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mercredi, 18 mars 2020

“La création, comme la vie, est par définition un processus hors équilibre qui nécessite un certain degré de confinement.” *

Je suis confinée. Je l’attendais. Entre jeudi dernier et dimanche matin, on a eu ordres et contre-ordres de notre hiérarchie, car au ministère, Blanquer a joué à celui qui sait mieux que tout le monde, et s’est fait à chaque fois contredire par le gouvernement, parfois quasi immédiatement.

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Jeudi dernier, j’étais à deux dois d’exercer mon droit de retrait. Mon âge, et un dossier médical qui peut me rendre « à risque ». Le médecin de prévention en est au courant, puisqu’elle m’a accordé un allègement de service. Et à 17h, Blanquer clamait haut et fort que les écoles ne seraient jamais fermées. Jeudi soir, Macron annonce que toutes les écoles, collèges et lycées seraient fermé.es. J’étais soulagée. Vendredi, au lycée, élèves en ébullition, ambiance de pré-vacances. Je mitige leur joie en leur disant qu’on allait assurer une « continuité pédagogique », donc sans doute un travail sur internet. Mais quand même. Tout le monde était un peu énervé. Samedi matin, lettre à tous les profs, de mon chef : on allait effectivement faire du télétravail, mais du lycée, et pour commencer, on était convoqué aux conseils de classes, et à une grande réunion de tous les profs, de la vie scolaire, de la direction. En tout, bien une centaine de personnes. Là, mon sang n’a fait qu’un demi-tour, et je n’étais pas la seule, puisque deux collègues ont tout de suite écrit qu’elles ne viendraient pas, pour raisons médicales. Pour une fois, j’ai essayé de réfléchir avant d’écrire, et j’ai envoyé ma lettre ouverte à la première heure : Je n’irais pas non plus, j’étais solidaire avec les deux collègues, mais je trouvais aberrant et contraire aux propos d’Edouard Philippe de la veille au soir, ou du vendredi, je ne sais plus, qui disait à tout le monde de se confiner ! de favoriser le télétravail quand il était possible. Je montrais clairement le manque de confiance que nous faisait notre hiérarchie, alors que depuis toujours les enseignants travaillent plus d’heures à la maison qu’en classe ! Nous faire venir au lycée aux heures de notre emploi du temps, pour risquer de se contaminer, était véritablement une insulte. J’insistais sur le fait que ce n’était pas parce que nos enfants avaient 16 ans et demi, ou que nous en avions 59, que nous n’étions pas à risque. J’ai eu à peine le temps d’envoyer ma lettre, mon proviseur de me répondre en faisant semblant de penser que j’avais envoyé ma lettre à tous par erreur, que, quelques heures plus tard, contrordre : personne ne viendrait travailler au lycée !

Bref, depuis lundi, je suis de manière quasi-apaisée à la maison. Je travaille environ 4 heures par jour. Le premier a été dur, car la connexion à notre espace numérique de travail buggait, mais depuis ça va. Je communique bien avec mes élèves. Je ne les surcharge pas de travail, mais essaye surtout de leurs donner des pistes pour travailler seul, faire des recherches sur les notions du programme, s’entraîner à la compréhension orale sur You Tube, trouer des exercices de grammaire correspondant à leurs difficultés particulières, et en les soutenant avec un peu d’humour.

Chez nous c’est un peu tendu. ADMV a de la fièvre depuis samedi. Moi, j’en ai eu lundi et la nuit qui a suivi, mais ça va mieux. On guette les symptômes, car tant qu’ils ne sont pas là, on doit prendre du doliprane, et c’est tout. Après tout c’est peut-être un simple virus hivernal, comme ceux qui nous ont pourri la vie depuis le 7 décembre…

Il semble faire beau, mais j’essaye de ne pas trop y penser. Nous essaierons de profiter du jardin quand il fera un peu plus chaud. Je vais lire, écouter les podcasts de France Inter et France Culture. Faire mon courrier en retard.  Mais surtout ne pas sortir ! La rébellion franchouillarde à ce propos m’agace vraiment, tout comme les mensonges de nos dirigeants. Au lieu de nous envoyer voter, ils auraient dû nous confiner une à deux semaines plus tôt. Mais on est toujours plus forts que les autres !

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* Pierre Joliot  - La Recherche Passionnément 

lundi, 24 février 2020

Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique. *

La fin de février annonce le printemps. Enfin ! Jamais hiver n'aura paru si long. Peu de lumière, peu de froid, pas de neige, beaucoup de virus. Malade 3 semaines en décembre, mal remise jusqu'au 13 février, malade de nouveau. Pour nuire à mon optimisme et à celui d'ADMV qui est encore plus malade que moi depuis largement aussi longtemps, les média ne parlent que du coronavirus. On a beau savoir que jusqu'ici il a surtout fait mourir les personnes très âgées et/ou souffrant de quelque chose de bien plus grave, c'est anxiogène. Dans les lieux publics où nous toussons, les gens nous regardent méchamment et méfiamment. (ce deuxième mot n'existe pas, mais est à propos.) J'ai beau savoir que les personnes asiatiques sont l'objet d'un raciste silencieux mais ostensible, cela ne me console pas. Cette santé bancale depuis presque 10 semaines m'aura fait tester l'enseignement sans entendre. Cela amplifie les bruits de fond en brouillard sonore assez désagréable, cela transforme ma voix comme si j'avais un mégaphone intérieur et pour ne pas passer pour une idiote, j'évite de faire répéter mes élèves, ce qui me rend très "bienveillant" quant à l'évaluation des prestations à l'oral de mes élèves. Je vais terminer cette carrière en étant très populaire ! J'ai voulu consulter mon ORL, mais les rendez-vous ne se prennent que le premier lundi du mois. Je n'ai su cela que le mardi 2 février. A 24 heures près, j'ai repoussé ma consultation d'un mois. Mon rhume le plus récent a contribué bizarrement à débloquer quelque peu mon oreille droite. Mais j'ai encore quelques acouphènes persistants. 

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Loin de ma tête, mon entorse de la cheville, qui date du 28 octobre, me handicape pas mal et rend toute activité pénible, sauf si c'est une activité assise. Je suis donc allée au cinéma où j'ai vu "Deux". Un sujet qui m'a beaucoup parlé, car à quelques années près, j'aurais pu être amenée à vivre ça. Mais heureusement la loi a rendu ma vie privée plus acceptable et visible surtout par mon entourage. C'est bien qu'il y ait des films qui abordent l'invisibilité de l'homosexualité, mais j'aurais aimé plus d'émotion. 

J'ai lu aussi, dans mon beau fauteuil, cadeau de noël d'ADMV. Le Lambeau, de Philippe Lançon et parallèlement Semeuses de Rire, raconté par une clowne que je connais bien. Deux émotions différentes, mais des émotions vraies. 

Je suis allée une fois à la piscine. Se déplacer sans glisser est un peu un parcours du combattant, mais une fois dans l'eau, j'adore. 

Et pour essayer de régler mon problème de cheville qui ne peut plus fonctionner normalement, j'ai démarré un traitement d'ondes de choc. Ca fait mal, mais ça fait du bien là où ça fait mal. Tiens, ça me rappelle une pub. J'espère que ça marchera aussi bien qu'il y a 6 ans. Achille m'en veut ! 

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On a commencé à regarder une série dystopique sur le thème "et si les nazis avaient gagné la guerre...", Le Maître du Haut Château. C'est extrêmement bien fait, mais extrêmement flippant. Après le premier épisode, j'ai rêvé que la police venait m'arrêter car j'avais intitulé un dossier sur mon ordinateur "Affaires Sensibles". 

