cheville, qui date du 28 octobre, me handicape pas mal et rend toute activité pénible, sauf si c'est une activité assise. Je suis donc allée au cinéma où j'ai vu "Deux". Un sujet qui m'a beaucoup parlé, car à quelques années près, j'aurais pu être amenée à vivre ça. Mais heureusement la loi a rendu ma vie privée plus acceptable et visible surtout par mon entourage. C'est bien qu'il y ait des films qui abordent l'invisibilité de l'homosexualité, mais j'aurais aimé plus d'émotion. 

J'ai lu aussi, dans mon beau fauteuil, cadeau de noël d'ADMV. Le Lambeau, de Philippe Lançon et parallèlement Semeuses de Rire, raconté par une clowne que je connais bien. Deux émotions différentes, mais des émotions vraies. 

Je suis allée une fois à la piscine. Se déplacer sans glisser est un peu un parcours du combattant, mais une fois dans l'eau, j'adore. 

Et pour essayer de régler mon problème de cheville qui ne peut plus fonctionner normalement, j'ai démarré un traitement d'ondes de choc. Ca fait mal, mais ça fait du bien là où ça fait mal. Tiens, ça me rappelle une pub. J'espère que ça marchera aussi bien qu'il y a 6 ans. Achille m'en veut ! 

onde de choc.jpg

On a commencé à regarder une série dystopique sur le thème "et si les nazis avaient gagné la guerre...", Le Maître du Haut Château. C'est extrêmement bien fait, mais extrêmement flippant. Après le premier épisode, j'ai rêvé que la police venait m'arrêter car j'avais intitulé un dossier sur mon ordinateur "Affaires Sensibles". 

Voilà ce que j'ai fait de mes vacances, pour l'instant. Cette semaine, je mange au resto avec une amie et je passe une journée à Paris. Le motif principal étant que j'ai oublié mes clés dans un musée où je suis allée le weekend dernier. Quand on n'a pas de tête, il faut avoir une carte "senior" ! Ma prochaine note sera peut-être sur mes aventures parisiennes.

* Jean-Paul Sartre

mardi, 20 août 2019

A propos de Frédérique Bonnal / "Je suis curieuse des gens. C'est l'essence même de mon jeu d'actrice..."*

Il y a bien longtemps, après avoir eu mon concours, j'ai pu suivre une formation professionnelle dans ce qu'on appelait à l'époque le CPR. En plus de nos heures de pratique, 9 heures devant les élèves, nous avions une journée de formation théorique par semaine. Nous avons eu droit en plus à deux stages de 5 jours me semble-t-il dans deux spécialités que nous pouvions choisir. J'avais opté pour informatique et théâtre.

Le premier stage m'a vue essayer de comprendre ce qu'était un ordinateur et ce qu'on pouvait bien en faire dans notre métier. C'était assez complexe pour deux raisons. La première, c'est que nous travaillions sur des TO5 ou autre dinosaure et on ne nous enseignait que de la programmation, largement trop dur pour moi, et largement inutile comme la suite me l'a prouvé. La deuxième cause de difficulté pour moi était de jouer le moindre rôle dans cette formation, vu qu'on nous avait imposé des binômes et que le mien, prof de physique, pensait tout savoir et ne me laissait rien faire.

Le deuxième stage fut une réussite complète. Il était animé par une actrice, Frédérique Bonnal, qui nous a permis avec talent, humanité, pédagogie, intelligence, et j'en passe, à nous exprimer clairement, à nous mouvoir devant un public, à trouver notre place dans un groupe, à travailler sur nos émotions intérieures pour savoir les maîtriser à l'extérieur. Je me souviens de ces 5 journées avec un bonheur immense. Frédérique Bonnal nous avait aussi parler de son métier, de cet accent du midi qui lui faisait trouver des rôles, du dernier téléfilm qu'elle avait tourné avec Jacques Dufilho, de Jacques Dufilho, de sa passion pour son métier. 

Plus tard, je l'ai découverte dans le film de Guédiguian Marius et Jeannette, puis dans presque tous les films de Guédiguian. Des rôles plus ou moins importants, mais toujours justes. Et j'étais contente de la recroiser, même si elle ne s'en apercevait pas. 

