mercredi, 25 juin 2008

Le bac en vers... et contre tout !

Levée tôt, sept heures vingt,

Pamplemousse, pas de terrasse,

Faut qu'j'm'y fasse,

Il pleut, y'a un grain.

Nickname, surname, c'est pas pareil.

Contresens, hors-sujet, basta, je raye.

Deux questions, 79 fois,

Un café, enfin je bois !

Une belle phrase vaut cinq points,

Une faute grave beaucoup moins.

10 heures : je me lasse.

Midi : chic, une pause !

16 heures : j'ai ma dose.

18 heures : je trépasse...

vendredi, 20 juin 2008

Même pas pleuré !

Cet après-midi on m'a donné un paquet à recompter moi-même : 80 copies ! Dans ces moments-là, je voudrais être prof de latin, allemand, ou russe !

Dimanche matin je pars trois jours à l'autre bout de la France interroger pour le BTS, mais on n'a pas voulu me priver du plaisir du bac sans doute. J'ai déjà interrogé deux jours au début du mois à 80 km de chez moi. La commission d'entente (Je suppose que c'est une réunion de plein de gens appareillés...) a eu lieu ce matin, et on va nous envoyer le barême et les modifications par la poste. Ils ont fait semblant de croire que cela arriverait demain matin dans nos boîtes aux lettres ! Alors que si c'est pas posté avant 11 heures (et même si ça l'est), y'a aucune chance. Avec le paquet, y'avait même pas de barême. Heureusement une collègue sympa me l'a photocopié, comme ça je peux commencer à corriger demain. Sinon, je devrai le faire entre mercredi matin et lundi 30 juin à 8 heures, heure où on ne pourra plus se connecter sur internet ! On nous fait rentrer nos notes sur ordinateur depuis des années, mais nos IPR ne sont pas capables de nous envoyer les barêmes par internet. On nous a pourtant imposé de magnifiques boîtes académiques !

 J'ai un poids sur l'estomac depuis qu'on m'a remis l'enveloppe marron, mais j'ai été très forte !

jeudi, 12 juin 2008

L'heure des bilans

J’ai donné hier mon dernier cours. Enfin, cours, je m’entends, avec mes secondes sympas on a regardé Shrek. Et avec eux j’ai bien ri aux aventures de cette belle princesse tellement belle qu’elle aurait pu être mannequin, et qu’un petit roi moche et plein d’ambition autoritaire voulait épouser. Mais dans les contes de fées, la princesse épouse le gentil ogre ! Ensuite, je suis allée à la commission d’appel où l’on a fait passer l’élève à qui l’on donnait une chance de refaire une seconde pour ne pas se vautrer en première et terminale S. Son père, qui mériterait d’être militaire s’il ne l’est pas (je n’ai pas relu la fiche…) a su convaincre les membres de cette commission devant laquelle je m’étais pourtant promis de ne plus venir jouer les accusées. Mais on ne se refait pas, tous les ans notre naïveté et notre conscience (professionnelle ou non) nous fait croire qu’il faut aller jusqu’au bout et ne pas céder au chantage, à l’autoritarisme, voire aux insultes et aux coups bas. Tout ça pour perdre trois heures. Ca dure 20 minutes en principe, mais c’est comme chez le médecin, ils prennent des rendez-vous toutes les 20 minutes, mais ils écoutent les parents pendant 35 minutes (j’ai chronométré !) parce que nous, les profs principaux, on nous expédie en 4 minutes 30…

Une fin d’année, c’est toujours l’heure des bilans. Cette année qui devait être cool grâce à l’absence d’heures sup’ et un emploi du temps assez bon, s’est avérée chargée en réunions, stages, rendez-vous avec les parents occupant bien les heures de « liberté ». Dans la classe dont j’étais prof principale 6 élèves redoublent, dont deux dans une section où ils espèrent cette année être acceptés, pas comme l’an dernier. Mais la brochure ONISEP fait souvent rêver les élèves à des options alléchantes, auxquelles très peu auront droit… Et nous les retrouvons dans nos secondes générales, sans motivation, sans les pré-requis pour comprendre et exécuter ce qu’on leur demande. Mes autres classes ont mieux réussi, du moins j’espère. Les résultats du 3 juillet me le diront.

Juin, c’est aussi l’heure des projets. Demain tout le lycée planche sur l’organisation et les contenus de l’an prochain. Répartition des classes. Pas de projet pédagogique particulier pour moi. Cette année aucune rétribution pour tout le travail de concertation et de préparation de projets interdisciplinaires, donc, j’abandonne. Je ne suis pas bénévole dans une ONG, mais enseignante. Le gros incompétent devra s’y faire. Que puis-je espérer pour l’an prochain ? Des classes moins chargées en seconde ? Des élèves moins consommateurs ? Certains collègues plus ouverts ? Une fatigue venant moins vite ?