Voilà ce que j'ai fait de mes vacances, pour l'instant. Cette semaine, je mange au resto avec une amie et je passe une journée à Paris. Le motif principal étant que j'ai oublié mes clés dans un musée où je suis allée le weekend dernier. Quand on n'a pas de tête, il faut avoir une carte "senior" ! Ma prochaine note sera peut-être sur mes aventures parisiennes.

* Jean-Paul Sartre

jeudi, 26 décembre 2019

"Mille cinq cents oies du Périgord ont entamé une grève de la faim à quelques jours de Noël. On ignore encore les causes d'une telle décision." *

Je crois que je n'ai jamais eu un premier trimestre aussi difficile : nouveaux programmes, en même temps que les anciens, nouvelles formes d'examens, imposées au dernier moment, sans aucune rigueur, des élèves de moins en moins prêts au lycée, à cause de la réforme des collèges, une réforme des retraites qui va toucher tout le monde, mais qui dans l'enseignement semble un assaut final dans la destruction des forces et du moral des troupes, des tensions au sein de l'équipe entre qui fait et ne fait pas grève, des reproches, des culpabilisations, des auto-victimisations, de la fatigue, l'impression qu'au moindre pas cela va exploser.

Et cela a explosé.

Dans mon cas, le 28 octobre, en Angleterre, à Brighton, une ville que j'adore, mais où j'ai shooté malencontreusement du pied gauche le nez en l'air à regarder les peintures murales qui inondent la zone piétonne. Depuis, je boîte. Au début, beaucoup, et ça faisait mal. A l'entorse s'est ajouté une déchirure musculaire dans le mollet. Aujourd'hui, je boîte encore, pas que j'aie mal, mais il y a une flexion que je ne peux plus faire. Il me reste 10 séances de kiné. Je garde donc espoir. Mais j'ai la hantise de rester handicapée. Ce serait idiot, alors que je vais bientôt être totalement libre, que je ne puisse pas marcher !

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Tout est prêt, je quitte l'éducation nationale le 1er octobre 2020. Cela va être une grande date pour moi, et qui sait, le renouveau de ce blog ?

En attendant pour terminer l'année dans l'ambiance de ce trimestre, je suis atteinte d'un virus bronco-pharyngo-etc, depuis le 16 décembre, et ce noël a vraiment été le pire de ma vie. De notre vie, puisqu'ADMV, elle, est malade depuis le 9 décembre. Ce matin elle m'a dit que pour la première fois elle se ressentait "normale". J'ai donc de l'espoir. Je devrais me sentir vraiment mieux le 1er janvier, et il me restera 5 jours de vacances, juste assez pour préparer mes cours, corriger mes copies, etc, pour la rentrée. 

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Je vous souhaite vraiment de ne pas avoir eu à affronter de virus, il parait qu'ils sont plus agressifs à cause du réchauffement climatique, et d'avoir pu tranquillement profiter de ceux que vous aimez. S'ils n'ont pas pu tous venir par le train, dites-vous que vous les retrouverez un peu plus tard, et un dîner en petit comité n'a pas que du négatif !

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* Daniel Prévost

 

mercredi, 08 mai 2019

“Seul l'humain peut avoir conscience de la perte de l'humain.” *

De mars à mai, on est arrivé au printemps. Ca ne se voit pas, et tous ceux qui se plaignaient l’an dernier qu’il faisait trop beau sont contents. Perso, je n’ai pas de pont, sauf pour l’Ascension, alors, il n’y a que pour ce weekend charnière entre mai et juin, entre cours et examens, que j’espère le soleil. Nous avons réservé un séjour sur la Côte d’Opale,  entre Boulogne et Calais, car finalement, bien que je passe très souvent dans le coin quand je vais en Grande-Bretagne, je ne connais pas la région, cet endroit précis de la côte. Depuis que j’ai réservé, internet me fait rêver. Nous passerons 4 jours là-bas, de quoi faire beaucoup de découvertes, et vraiment décompresser.

J’en ai besoin. Au lycée, le rythme s’accélère. La direction fait comme si on allait rentrer les notes sur pro-notes, comme si on n’allait pas faire grève le premier jour du bac, comme si on adorait l’éducation nationale, comme si les profs principaux avaient fait semblant de démissionner, comme si notre ministre était un homme appréciable.

J’ai réalisé récemment que mes années de tutorat de jeunes profs ne seraient pas prises en compte pour mon éventuelle promotion à la « Classe Exceptionnelle », car j’ai été tutrice 5 ans, et conseillère pédagogique pendant une dizaine d’années, mais il faut au moins 8 ans de tutorat. Voilà, c’est comme ça. Quand tu acceptes ce rôle, on ne te dit pas que ça comptera un jour pour ton « évaluation », tu le fais parce que tu penses qu’être utile à des jeunes, c’est bien, et ces mois de travail et de concertation, sont stimulants pour eux comme pour nous. Un jour un ministre (très humain) décide de faire travailler les stagiaires débutants 18 heures par semaine, comme un prof certifié, 12 h de cours, tout en leur imposant des heures d’IUFM, et des rapports à rendre, alors, tu décides de refuser, en conscience, pour ne pas jouer le jeu d’une administration prête à exploiter les stagiaires. Ensuite, la loi change, mais on ne te recontacte pas, sauf pour recevoir des étudiants en master, dans tes classes, mais qui ne comptent pas pour ton avancement de carrière. Evidemment, ça, on ne te le dit pas.

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J’ai eu confirmation aussi que ma retraite allait être ridicule, à cause de ma décote de 4 ans et demi, due à mon BTS et mon année en GB. J’avais qu’à pas glander à m'instruire et me former.

Blanquer fait semblant d’annoncer une augmentation, pour qu’on n’aille pas dans la rue demain. Du coup, j’irai.

Je lis les posts du Prof de l’Etre et d’autres pages qui étaient drôles, au début, sur facebook. Ça me remontait le moral, avant. Mais là, je suis triste, rien qu’à la pensée de ce que je vais quitter et laisser à mes jeunes et moins jeunes collègues. Surtout, si vous passez par ici, lisez ceci : Si vous êtes étudiants, et souhaitez devenir enseignants, si vous avez un métier et que vous pensiez à une reconversion vers l’enseignement, surtout ne le faites pas. Trouvez une autre idée.

J’ai créé ce blog, enfin son ancêtre, en 2006, pour parler à des jeunes profs qui en bavaient, et leur dire que si, le boulot pouvait être chouette avec un peu d’ancienneté. Je m’en veux, car ce n’est pas vrai. Ce n’est plus vrai. Aujourd’hui, jeunes, vieux, au moins, il y a égalité de traitement, le mépris.

Sinon, ça n'a rien à voir. Mais le harcèlement, la violence, ne commencent pas toujours avec la vie adulte. J'ai vu cette vidéo tout à  l'heure, et cela m'a émue. Pas seulement parce que je l'ai croisé en 2003, mais sûrement encore plus à cause de cela. J'avais senti qu'il ne se livrait pas, qu'il avait un masque d'acteur en permanence, même hors caméra. Maintenant, je comprends qu'il se protégeait.

  

Edward Bond

lundi, 04 mars 2019

Le travail, c'est la santé, rien faire, c'est la conserver.*

C’est le mois de mars. Un air de printemps, une lumière différente, oui, on y est. Ça ne me donne malheureusement pas vraiment envie de bosser. Envie ou pas, je croule sous les copies et autres pensums, donc je m’exécute.