Récemment j'ai pensé à elle, comme souvent, et me suis dit qu'avec internet, je pourrais peut-être la joindre, sur facebook par exemple. J'aurais aimé lui dire combien elle m'a apporté, alors que je n'étais qu'une jeune prof, assez timide, vite dépassée par les émotions.

Mais je ne pourrai pas. Elle est décédée le 29 juillet 2017. Elle était née en 1953. Je ne me souviens pas d'un hommage à la télé, ni même d'une annonce au 20 heures. Alors, ici, je veux lui rendre hommage. Elle n'a pas forcément fait une grande carrière, brillé dans les magazines ni à la télé, mais elle était une excellente actrice, et une femme généreuse, ouverte, et qui savait partager sa passion. Sur internet, on trouve peu de choses à son sujet, mais les messages laissés sur le site du CNSAD disent combien elle mérite qu'on se souvienne d'elle. http://www.rueduconservatoire.fr/article/6014/deces/frede...

149265-32082-0.jpg

image-original.jpg

*"... Ca m'intéresse de savoir ce que ça ferait d'être vous." Meryl Streep

jeudi, 01 août 2019

“Islands are metaphors of the heart, no matter what poet says otherwise.” *

 

J'ai rencontré une île. Mull. En Ecosse. Des amis anglais m'en avaient parlé, j'en ai rêvé pendant pas mal d'années, et cette année je me suis décidée. 

ukmap.gif

L'Ecosse est bien plus loin que beaucoup de gens s'imaginent. A partir de Glasgow, les kilomètres annoncés peuvent être doublés en temps, à cause des méandres de la route, des routes à deux voies simplement, très chargées, du temps (je veux dire la météo) qui parfois rend la circulation humide et glissante et des paysages qu'on a envie de regarder où que l'on passe. J'ai donc voulu nous épargner de circuler de Douvres au nord de l'Angleterre et d'entrer tout de suite dans le vif du sujet en voyageant de Zeebruge à Hull en bateau, de nuit. C'est comme une mini croisière, qui nous évite de conduire 564 miles (908 kilomètres). 

y1.jpg

A Oban nous avons repris un petit ferry pour une traversée de 45 minutes maximum, et nous sommes arrivées à Craignure (oui, drôle de nom) sous la pluie, mais même sous les cordes, l'île nous a tout de suite conquises. Pendant 5 jours nous avons parcouru toutes ses routes, oui toutes, et avons foulé ses chemins, son herbe rase agréable comme un tapis, croisé ses moutons qui paissent en liberté, ses vaches dont les troupeaux peuvent nous surprendre sur des voies très escarpées. 

IMG_20190725_182558.jpg

IMG_20190723_170147.jpg

IMG_20190723_115537.jpg

IMG_20190723_141037.jpg

Nous avons visité quelques lieux historiques, mais surtout nous avons donné à nos yeux de la beauté et de l'immensité. Non stop ! 

Je vous conseille ce lieu pour des vacances reposantes, inspirantes. Emportez avec vous jumelles, cartes d'état-major (Ordnance Survey en anglais), de bonnes chaussures imperméables et un ciré, mais aussi des vêtements légers, car il ne fait jamais froid. On nous avait parlé des midges, nuées de moucherons, mais ils nous ont épargnées. 

Mais n'hésitez pas, c'est un lieu de rêve. Les gens y sont très cools, la circulation sur routes à une voie se fait avec beaucoup de politesse et de respect, quel que soit la taille de votre véhicule. On n'y trouve pas beaucoup de magasins, mais quelques pubs, cafés, hôtels où l'on mange bien, ainsi que les "cafés" et salons de thé où les sandwiches du midi sont délicieux, et pas trop coûteux. Vous pouvez opter pour le gîte, mais emportez quelques provisions ! 

Le reste de l'Ecosse vaut la peine aussi. Nous avons séjourné dans les Borders, moins touristique apparemment que le nord du pays, mais très beau aussi pourtant, et où les châteaux et bières sont abondants. Et nous avons terminé par Glasgow, ville très intéressante où nous avons été conquises par le musée et par un resto indien, qui fait oublier tous ceux que j'ai testés en France. 