De plus notre grand chef, Blanc qu'erre, n’en finit pas de nous agresser, de rendre notre boulot insupportable, ses sous-fifres (qu’il ne doit par ailleurs pas ménager non plus) font leur possible pour faire appliquer sa politique inhumaine.Récemment un collègue m’a fait remarquer que les media ne parlent jamais des suicides dans l’éducation nationale. C’est vrai. La police, Orange, la SNCF… Les entreprises ou corps de métiers ne manquent pas où mourir est moins dur que travailler. Mais l’éducation nationale, on n’en parle pas. Pour tout le monde nous sommes ceux qui bossent 18 heures par semaines et sont toujours en vacances, pourquoi voudrions-nous en finir. Pourtant, autour de moi, je vois des gens qui souffrent, qui sont au bout du bout, et ça me fait peur, car certains ne sont ni vieux comme moi, ni jeunes et sans défenses. Non, ce sont des quarantenaires, qui ont de l’expérience, ont ou avaient encore des projets, et ont une vie privée remplie.

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Je ne suis pas la seule à m’inquiéter de l’état psychologique de mes collègues, peut-être parce qu’en 35 ans de carrière, j’ai dû par deux fois prendre des antidépresseurs pendant 2 ans et demi, et la dernière fois, j’ai vraiment frisé le burn-out, à cause de la réforme des langues vivantes en lycée.

Le mépris, la surcharge des responsabilités, les changements dans les ordres donnés en permanence, le fait de passer pour des cons aux yeux de nos élèves, tout cela m’avait fait craquer. A chaque fois, j’ai pris les comprimés magiques, avant l’effondrement, mais tout le monde ne le fait pas. J’ai trouvé plusieurs blogs à ce sujet, mais peu de documents officiels.

https://mobbingdock.wordpress.com/2016/06/28/suicides-dan...

Plus ancien :

https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2011/10/22/...

Il y a même eu des questions au Sénat sur notre suivi médical : https://www.senat.fr/questions/base/2015/qSEQ151018322.html

La réponse dit que « les agents qui le souhaitent peuvent avoir une visite médicale ». En 35 ans, je n’en ai jamais entendu parler. On ne m’a jamais dit que je pouvais voir un médecin. Et l’initiative d’aller voir ce médecin spontanément ressemble tellement à un aveu de faiblesse, que peu de gens en dépression iront. Là où travaille ADMV, il y a un médecin du travail qu’elle voit régulièrement. Si elle n’y va pas spontanément, on la convoque, et si elle fait remarquer une douleur, ou une maladie due à son travail, on demande à ses supérieurs de faire des aménagements, et on veille à ce qu’ils soient faits. Pour tous les employés de l’EN, profs ou non, ceci est de l’ordre de l’imaginaire !

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Je vais donc faire attention à mes collègues, et à moi, et essayer de tenir encore 21 mois.

* info pour les jeunes : Maurice Pon, parolier d'Henri Salvador, chanson sortie en 1965.

mercredi, 20 février 2019

La confiance n'exclut pas le contrôle.*

Il y a d'abord cette "loi de la confiance".

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Votée tard un soir, alors que la majorité des députés sont dans leur circonscription. Heureusement il restait sans doute les meilleurs.

Résultat : 

Instauration d'un uniforme, en vertu d'une tradition qui n'a jamais existé, sauf dans quelques anciens territoires coloniaux où les britanniques étaient passés.

Les chefs d'établissements veilleront à ce que les enseignants portent une tenue inspirant l'autorité. Il est vrai qu'aujourd'hui nous allons au lycée dépenaillés ou en tenues choquantes. 

Dans chaque salle de classe seront placés deux drapeaux et le texte d'un ou deux couplets de la Marseillaise. Comme je change de salle, et que je n'ai pas encore acquis cette confiance que notre ministre veut rétablir, pour être sûre que les drapeaux (français et européen) ne manqueront jamais à l'appel, je les porterai en pendants d'oreille. Mais lequel sera à droite ? et lequel sera à gauche ?

Ces rats ne sont même pas prêts à financer les drapeaux. Pour preuve : 

 "Désireux de « jouer le jeu de l’ouverture au débat parlementaire », le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a soutenu cette disposition, en assurant que la mesure pourrait s’appliquer « de façon très simple », les drapeaux en question pouvant prendre la forme de photos sur une affiche…" trouvé dans un article de La Croix du 13.02.2019

Pour gagner (en quoi me direz-vous ? en argent bien sûr.), l'essentiel n'étant plus de participer, les élèves de CM et peut-être plus jeunes, seront intégrés dans les collèges. Le principal deviendra le supérieur hiérarchique de tout ce beau monde. Tant pis pour les directeur.trice.s qui seront rétrogradé.e.s. Les gagnants dans ce nouveau système seront les troisièmes qui auront un panel plus grand de victimes pour le racket et le harcèlement.

Evidemment, tout cela se fait en supprimant un nombre élevé de fonctionnaires (ne me demandez pas le nombre exact, les chiffres m'emmerdent et me dépriment de plus en plus.), en supprimant des classes, des écoles, mais en augmentant le nombre d'élèves par classes. Au lycée, nous travaillerons sur une base de 36/37 élèves par classe, sans dédoublements sauf en physique - chimie.

Puisque je parle du lycée, les heures de cours par matières vont encore diminuer. Les choix de spécialités aussi. Et malgré la confiance, on fait croire aux parents et aux élèves, dans des réunions où les professeurs ne sont pas conviés, que cela améliorera les choses. 

Toute cette réforme n'est que comptable, et va promouvoir l'enseignement privé. Non seulement les écoles privées sans contrat pourront s'organiser comme elles le veulent, mais ils imposent la scolarité à 3 ans, ce qui à mon avis est une bonne chose, mais sans ouvrir de classes supplémentaires, et en exigeant des maires qu'ils financent les écoles maternelles privées !!!

Pour finir, nous continuons d'être de moins en moins bien payés, mais ça, vous vous en foutez et vous avez bien raison. Chacun sa m...., c'est le motto de tous, gilets jaunes ou non.

Je ne voyais pas comment vous parler de mon premier demi-trimestre 2019, sans vous dire tout ça d'abord. Pourtant, si l'on en croit cette nouvelle loi, je ne suis pas autorisée à vous dire tout ce qui précède. Seulement peut-être à publier in extenso le texte de cette belle loi de la confiance. Nous sommes désormais tenus à un devoir de "réserve". Comme les uniformes, on voudrait nous faire croire que cela a toujours existé. Non, c'est nouveau, ça vient d'sortir, comme disait mon ami Coluche.

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Je ne résiste pas à l'envie de republier ici les deux photos qui montrent une ressemblance évidente entre JMB et le juge Demort dans Roger Rabbit. Cela m'a frappée dès que j'ai vu notre ministre pour la première fois :

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Heureusement, je suis en vacances et suis partie une semaine à Limoux, dans de la famille. Pour la première fois en 20 ans, il a fait beau tous les jours et il n'y avait pas de vent. Comme quoi il faut rester optimiste. En plus, mon oncle et ma tante avaient fait provision de champagne et nous n'avons pas bu de Blanquette. La vie vaut vraiment la peine d'être vécue. 

 

*Lénine (Blanquer serait-il bolchévique ???)

 

lundi, 08 octobre 2018

POST POST-RENTREE

La rentrée s'est faite et j'attends déjà les vacances. Cinq paquets de copies attendent dans mon cartable. Mon cartable est un sac à dos cette année, car j'ai pris de bonnes résolutions. Je vais aller le plus souvent possible au lycée en tram, ce qui implique 15 minutes de marche à pied. Un aller-retour me fait donc marcher 30 minutes, ce qui est le minimum recommandé. Mais les bonnes résolutions se heurtent à des impondérables, comme les réunions, les rendez-vous médicaux, qui m'obligent à des déplacements rapides en journée, et aussi aux conséquences d'autres bonnes résolutions : ne pas me faire "bouffer" par mon boulot, me laisser du temps pour d'autres activités. Je me suis donc inscrite à mon cours de peinture, mais aussi au yoga et je vais à la piscine une fois par semaine. Mais les horaires font, que à pied, en tram, en bus, je ne verrais plus ma maison du tout, je n'aurais plus un seul moment de pause. Impossible. J'ai besoin de souffler, de ne rien faire parfois, et même de dormir. Alors, je reprends la voiture.

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Bref, je ne suis pas totalement satisfaite de mon début d'année. Elève Ed, peut mieux faire !

Mais j'ai des projets sympas et je vois des choses sympas, rencontre des gens sympas, et ça, ça fait une belle rentrée. Nos deux assistantes, une des USA, l'autre d'Afrique du Sud, ont l'air très chouettes. On se fait un apéro d'équipe pour les accueillir la semaine prochaine. Je vais bientôt écouter Stacey Kent et Michel Jonasz en concerts, un bonheur. Je vois des expos et vais en voir d'autres. J'ai gagné des entrées gratuites pour l'exposition Zao Wu Ki au Musée d'Art Moderne à Paris. Je vais aller faire du cocooning en Alsace bientôt et passer trois jours à Londres. Hier, j'ai passé deux heures hors du temps à dessiner au musée. Et à  midi, deux copines retraitées sont venues manger un curry à la maison. Bavardages, ravissement des papilles, auto-satisfaction, et soleil en prime.

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Ma vie n'est donc pas que du stress. Bien au contraire. 

mardi, 12 septembre 2017

Faut bien rentrer !

Ponctualité. 20 / 20  La rentrée a eu lieu à la date prévue et l'horaire a été respecté, particulièrement pour l'apéro-lunch servi dans la salle du foyer.

Convivialité. 18 / 20 Voir appréciation ci-dessus. L'année prochaine,        pensez également au café à l'arrivée le matin.

Emploi du temps. 15 / 20 Un bel effort. Pas de cours le lundi et le lundi matin. Mais le nombre total d'heures à assurer est encore trop important. Ne pourrait-on pas rétablir la cessation progressive d'activité pour les seniors?

Élèves. 15 / 20 Assez sympathiques à première vue. Pas trop nombreux en ce qui me concerne, mais tout le monde n'est pas aussi chanceux !

Voilà. Mon évaluation de la rentrée est plutôt positive. Je n'ai pas encore recopié toutes mes listes, mais mes progressions ont été plutôt bien avancées pendant les vacances. 

Aujourd'hui, grève et manifestation pour obéir à mon médecin qui veuille que je fasse de l'exercice.

Des weekends festifs pour cette fin d'été. Culturels à Paris (7 heures à Orsay récemment !) et savoureux. Quel buffet dimanche dernier !

Et musicaux. Je suis allée écouter Michèle Bernard il y a 10 jours et serai à Paris pour entendre Anne Sylvestre fêter ses 60 ans de chanson en octobre. 

Il n'y a que la météo à qui j'attribue un petit 8 / 20. Peut vraiment mieux faire !!!

jeudi, 10 août 2017

Il se peut qu’un jour la France cesse d’exister, mais la Dordogne survivra... *

Cela fait un mois que je suis en vacances. Je ne suis pas tout à fait reposée. Mais je me disais ce matin, le serai-je à nouveau ? Ce que j'appelle de la fatigue, c'est peut-être tout simplement le fait de vieillir. Il y a dix jours environ j'ai fêté mon dernier anniversaire en 5. L'an prochain, ce sera officiel, je serai vieille. Senior. Enfin non, parce que ces enfoirés de la compagnie de bus de Maville ont repoussé l'âge de la réduction de 50% sur l'abonnement à 62 ans, et la SNCF, je ne sais pas, mais ils ne tarderont pas. 

Il y a des signes qui ne trompent pas. Une dose et demie de whisky hier soir au lieu d'une, et j'ai eu un mal de tête comme jamais je n'en avais eu à cause de l'eau de feu. Les plis de l'oreiller qui s'effacent de plus en plus tard après le réveil sur ma joue gauche. (je comprends maintenant pourquoi il faut la "tendre" ! ha ! ha ! ha !) Dans les magasins, le tram, et quand je bosse au lycée, le regard des autres, la manière dont on te parle, qui dit, "oui, t'es bien gentille, mais t'es vieille". Tout cela ne me dérangerait pas si dans le même temps on ne me demandait pas la même chose qu'aux jeunes : C'est-à-dire un temps plein de boulot, les mêmes responsabilités, et pas plus de temps pour préparer tout ça, alors que je deviens lente, mais lente !...

Pour l'instant je suis encore en vacances, et même je vais vraiment les démarrer, puisqu'on part dimanche pour le sud. Je ne vais pas dire vers le soleil, puisqu'à deux ou trois exceptions, nous l'avons tous les jours depuis le printemps. Mais vers des paysages différents, une petite maison qui a l'air super confortable et cosy (la proprio est anglaise) sur les photos et où je sais que je vais pour deux semaines complètement déconnecter, et vivre au rythme que je choisirai sur le moment. Bien sûr, il y a internet, mais j'essaierai de ne pas trop m'y scotcher, d'ailleurs, je crois avoir lu dans le descriptif de la maison que la wifi était faible. Tant mieux.

Nous partons en Dordogne. Dans Dordogne, il y a "dors" ou "d'or". Dans tous les cas ça donne envie. Nous y étions l'an dernier, à l'est du département, cette année, direction l'ouest, à la frontière de la Charente.

Il me reste donc trois jours de prépas boulot, accompagnement de malades, coups de fil pénibles à ESSEFER, rangements, agressions téléphoniques des pubs, etc. 

Et il me reste à vous dire au revoir, bon mois d'août, mais ça, c'est un plaisir !

 

* ...tout comme les rèves dont se nourrit l’âme humaine."

Henry Miller

vendredi, 09 juin 2017

“Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement.”*

Je vais bientôt faire un stage "Moodle". Je me connecte à l'ENT au moins 3 fois par jour. Je crée des casiers de collecte. Je saisis des notes et des appréciations. Je remplis des bordereaux. Je sais changer le toner de l'imprimante. Mais tous les mois de septembre j'ai peur d'avoir oublié le code de cette machine. Pronote client est offre plus de possibilités et est bien plus pratique que la version Pronote html que l'on a sur l'ENT. Je regarde toutes les vidéos que je formate pour mes cours sur VLC. Je suis webmastrice d'un blog en anglais pour mon lycée. Ma boîte de messagerie I-prof n'est pas la même que ma boîte académique, ni que celle vers laquelle élèves et parents peuvent m'envoyer des e-mails. Cette semaine on m'a volé la télécommande du vidéo-projecteur. J'ai un manuel numérique pour chacun de mes niveaux d'enseignement. Mes deux classes de seconde participent à un échange virtuel avec une High School aux USA.

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En 10 ans mon métier s'est transformé.

Quand j'ai débuté, j'ai dû apprendre à utiliser le magnétophone à bandes, si pratique pour les retours arrière et les avances rapides courtes, mais si lourds à déplacer. Je dupliquais mes documents avec une machine à alcool et encre violette qui me sabotait en une seconde le stencil que j'avais passé deux heures à préparer la veille. Je n'avais pas de cliparts ou d'images trouvées sur le net, mais je fabriquais mes "flashcards" et mes figurines que je déplaçais sur mon tableau de feutre. Puis j'ai découvert le rétro-projecteur. Je remplissais avec bonheur les Kalamazoo. 

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Les élèves ont moins changé que le matériel ... en apparence.

* Francis Blanche

samedi, 01 avril 2017

En anglais, "spring" veut aussi dire "ressort" !

Dès que le printemps revient.