IMG_20190728_123319.jpg

IMG_20190728_181529.jpg

*Jeanette Winterson, Sexing the Cherry

mercredi, 12 juin 2019

"Il regarda l'eau, onduleuse et gonflée avec des fluorescences d'opale." (Sartre)

Nous avions bien choisi notre weekend. Nous avons pu profiter pendant 4 jours d'une région merveilleuse. D'habitude, quand je passe par Calais, je traverse la Manche, et je pars parler anglais. Là, je suis restée. J'ai profité des grandes plages où l'on peut marcher des heures et avoir l'impression d'être seules, malgré l'affluence des touristes. J'ai profité des bons petits restos et leurs recettes encore locales et non globalisées. Et les balades le long des falaises d'un nez à l'autre font agréablement brûler les calories. En plus, nous avions trouvé une chambre d'hôtes géniale, pas vraiment bon marché, mais qui le vaut bien. Le petit déjeuner et l'ambiance cosy au milieu des fleurs m'ont enchantée. Je peux encore me payer ce luxe, on verra dans quelques mois quand je serai retraitée. Mais alors, j'aurai moins besoin de repos et d'oubli de la réalité stressante, enfin j'espère. 

Vous voulez profiter de tous ces moments, un peu, virtuellement ? Cadeau, mes photos !

IMG_20190531_221800.jpgIMG_20190601_214401.jpg

 


IMG_20190602_112515.jpgIMG_20190601_113022.jpgIMG_20190531_212335.jpg
IMG_20190530_200111.jpg
IMG_20190530_213809.jpgIMG_20190531_115006.jpgIMG_20190530_152031.jpgIMG_20190530_162549.jpg

mercredi, 08 mai 2019

“Seul l'humain peut avoir conscience de la perte de l'humain.” *

De mars à mai, on est arrivé au printemps. Ca ne se voit pas, et tous ceux qui se plaignaient l’an dernier qu’il faisait trop beau sont contents. Perso, je n’ai pas de pont, sauf pour l’Ascension, alors, il n’y a que pour ce weekend charnière entre mai et juin, entre cours et examens, que j’espère le soleil. Nous avons réservé un séjour sur la Côte d’Opale,  entre Boulogne et Calais, car finalement, bien que je passe très souvent dans le coin quand je vais en Grande-Bretagne, je ne connais pas la région, cet endroit précis de la côte. Depuis que j’ai réservé, internet me fait rêver. Nous passerons 4 jours là-bas, de quoi faire beaucoup de découvertes, et vraiment décompresser.

J’en ai besoin. Au lycée, le rythme s’accélère. La direction fait comme si on allait rentrer les notes sur pro-notes, comme si on n’allait pas faire grève le premier jour du bac, comme si on adorait l’éducation nationale, comme si les profs principaux avaient fait semblant de démissionner, comme si notre ministre était un homme appréciable.

J’ai réalisé récemment que mes années de tutorat de jeunes profs ne seraient pas prises en compte pour mon éventuelle promotion à la « Classe Exceptionnelle », car j’ai été tutrice 5 ans, et conseillère pédagogique pendant une dizaine d’années, mais il faut au moins 8 ans de tutorat. Voilà, c’est comme ça. Quand tu acceptes ce rôle, on ne te dit pas que ça comptera un jour pour ton « évaluation », tu le fais parce que tu penses qu’être utile à des jeunes, c’est bien, et ces mois de travail et de concertation, sont stimulants pour eux comme pour nous. Un jour un ministre (très humain) décide de faire travailler les stagiaires débutants 18 heures par semaine, comme un prof certifié, 12 h de cours, tout en leur imposant des heures d’IUFM, et des rapports à rendre, alors, tu décides de refuser, en conscience, pour ne pas jouer le jeu d’une administration prête à exploiter les stagiaires. Ensuite, la loi change, mais on ne te recontacte pas, sauf pour recevoir des étudiants en master, dans tes classes, mais qui ne comptent pas pour ton avancement de carrière. Evidemment, ça, on ne te le dit pas.

Résultat de recherche d'images pour "métier de prof"

J’ai eu confirmation aussi que ma retraite allait être ridicule, à cause de ma décote de 4 ans et demi, due à mon BTS et mon année en GB. J’avais qu’à pas glander à m'instruire et me former.

Blanquer fait semblant d’annoncer une augmentation, pour qu’on n’aille pas dans la rue demain. Du coup, j’irai.