Mon blog fait des pauses de plus en plus longues. Pourtant des trucs me passent souvent par la tête, à propos desquels je me dis "Tiens ! tu devrais faire une note. Rigolote." et puis ma journée et son rythme me rattrapent. 

Récemment j'ai assisté à un concert surprenant par sa mise en scène, la qualité de la voix de ses chanteurs, le talent de ses musiciens et son humour subtil et décalé.

http://sortir.telerama.fr/concerts/on-a-dit-on-fait-un-sp...

Hier j'ai fait passer le quart de l'épreuve d'anglais de mes élèves. Compréhension orale. Épreuve assez stressante de concentration, d'écoute et de vitesse de restitution d'un document. Le thème d'hier : l'année sabbatique pour les jeunes entre deux cycles d'études par exemple. 

Je ferais bien une année sabbatique. Mais maintenant j'attends avec impatience la coupure définitive qui me fera apprécier chaque minute de liberté. Trois ou quatre ans encore. Ça va le faire !

Ce matin, j'ai trouvé 8 sujets, il m'en faut 17, pour les oraux de mes BTS. Bientôt donc, je vais entendre parler de design de cuisine, de lunettes qui font voir les aveugles, de meubles chinois flottants, et bien d'autres choses encore. Du coup, j'ai séché le marché. Cet après-midi, j'ai commencé par une sieste. Coup de barre et chute en sommeil qui ne donnent pas le choix ! Me revoilà sur pied, et prête à vous écrire.

Kengo Kuma, oriental kitchen, Kitchen Home Project, Venice Biennale 2016, Beijing Centre for the Arts, Weng Ling,

Dès que le printemps revient, l'énergie aussi. Normalement. Alors je vais peut-être retrouver mon pep's et mon imagination. Et poster.  

 

jeudi, 29 décembre 2016

Pizza et nostalgie, mieux que les antiviraux !

Plus que deux jours avant qu'on passe à 2017 ... et que rien ne change, ou en moins bien. Oui, je suis peu optimiste. C'est sans doute la grippe, l'âge, les mauvaises nouvelles, le froid dehors, le boulot que je n'ai pas eu le temps de faire à cause de la grippe, les deux stagiaires que j'ai acceptés pour rendre service et qui vont être là, dès mardi matin, à regarder, noter, mes moindres paroles, gestes, remarques... Heureusement, à midi, je brave l'hiver et vais manger une pizza avec des amis de ma jeunesse, que j'ai retrouvés récemment, grâce à mon mariage. On va parler du passé, pas trop, pour ne pas ennuyer ADMV, mais le passé, la nostalgie, ça aide à supporter le présent.

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Et pour ne pas penser à l'avenir proche, réécoutez Pierre Barouh. Il vient de nous quitter, lui aussi, mais heureusement sa voix et ses mélodies sont toujours sur ma clé usb et ne me quitteront pas à chaque fois que je partirai en vacances.

 

dimanche, 11 septembre 2016

“ Le secret du succès est de faire de ta vocation tes vacances.” *

C'est la reprise !

Enfin, c'était la reprise le 31 août. Dix jours déjà ! Ca se passe plutôt bien. J'ai sûrement gagné au tirage au sort. J'ai gagné le meilleur emploi du temps de ma carrière. 33 ans. 12 ans que je demande à ne pas travailler le lundi. Et ça y est !!! Et en plus le reste n'est pas mal non plus. D'accord, j'ai 7 heures de cours sans respiration sauf la cantine le vendredi, mais je sais qu'ensuite j'ai 3 jours pour :  me détendre le samedi et le dimanche, aller au marché, sans me dire que j'ai des devoirs à faire !!!! Car mes devoirs, je les ferai le lundi. Je vais savourer cette année, un peu comme le dernier chocolat extrêmement délicieux d'une boîte dont vous savez que le fabricant a pris la retraite.

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Le beau temps rend cette rentrée très agréable aussi, même si je n'ai jamais senti comme ça ma transpiration couler sur mon front en cours, pas à cause du silence de mes élèves après une question, mais à cause de la température. Pour rappel, on ne peut pas ouvrir les fenêtres, car le bruit du boulevard nous empêche de nous entendre. Surtout moi, d'ailleurs je vois l'ORL dans peu de temps. Mais je peux mettre mes beaux habits d'été, et me sentir jolie, malgré mes lunettes qui semblent avoir pris une place définitive sur mon nez... Et puis ça donne envie de cuisiner des trucs légers, ce qui est facilité par mon voisin qui m'a donné moult légumes, totalement bio ! Mes recettes : saumon-pâtisson, porc au roquefort, courgettes-vinaigrette, aubergines-sardines... Je me sens devenir cuisinière-poétesse.

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Des petits bonheurs qui font oublier que nous devons être "vigilants" au lycée, à tout moment qu'ils ont dit, et nous plier à quelques nouvelles règles de sécurité. Enfin, le jour où un ou une cinglé(e) entrera avec une grenade ou une kalachnikov, sans demander poliment un badge visiteur à la loge, ou même en le faisant, on aura beau être vigilant, ce sera une surprise. 

* Mark Twain - A ce propos, j'ai déjà fait un succès de mes vacances, je crois que c'est cela, ma vocation.

jeudi, 07 juillet 2016

Devoirs de vacances

Pendant que je surveillais une épreuve du bac, je me suis amusée à écrire un poème en anglais. Si vous souhaitez la traduction, vous pouvez toujours utiliser Reverso... ou bien me demander et je ferai l'effort de vous la donner, mais un peu plus tard. J'aime quand mes lecteurs font quelques efforts.

Exam Daydreaming

In the back of a large classroom

That would definitely need to see a broom

I have to perform the tedious task

Of watching a bunch of candidates writing,

Sitting, eating and daring to ask

What I've explained on the blackboard in my neatest handwriting.

Reading Kate Atkinson keeps me awake

Of course. Although subtle, her style doesn't remind me of Blake,

But still makes me enjoy lexical and human discoveries

Through her witty and inventive short-stories

Among these busy thinking teenagers

Coughing, chewing, sniffing, nose-blowing

Not so far from looking like Kate's characters,

Enduring gawky features

And longing to embark on real adventures

in spite of the world literally exploding.

 

vendredi, 17 juin 2016

L'ordinaire du bac

Baccalauréat. Épreuve de philo. 14 juin. Il pleut. Normal. Entrée dans la salle : Enseignants/surveillants, 7h30. Candidats, 7 h 40. "Prenez ce dont vous avez besoin pour écrire ; laissez vos convocations et papiers d'identité en vue, mais rangez tout le reste dans vos sacs, en n'oubliant pas d'y mettre votre téléphone portable ÉTEINT. Puis posez votre sac au fond de la salle contre le mur. Euh, s'il vous plait, asseyez vous du côté de l'étiquette." Dans le couloir, j'ai vu qu'il y avait café, thé et mini-croissants over-réchauffés. "Non, ici, c'est la salle 10, pas 12. " Pas d'absents. Chic ! Moins de choses à écrire sur le P.V. de l'épreuve. Pas de "copie d'absents" à remplir. On se réjouit de peu de chose en ce monde de 2016. Au tableau j'ai écrit tous les éléments de l'en-tête de la copie. Sauf le numéro du candidat. "M.........." . Une candidate demande quand même : "Le numéro, c'est celui-ci ?" "Non, celui-ci, comme c'est indiqué, c'est votre identifiant national. Il vous servira toute votre vie. Le numéro du candidat, commençant par M, comme au tableau, il ne vous servira que pour cette session de bac." Presque tous les sacs sont posés. Un garçon lit encore une page d'un petit livret. Je m'approche. Il révise le désir. Comment l'interrompre !? Vérification des papiers et convocations. Je prends le temps de lire le nom du lycée d'origine des candidats. Il y a une candidate libre. 7h55, le proviseur apporte les sujets. Heureusement que j'ai une paire de ciseaux sur moi. Il a beau me montrer une petite languette à déchirer, censée résoudre mon problème, la conclusion, c'est que l'inventeur de cette languette est le même que celui de l'ouverture facile de ma truite bio de chez Carrouf. Hors de la lame, point de salut. Mon collègue est prof de philo. Curieux, il regarde le sujet, pendant que je note le repère de l'épreuve au tableau. Bien lui en a pris, car une fois les sujets distribués, il n'en reste pas un seul pour nous. Qui a dit que la fonction publique gaspillait ? A 8 heures pile, les élèves retournent la feuille et découvrent ce sur quoi ils vont penser pendant 4 heures. Le garçon de tout à l'heure doit se réjouir ! Cette première mise en route s'est  passée avec plus de calme, moins de bavardages et ricanements nerveux que les autres années. L'ambiance est presque lourde. Dans ma tête en tout cas, elle l'est, lourde, l'ambiance. A peine une centaine de personnes pour se recueillir après l'assassinat de 49 homosexuels et 2 policiers. Au réveil j'ai entendu que l'assassin avait reçu ordre de tuer des mécréants. Et lui, qu'était-il ? A 9h05 je vais boire mon premier café, accompagné d'un croissant moins décevant qu'il le semblait. En revanche, j'ajoute de l'eau dans mon café, car l'expérience dans ce lycée, 21 ans !, m'a démontré que sinon, il est imbuvable. A 9h50 je vois apparaître ma collègue-copine sur le palier, alors je bois mon deuxième café, mais sans croissant. L'impression d'ambiance plombée est partagée. On chuchotchatte de tout et de rien, puis je reviens à mon poste. Mon collègue de philo veille et du palier on voit la moitié de la salle. Pour ne pas avoir l'impression de perdre son temps pendant les 4 heures, mon collègue lit, par intermittence et en prenant des notes, Spinoza. Moi, en levant les yeux à la fin de chaque page, je déguste "Une année au lycée, Guide de Survie en Milieu Lycée" de Fabrice Erre, chez Dargaud, une BD qui existe aussi en blog. Je suis en train de me remuscler les lèvres à force de retenir des éclats de rire. Le premier volume surtout est excellent. Je serais curieuse de savoir si ça peut faire rire quelqu'un qui n'est pas prof. De temps en temps un doigt se lève pour une feuille rose, une feuille verte, une copie ou pour aller aux toilettes. A partir de 10 h : "Excusez-moi, mais pour numéroter les pages, c'est 1 copie : sur / 4, 2 copies  : sur / 8, etc, comme je l'ai écrit au tableau." "Ah oui, désolé(e), j'avais pas vu." 20 candidats, 18 fois ce dialogue. Et je ne vous parle pas du remplissage de l'en-tête. Non, je ne vous en parle pas.

Ca s'est plutôt bien passé. Pas de malaise, de tricherie avérée, pas d'alerte incendie ou attentat.

lundi, 08 février 2016

Blanc New York, bleu chez moi.

Dehors le ciel joue à "jour-nuit-jour-nuit" depuis ce matin. Mais je m'en fiche, je suis en vacances. Je pourrais m'arrêter là, car ça résume mon humeur. Bonheur de pouvoir me coucher tard s'en m'angoisser de mon état le lendemain, de faire des grasses matinées sans culpabiliser comme les autres dimanches en me disant que je n'ai pas fini mon boulot, de me balader à pied, tranquillement, de faire les rangements et le ménage qui attendaient que je sois disponible en rendant ma maison impropre à toute vie sociale.

Mais vous avez le droit de savoir tout ce qui m'est arrivé depuis le 24 janvier. Côté boulot, j'ai fait 4 heures de réunion pour choisir un enregistrement pour le bac, après avoir passé 5 heures à sélectionner deux documents qui finalement n'ont pas été choisis. J'ai aussi passé un samedi matin à aller expliquer à une foule sans nom et sans nombre comment faire pour éviter les établissements qu'ils veulent éviter et à expliquer qu'organiser un voyage n'est pas légalement obligatoire en section européenne. 

Mais, joie, j'ai aussi fait grève ! Pas de boulot et d'ados en face de moi de toute une journée.

On a rencontré la maman d'un petit garçon de seconde qui souffre de TOC et de bien d'autres choses. Cette année, j'ai deux élèves qui souffrent de TOC, deux ou trois dyspraxiques et une ou deux anorexiques. Et sûrement plein d'autres cas qui n'ont pas fait leur coming-out médical. Y'en a de plus en plus, ou on en diagnostique de plus en plus ?

J'ai surveillé le bac blanc, ce qui m'a permis de faire ça:

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Validé par tous les collègues qui l'ont vu.

Hors boulot, j'ai vu deux beaux spectacles de danse. Étonnants, surprenants, mais souvent drôles et émouvants.

J'ai mangé tous les mercredis avec ma tante qui oublie de plus en plus de choses, mais pas qu'elle m'aime et que c'est réciproque. Alors, tout va bien. 

Aux alentours du 26 janvier j'ai aussi admiré de loin des photos prises à New York sous la neige. C'est beau, mais ne pas se geler, c'est beau aussi.

https://www.facebook.com/artpeople1/photos/a.103598047647...

Et aujourd'hui, je voudrais qu'on se rappelle de Charonne.

N'oubliez pas de dire aux gens que vous trouvez beaux qu'ils sont beaux !

Au moment où je vais valider, c'est grand bleu et grand beau. Sourire, et fatigue presque oubliée.

 

jeudi, 31 décembre 2015

Bonne nouvelle, 2015, c'est fini !

2015 se termine.

Année qui restera dans la mémoire collective comme une année tragique.

Dans ma mémoire, elle restera celle d'un événement heureux, mon mariage.

Mais elle se termine dans la tristesse. Ma proviseure vient de décéder. Elle s'est battue courageusement et dignement contre une saloperie de maladie, ne s'arrêtant de travailler qu'au maximum 3 semaines en 5 ans, s'autorisant à arriver un peu en retard les jours de chimio. C'est la première fois que je perds un "chef" ou même un collègue. La rentrée va être sombre et pleine d'émotion aussi. Car bien sûr les élèves s'étaient rendu compte, mais il y a peu seulement, qu'elle n'allait pas bien. 

Alors voilà encore une note morose. Moi qui voulait démarrer 2016 avec un nouveau souffle... Bon, je remets ça dans quelques jours. Je vous souhaiterai gayment, gaiement, et pétillamment une nouvelle année. Aujourd'hui, je n'ai pas trop le coeur. On va quand même au resto, mais je suis contente de ne pas être embarquée dans une "fête".

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mardi, 22 décembre 2015

Je veux bien me déguiser en sapin de noël pour les fêtes, si on me promet de faire très très très attention quand on enlèvera les boules. *

J'écris de moins en moins. Je trouve de moins en moins le temps de venir lire les blogs. Mais là, je suis en vacances, l'occasion de me ressaisir. Je me suis remise à lire ces temps-ci. Je viens de démarrer un livre de Barbara Kingsolver, Animal Dreams. Il m'avait été conseillé par une amie anglaise en 2005 ! Je l'avais acheté aussitôt.

Comme quoi il n'est jamais trop tard.

Je me suis mise à lire les journaux, sur le net, trop de journaux, trop d'articles. Ça me mine le moral. Alors j'espère que les romans vont me remettre la tête en état, en état de rêver.

Ce soir je vais aller voir Demain, le film de Mélanie Laurent. Il parait qu'il redonne la pêche. 