Je lis les posts du Prof de l’Etre et d’autres pages qui étaient drôles, au début, sur facebook. Ça me remontait le moral, avant. Mais là, je suis triste, rien qu’à la pensée de ce que je vais quitter et laisser à mes jeunes et moins jeunes collègues. Surtout, si vous passez par ici, lisez ceci : Si vous êtes étudiants, et souhaitez devenir enseignants, si vous avez un métier et que vous pensiez à une reconversion vers l’enseignement, surtout ne le faites pas. Trouvez une autre idée.

J’ai créé ce blog, enfin son ancêtre, en 2006, pour parler à des jeunes profs qui en bavaient, et leur dire que si, le boulot pouvait être chouette avec un peu d’ancienneté. Je m’en veux, car ce n’est pas vrai. Ce n’est plus vrai. Aujourd’hui, jeunes, vieux, au moins, il y a égalité de traitement, le mépris.

Sinon, ça n'a rien à voir. Mais le harcèlement, la violence, ne commencent pas toujours avec la vie adulte. J'ai vu cette vidéo tout à  l'heure, et cela m'a émue. Pas seulement parce que je l'ai croisé en 2003, mais sûrement encore plus à cause de cela. J'avais senti qu'il ne se livrait pas, qu'il avait un masque d'acteur en permanence, même hors caméra. Maintenant, je comprends qu'il se protégeait.

  

Edward Bond

lundi, 04 mars 2019

Le travail, c'est la santé, rien faire, c'est la conserver.*

C’est le mois de mars. Un air de printemps, une lumière différente, oui, on y est. Ça ne me donne malheureusement pas vraiment envie de bosser. Envie ou pas, je croule sous les copies et autres pensums, donc je m’exécute.

De plus notre grand chef, Blanc qu'erre, n’en finit pas de nous agresser, de rendre notre boulot insupportable, ses sous-fifres (qu’il ne doit par ailleurs pas ménager non plus) font leur possible pour faire appliquer sa politique inhumaine.Récemment un collègue m’a fait remarquer que les media ne parlent jamais des suicides dans l’éducation nationale. C’est vrai. La police, Orange, la SNCF… Les entreprises ou corps de métiers ne manquent pas où mourir est moins dur que travailler. Mais l’éducation nationale, on n’en parle pas. Pour tout le monde nous sommes ceux qui bossent 18 heures par semaines et sont toujours en vacances, pourquoi voudrions-nous en finir. Pourtant, autour de moi, je vois des gens qui souffrent, qui sont au bout du bout, et ça me fait peur, car certains ne sont ni vieux comme moi, ni jeunes et sans défenses. Non, ce sont des quarantenaires, qui ont de l’expérience, ont ou avaient encore des projets, et ont une vie privée remplie.

Vive la Vie, blog de femme, femme, prof, education nationale, épuisement psychologique

Je ne suis pas la seule à m’inquiéter de l’état psychologique de mes collègues, peut-être parce qu’en 35 ans de carrière, j’ai dû par deux fois prendre des antidépresseurs pendant 2 ans et demi, et la dernière fois, j’ai vraiment frisé le burn-out, à cause de la réforme des langues vivantes en lycée.

Le mépris, la surcharge des responsabilités, les changements dans les ordres donnés en permanence, le fait de passer pour des cons aux yeux de nos élèves, tout cela m’avait fait craquer. A chaque fois, j’ai pris les comprimés magiques, avant l’effondrement, mais tout le monde ne le fait pas. J’ai trouvé plusieurs blogs à ce sujet, mais peu de documents officiels.

https://mobbingdock.wordpress.com/2016/06/28/suicides-dan...

Plus ancien :

https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2011/10/22/...

Il y a même eu des questions au Sénat sur notre suivi médical : https://www.senat.fr/questions/base/2015/qSEQ151018322.html

La réponse dit que « les agents qui le souhaitent peuvent avoir une visite médicale ». En 35 ans, je n’en ai jamais entendu parler. On ne m’a jamais dit que je pouvais voir un médecin. Et l’initiative d’aller voir ce médecin spontanément ressemble tellement à un aveu de faiblesse, que peu de gens en dépression iront. Là où travaille ADMV, il y a un médecin du travail qu’elle voit régulièrement. Si elle n’y va pas spontanément, on la convoque, et si elle fait remarquer une douleur, ou une maladie due à son travail, on demande à ses supérieurs de faire des aménagements, et on veille à ce qu’ils soient faits. Pour tous les employés de l’EN, profs ou non, ceci est de l’ordre de l’imaginaire !