Depuis samedi, je ne prends plus le quart de comprimé qui m'aidait à l'origine, quand j'en prenais un entier, à dormir d'une traite, sans me réveiller à 3 h du matin et penser. Penser empêche de dormir. Et depuis samedi, je dors ! plus besoin de l'effet même placebo du minuscule comprimé magique.

Les vacances. C'est plus magique que n'importe quelle molécule. Je vais pouvoir faire autre chose que corriger mes copies. (bien qu'elles soient là, sur mon bureau et demandent mon attention avant le 4 janvier, date butoir sans appel !)

Je vais cuisiner. J'ai reçu les 5 beaux livres Larousse gagnés à Questions pour Un Champion. Des idées et des projets à foison, côté gustatif.

Et vous, comment Noël approche-t-il ?

Ici le sapin est prêt depuis une semaine.

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(En bas, c'est le dos de mon chat, curieux)

* Le Chat de Gelück, justement.

lundi, 30 novembre 2015

« Le libéralisme est une valeur de la gauche » *

Ce que je retiens des nouvelles du jour, c'est que la femme de Macron, Madame Trogneux, prof de lettres de son état à Amiens, vient de se mettre en disponibilité pour aider son mari bénévolement ! Comme aurait dit mon copain Coluche, (ben oui, c'était vraiment un pote dans ma tête), dont nous fêtons le 30ème anniversaire des restos (enfin, fêter, n'est pas vraiment le mot adéquat), bref, comme aurait dit Coluche, je me marre !!!!

Je suis même étonnée qu'elle ne se soit pas arrêtée avant. Le vrai courage aurait été de continuer à travailler. Le plus dur, pour elle, ça ne devait pas être les élèves, ou les copies, comme pour tout prof normal, mais imaginez la salle des profs ! Le jour où ils ont dévoilé le contenu de la réforme des collèges, ou la suppression des postes, ou encore celle des horaires de latin, ben oui, pour une prof de lettres, ça la fout mal de penser que le latin ne sert à rien. Pourtant son mari, lui, il veut pas dépenser plus pour toutes ces options qui ne se monnayeront pas plus tard. Je me régale à la pensée des vannes qu'on a dû lui faire, des pétages de plomb dont elle a dû être victime. Perso, si je voyais la tête de la meuf à Macron, ou à tout autre génie de la finance dans ma salle des profs, j'aurais envie de m'en servir comme punching-ball. 

Quant à aider son mec ! Mais depuis quand une femme de ministre est censée s'immiscer dans la vie professionnelle de son mec ? Depuis quand les ministères embauchent-ils des bénévoles. C'est ceux qui sortent de l'ENA ou de Sciences Po et qui galèrent à trouver du taf qui vont être contents.

Bon, j'imagine que tout ça c'est du blabla, et que comme la bonne bourgeoise tranquille (encore plus tranquille depuis que son mec est plein aux as et est sûr d'avoir une retraite dorée) qu'elle est, elle va tout simplement faire femme à la maison, avec de multiples hobbies. Pas la peine de se la jouer femme politique engagée! 

Lisez quand même ça, c'est lamentable.

« Son avis m’importe et elle est là pour ça car on ne travaille pas bien quand on n’est pas heureux », dit le ministre. « Je suis la présidente de son fan-club », s’amuse sa femme qui insiste sur leurs « échanges parfois musclés ».

Bienvenue dans le monde de Oui-Oui trader !

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CLIQUEZ ICI POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER.

* Macron Emmanuel. Oui, il a dit ça. Sa femme, quand elle était sa prof, n'a pas dû bien lui expliquer le sens du mot "libéralisme" à notre époque.

 

mercredi, 11 novembre 2015

J'ai trouvé un dessin par idée, chuis trop forte !

Comme toujours il y a du bon et du mauvais. Des jours de soleil où l'on se croirait en juin, d'autres où déjà l'hiver nous fait vivre dans le noir du matin au soir. Vive l'heure d'hiver où l'on ne trouve plus le sommeil, où il fait jour quand on dort encore le matin, mais où la sortie du lycée se fait quasi dans l'obscurité. J'espère que cela sert vraiment à quelque chose. Moi, ça me mine tous les ans, et la lampe de luminothérapie a déjà repris du service.

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Une lueur d'espoir, j'ai peut-être trouvé une solution pour mes yeux. Les lentilles journalières semblent me convenir. C'est un peu plus cher à l'achat, mais on n'achète plus de produits d'entretien et quand on ne les porte pas, on ne paye pas. Elisabeth, je porte des lentilles progressives depuis une dizaine d'années, donc je peux te dire que ça existe. Ça semble plus complexe il est vrai et du coup on ne me corrige plus mon astigmatisme, ce qui explique peut-être mon manque d'équilibre parfois.

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Les vacances m'ont fait du bien, même si j'ai passé beaucoup de temps à corriger mes copies. Mais au moins cela à mis fin au blocage psychologique qui faisait augmenter spectaculairement la pille sur la gauche de mon bureau, sans que je puisse y toucher. J'en ai vu la fin, je peux redonner des évaluations et ne plus avoir mal à l'estomac. 

copies_bac_2_1  copies_bac_2_2

http://morpheen.canalblog.com/

Ce qui me donne plus mal à l'estomac, c'est les média qui annoncent sans broncher que le Effhaine va arriver majoritairement dans ma région et que 52 % ne seraient pas gênés par une victoire de ces affreux. Ce n'est même plus ma région d'ailleurs. Elle est tellement immense cette région à présent qu'elle ne peut plus en aucun cas avoir la moindre personnalité. 

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Je termine par un truc sympa. Aujourd'hui c'est le 11 novembre, j'ai pu faire la grasse mat', et il y a de la lumière dehors ! J'adore.

PS : moment de panique, je ne trouvais plus comment on "justifiait" le texte. Z'ont qu'à changer leur interface sans nous le dire chez H&F, on leur dira rien !

jeudi, 22 octobre 2015

“Le temps marche ainsi. Ce n’est pas seulement une fuite vers l’avant. C’est à la fois un retour en arrière et une fuite vers l’avant. ”*

Je vous regarde, de temps en temps. Mais je m'occupe aussi. J'ai fini plusieurs tas, mangé avec ma tante, téléphoné à d'autres (tantes) et regardé ma série signée Klapisch, 10 %. J'aime bien, je ris, je trouve le milieu bien décrit, avec ce qu'il faut d'exagération et d'humour. Demain je fais un petit tour par la campagne pour aller faire réparer mon mobile qui a subi un choc lors d'un coup de vent violent fin août. Vendredi je vais chercher ADMV avec un tas de trucs qu'elle ne peut pas rapporter en train. Samedi, repos, valises, et Dimanche, vacances ! on part se ressourcer dans un hôtel spa, où il pourra faire le temps pourri qu'il veut autour, on s'en fout. J'emmène un bouquin, pas de copies, et je vais DORMIR. Là, je peux pas beaucoup, demain matin, encore un paquet ! (on n'oubliera pas d'enregistrer les épisodes de mercredi prochain.)

Et comme tous les ans je suis à peu près dans le même état à la même date, et que ça recommencera l'an prochain, on peut dire que ma note, c'est un peu Retour Vers Le Futur.

* Cedric Klapisch

samedi, 10 octobre 2015

Mes lunettes, c’est ma burqa à moi. Je suis un peu myope, et les myopes, quand ils retirent leurs lunettes, ils ont un air de petit chiot mignon qui veut se faire adopter. *

Un petit air d'automne ensoleillé depuis une semaine aurait tendance à me rendre le moral, mais le boulot et ses obligations en plus des cours habituels (réunions de parents, organisation de l'emploi du temps de l'assistante, copies à corriger, sorties "culturelles") me rendent morose.