Vive la Vie, blog de femme, femme, prof, education nationale, épuisement psychologique

Je vais donc faire attention à mes collègues, et à moi, et essayer de tenir encore 21 mois.

* info pour les jeunes : Maurice Pon, parolier d'Henri Salvador, chanson sortie en 1965.

jeudi, 17 janvier 2019

Le Futur est prêt à être créé et le passé est déjà une page tournée.

Je ne suis pas encore passée par ici depuis le début de l'année 2019. J'espère que celle-ci a bien commencé pour vous. J'ai eu une très grosse crève du 26 à midi au 31 à midi. Au lit, à tousser, moucher et surtout avoir mal à la tête. Puis, ça s'est arrêté, presque brusquement, pour me permettre de boire une flûte de champagne le 31 au soir. On était 3. On s'est couché à 23 h. Ça ressemble à mon année 2018. 2019 sera plus réveillée, moins douloureuse côté tête, mais il me faut trouver des solutions. Mon médecin dit que mes migraines viennent du fait que mon cerveau à trop de choses à gérer, qu'il n'y parvient pas. Je sais ce qui permettra à mon cerveau de se débarrasser des questions qui dérangent, du poids superflu des soucis : la retraite. Ce sera en principe au plus tôt dans 19 mois, au plus tard dans 21 mois.

Comment-soigner-la-fatigue.jpg

Sinon, l'actualité, la politique, comme tout le monde, ça pollue ma vie et ne me fait pas voir l'avenir avec beaucoup d'optimisme. Tout ce jaune, et maintenant ce rouge (soi-disant) chez les enseignants, ça n'apportera que du brun. 

La retraite, de futurs voyages en Ecosse, si May et les conservateurs britanniques le permettent, cela m'aidera sans doute à supporter tout cela. 

scannerdarkly.jpg

Et vous ? Pas trop d'angoisses, et des projets qui vous portent malgré tout ce qui se passe sur notre planète j'espère. 

file-20170421-25594-63dwoj.jpg

 

 

dimanche, 05 août 2018

Soleil, soleil, soleil

Je suis allée prendre ma dose annuelle minimum d'Angleterre. Cette fois nous ne nous sommes pas beaucoup éloignées de la côte, et à vrai dire, je n'ai pas regretté, car rouler sous cette chaleur aurait été une souffrance. Nous étions donc pendant une semaine un petit peu citoyennes du Kent, dans un petit cottage, très petit, mais cosy, avec au pied de notre lit une vue magnifique sur la campagne environnante, et le coucher de soleil. J'avais vu, sans trop espérer m'en servir, que cette location disposait d'une piscine. Eh bien presque tous les jours j'ai nagé et c'était un vrai bonheur après des journées que nous avons voulu malgré tout actives. Nous avons visité des châteaux, les jardins de ces châteaux, des églises, les vieux cimetières près de ces églises. Nous sommes allées au bord de la mer, observé les oiseaux, suivi quelques footpaths, fait du shopping, découvert des petits salons de thé adorables, un resto indien divin et quelques pubs où nous nous sommes vraiment senties ailleurs et chez nous. Parler anglais m'a fait du bien. Manger anglais. Boire anglais2018-08-01 10.20.14.jpg. Respirer anglais. C'est ma drogue.                  2018-07-30 15.50.04.jpg

2018-08-01 10.36.14.jpgvive la vie,blog de femme,femmes,angleterre,tellement bien

mercredi, 25 juillet 2018

"Je ressemble aux oiseaux, disait-elle, j'apprends à chanter dans les ténèbres."*

Je pourrais vous parler des deux amis qui sont partis en un mois. L'un l'a choisi, épuisé qu'il était par son boulot, à un mois de la retraite. L'autre a profité cinq ans de sa retraite, mais a été anéantie par une leucémie foudroyante. Deux semaines d’hôpital. Ces deux amis se connaissaient. Ils avaient fait partie de mon univers dans mon précédent établissement. On avait milité, rêvé, bossé, aidé, parlé, aimé ensemble, la vie. Mais la vie nous rattrape.

Je veux rester optimiste. Comme on m'a longtemps dit que j'étais. Mais plus le temps passe, et plus les tuiles tombent, même sans tempête, et moins j'en ai en stock, de l'optimisme. 

La société, le climat, les gens, ne me donnent pas souvent l'envie d'espérer, surtout quand je ne les connais pas, ces gens. Heureusement, il y a ceux que je connais, qui ne me lâchent pas, quoi qu'il advienne, et même, qui surgissent dans les moments difficiles, alors qu'ils étaient discrètement là, sans se faire remarquer. 

Et je chantonne.

Pour être en forme et garder ma force d'aller de l'avant, j'aime ADMV, je vois mes ami.e.s, mange des choses plus ou moins bizarres,2018-07-16 12.43.41.jpg fait du yoga, de la sophrologie, de la réflexologie, du shiatsu, vois mon ostéopathe, parfois même une acupunctrice, évite les fâcheux, dessine, lis, vais en vacances, regarde des films, des séries, écris de longs mails, blogue, nage, caresse mon chat , cuisine, range ma maison, jette de vieux trucs, retrouve des copai.i.n.e.s du passé, vais en Angleterre, visite des expos à Paris, bois des coups en terrasse.

 2018-07-10 11.01.17-1.jpg

J'essaye de ne pas trop me mettre en colère contre les cons, contre les politiques, contre ceux qui bousillent notre planète (ah, oui, je me répète, ce sont les même que les deux catégories précédentes), m'épuiser à des choses sans intérêt, me faire du souci pour ceux que j'aime, pour l'avenir, voir de médecins ou/et de banquiers, insomniaquer, me culpabiliser pour tout et rien. 

Et j'y arrive pas si mal grâce à tout ce qui est mentionné dans le paragraphe précédant le précédent. Et vous ? Une chose que vous faites pour aller bien ? Ou que vous évitez, pour ne pas aller mal ?

* Diderot, Lettre sur les Aveugles

mercredi, 20 juin 2018

Je reviens !

Retour, absence, bonheur

C'est avec une joie non dissimulée que je vous annonce mon retour ici. Renforcée par la lumière qui n'a pas beaucoup quitté notre région, épargnée par les tempêtes et inondations, je vais m'efforcer du publier régulièrement. L'essentiel, c'est que grâce à mon blog, c'est un peu comme si je n'étais jamais partie. Je vais aussi essayer de ne pas m'énerver. L'actualité s'y prête pourtant, à l'énervement, mais c'est mauvais pour moi. Alors comme, parmi les nouveautés dans ma vie, il y a le yoga, je devrais réussir à rester zen. Je ne me censurerai pas pour autant. Tout le monde a, je pense, besoin d'un exutoire, et ce blog est le mien. Tant pis pour vous ! 

Je suis ravie de vous retrouver ici. Je ne sais pas combien d'entre vous passent encore de temps en temps. Mais vous serez tou.s.tes les bienvenu.e.s. Pendant ces neuf mois d'absence, j'ai ressenti à peu près tout ça, mais aujourd'hui, sans hésitation, mon emoji, c'est le troisième à droite dans la ligne du milieu !

Retour, absence, bonheur

Eh oui, dans les nouveautés, il y a aussi l'écriture inclusive. Je m'y suis mise hyper vite, tellement c'est pratique. Mais rassurez-vous, je n'ai pas tant changé que cela, j'ai toujours horreur des sigles.

A la prochaine !

mardi, 09 janvier 2018

Je vais bien ne t'en fais pas

Bonne année à tous. C'est un peu pompeux, car déjà quand je publiais je n'avais plus guère de lecteurs, je devrais d'ailleurs plutôt dire lectrices, mais aujourd'hui je suppose que tout le monde a arrêté de passer ici et mange des chocolats  ou de la galette des rois en attendant les prochaines vacances.

Que 2018 ne soit pas trop effrayante, déprimante, mais au contraire douce et rassérénante.

Mon vœu, c'est d'être capable en humeur, forme et en temps de revenir ici commenter ma vie de prof et de citoyenne, au printemps ou au seuil de l'été.

Happy NEW YEAR.jpg

dimanche, 01 octobre 2017

INTERRUPTION

Interruption momentanée des publications ici. Mais je reviendrai. Promis !

7464a84dc05ab0fd343e2b66a77bd65d.jpg