Je n'ai plus l'âge. Je suis fatiguée. Je me suis endormie sur le canapé hier en rentrant à 15 h 30 et ne me suis réveillée que deux heures plus tard ! Je voulais pourtant seulement faire une mini-pause. Mon genou gauche me fait mal suite à une chute fin septembre. Et une bizarre douleur, genre brûlure, me harcèle sur l'épiderme. Pourtant, pas de trace, ni d'irritation apparente. Et pour clore le tout, je ne supporte plus mes lentilles de contact, et ça, ça m'attaque vraiment le moral !

Pour notre mariage, on a eu entre autres cadeaux tous bien choisis, un bon pour une séance de photos. Je n'arrive pas à m'imaginer me faire photographier avec mes lunettes. 

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Il y a quelques bons côtés. Hier soir, au réveil, je suis allée chercher ADMV à la gare et on a passé une bonne partie de la soirée dans un bar à vins tenu par deux copines, et c'était vraiment sympa et délicieux. 

Et dans une semaine je serai en vacances. Dormir ! mais aussi corriger. J'ai 7 paquets en souffrance. Je traverse une phase de phobie corrective aiguë. 

La deuxième semaine on fait notre deuxième voyage de noces. Ça, c'est cool.

Et pour finir, parce que mieux vaut rire de tout :

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*Karl Lagerfeld... qui n'est pas à une connerie près quand il l'ouvre.

jeudi, 24 septembre 2015

Il faut que la peinture serve à autre chose qu'à la peinture.*

Bon, j'ai pas gagné 50 000 euros. Je suis moins cool et moins rapide qu'il y a six ans, faut que je m'y fasse. Mais JLP est également plus stressé et fatigable qu'il y a six ans. Y'a une justice. Je vous enverrai un mail perso pour vous dire à quelle date je vais crever le petit écran !

J'ai un mois de septembre hyper chargé côté boulot, comme côté loisirs. Une invitation ou/et un spectacle par weekend, l'arrivée de notre petite assistante, qui a bien besoin de soutien tellement qu'elle est timide et jeune (20 ans !), un spectacle ce soir suivi d'un resto avec une copine, s'inscrire aux spectacles de cirque, danse et autres arts vivants à faire très vite, inscription aux cours de peinture, et mes 198 élèves auxquels il faut que je fournisse boulot et évaluations. J'attends les vacances ! mais je n'ai pas encore organisé, alors que j'ai plein d'envies, mais la peur d'être trop crevé pour mettre en oeuvre. 

On croit se détendre en lisant les blogs, les journaux ou fessebouc, mais on croule sous les nouvelles les plus réjouissantes. Tellement de morts et d'horreurs en tous genres qu'on se dit qu'il faut vivre en ermites pour ne pas sombrer dans la déprime. Et puis les gens autour de moi qui ne vont pas forcément bien, au boulot, et ailleurs. Alors là, on se dit "je vais bien, j'ai de la chance", mais le cheval doit être doté d'une grosse capacité à l'empathie, parce que parfois, c'est trop dur à se dire même ça.

Vivement que je puisse vider tout ça sur mes toiles ou mes feuilles. Y'a qu'après le cours de peinture que je me sens mieux. Et cette année, le lundi soir, j'aurai sporco avec mes potes du boulot. Super !

A propos de peinture, je ne vous ai pas montré ce que j'ai fait en deux heures lors de mon dernier cours en mai. La nana a posé par périodes de 15 minutes, et j'ai fait ça sans dessin préalable, directement à l'acrylique sur papier kraft. La photo a un peu déformé l'original, parce qu'à cause de l'escalier, je ne peux pas me tenir juste en face.

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*Matisse 

lundi, 14 septembre 2015

Des vacanciers en septembre ? C'est possible, sans aucun d'août. *

Je sens qu'on grogne, qu'on maugrée, qu'on dit pis que pendre sur ma paresse. Nous sommes le 14 septembre, et ce n'est que ma deuxième note depuis la rentrée. Eh bien sachez que le 14 septembre c'était la date traditionnelle de ma rentrée quand j'étais petite. Alors du coup, me voici.

Que vous dire. C'est comme les autres années, avec quelques têtes nouvelles, de plus en plus difficile à mémoriser et à associer aux noms de mes listes. Sur les 198 élèves que j'ai cette année, je n'en connais qu'une vingtaine. Et ma mémoire, elle, ne s'arrange pas.

Cela m'inquiète d'ailleurs, car je vais bientôt participer à mon jeu TV préféré, l'enregistrement est très bientôt, et comme je l'ai dit à mon chef aujourd'hui "Ça va être moins flamboyant qu'il y a six ans..." Je révise, je m'entraîne. Quand je bute sur une question cinéma, je me dis "Oh, Pascale va être furieuse" et quand c'est sur une question musique, je n'ose plus regarder ADMV. J'aimerais bien tomber sur le thème "blogs et sites", au moins dans ce domaine j'ai de l'expérience.

En dehors de cela, samedi soir je suis allée ré-écouter Francesca Solleville à Ivry. Je ne me lasse pas de son engagement, de l'émotion qu'elle transmet, de son amour pour Ferrat et Leprest. A Ivry, il y a le Forum Léo Ferré, et c'est vraiment un chouette endroit, avec une programmation de chanson française riche et variée. Dommage que j'aie quand même quelques kilomètres à faire pour y arriver. Et samedi, la pluie battante qui s'est abattue sur nous à quelques kilomètres du périphérique ne nous a pas aidés !

A part ça, jeudi je fais grève, l'occasion d'avancer mon boulot et de réviser mes capitales et mes présidents de la république. 

Marc Escayrol

jeudi, 09 juillet 2015

Il n’existe guère de texte, si ennuyeux soit-il, qui ne contienne une perle susceptible de faire rire.”*

Ca y est !!!!

A 8 h 20 je me suis dit qu'il était raisonnable de me déclarer en vacances, car le centre d'examens ne m'avait pas appelée, et cela voulait dire qu'aucun candidat n'avait choisi de prendre anglais à l'oral. C'est grâce à France Infos qui, comme tous les media, fait appel à des "experts" qui expliquent qu'il faut choisir des matières où l'on a obtenu une note extrêmement basse. Ce qui est totalement inepte, si l'on n'ajoute pas "et dans laquelle on obtient d'habitude la moyenne". Imaginez le mec qui prend maths, parce que c'est une matière "importante", coeff 5, qui a eu 3 et a 4 à l'année. L'heureux candidat gagnera maximum 10 points. Alors que celui qui prend anglais où il a eu 9, mais qui a d'habitude 12, peut espérer avoir 13 et gagner 12 points. D'autant plus que les profs de langues sont rarement ceux en jury qui disent "moi, je n'ajoute pas de points. je suis contre, par principe." Fin du paragraphe spécial candidat malheureux au bac.

Hier soir je m'étais couchée très tard, car j'ai regardé sur la 3 un excellent documentaire sur le massacre de Srebenica. C'était il y a 20 ans. Les Casques Bleux n'ont rien empêché, bien au contraire. J'y étais en vacances 4 ans avant. D'autres y sont allés très peu de temps après. Et les Serbes refusent de parler de génocide. Dur de dormir après ça.

Plus léger. Sur le net on trouve des sites incroyables. En quelques secondes, j'ai créé ça :

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Et un peu plus tard, je suis tombée sur cette page où les citations sont très fortes ! Cliquez sur la photo et dites-moi quelle est votre préférée.

 

Moi, j'ai choisi celle-là, parce que le représentant des parents au fonds social a proposé le mois dernier que, plutôt que d'aider les parents à payer l'abonnement aux transports en commun, nous ferions mieux de leur conseiller d'acheter en vélo. Si tu es pauvre, t'as qu'à pédaler !

* Didier Nordon