En attendant, il y aura les examens, les oraux, les copies, les délibérations,  re-les oraux, re-les délibérations, puis enfin, le 8 juillet au soir, les vacances !!!

jeudi, 05 juin 2008

SAYELAKONVOKELA

 

 

FAIT CHIER !

 

mardi, 03 juin 2008

Les joies du bac

Faire passer l'oral du bac c'est écouter 29 candidats en deux jours parler chacun vingt minutes, avec une coupure de dix minutes le matin, et trois quart d'heures pour manger à midi, dans une ville où la tension des restaurateurs a l'air très basse. C'est avoir l'air attentif en permanence, sourire pour rassurer le candidat, ne pas faire de grimace ni choper un fou rire, quelle que soit la perle qu'on entend. Bref, ce soir je suis exténuée. J'ai oublié de mentionner les 80 km aller, et les mêmes au retour, les deux jours ! Pourvu que les radars m'aient oubliée. Je n'ai rien exagéré, mais sur des routes qui se transforment en autoroute sur 20 km, sans sommation, et qui sinon passent du 110 au 70, via le 90, anarchiquement, j'ai toujours du mal.

On rentre de ce genre de journées en en sachant toujours plus. Par exemple, j'ai appris que le Mur de Berlin avait été construit en 1974 (!), le candidat a d'ailleurs confirmé malgré ma question à ce sujet : "Are you sure ?" (Je vous assure, si on vous pose cette question, il y a 99 % de chance que vous veniez de dire une connerie...). J'ai aussi appris que l'Allemagne avait du mal au lendemain de la guerre à cause d'un lac d'argent. (a lake of money !), que l'architecte connu pour son oeuvre à Barcelone était Gandhi, et que la plupart des élèves interrogés étaient "intéressants en anglais", (interesting in English), ce qui n'a pas vraiment été confirmé par ces entretiens.

Mes notes vont de 6 à 18, il faut de tout pour faire des bacheliers. Je suis assez satisfaite dans l'ensemble de cette épreuve, car j'ai aussi croisé des jeunes vraiment très passionnés par leurs études, motivés et ouverts d'esprit. Maintenant, il ne me reste qu'à espérer ne pas trouver dans mon casier demain une convocation qui m'annonce que je repars dans trois semaines passer deux ou trois jours dans cette magnifique ville !

mardi, 13 mai 2008

C'est moi qui suis trop cool, ou bien ?

Ce matin un collègue était choqué, offusqué, outré, les mots ne manquent pas pour décrire la pendule qu'il nous "...ait" à propos de la fête de fin d'année organisée par les élèves. C'est un soir de semaine. C'est une semaine avant la fin des cours. Pour que ça puisse avoir lieu, il faut qu'ils trouvent des profs volontaires pour "surveiller". Ce genre de soirée, ça se termine à minuit au plus tard !

Je lui ai dit qu'il avait des idées de vieux ; il m'a répondu que j'étais plus vieille que lui (c'est un être délicat...) ; je lui ai rétorqué que moi, j'étais capable de faire la fête et de faire cours le lendemain matin.

Alors il a embrayé en prétendant que ce genre de fêtes devrait avoir un caractère uniquement privé et se faire en dehors du lycée, que de son temps, etc. Là, je me suis retenue de lui dire qu'à mon avis, aux fêtes organisées en dehors de son lycée à l'époque, il ne devait pas être souvent invité !

Moi, à la fête de fin d'année, j'y serai, et je compte bien m'y amuser.

mardi, 29 avril 2008

Le croiriez-vous ?

En septembre prochain je perds ma proviseure-adjointe. Cela fait cinq ou six ans qu'on bosse ensemble, et je dois l'admettre, je suis un peu triste. Et j'ai senti qu'elle l'était un peu aussi. Si jamais elle croisait ce blog, ce qui m'étonnerait, mais on ne sait jamais, qu'elle sache qu'il y a des chefs qu'on apprécie et qu'elle a beaucoup apporté au lycée.

C'est peut-être la fin d'un projet pédagogique qui était déjà en péril... Mais j'hésitais encore.

Nous allons donc avoir un nouveau sous-chef ! Le mystère reste entier. Je vous tiendrai au courant.

dimanche, 27 avril 2008

Parents, lisez !

Je suis pépé. Cela veut dire que je suis la synthétiseuse d’informations venant de tous les professeurs vers les parents, l’administration, et les élèves. Par ailleurs je suis la gentille animatrice des conseils de classe, organisatrice de la sortie « prise de contact » en début d’année, la rappeleuse à l’ordre quand la Vie Scolaire ou les documentalistes me sollicitent, et on voudrait en plus que je fasse le travail des Conseillers Psychologues d’Orientation (appelés couramment « COPS », ce qui ne fait sourire que les profs d’anglais.). Plutôt que de faire leur travail et ainsi favoriser la suppression annoncée de leurs postes, je leur envoie régulièrement des élèves, prenant parfois moi-même les rendez-vous, quand mes secondes traînent des pieds, et vérifiant qu’ils y sont bien allés.

L’orientation, c’est aussi informer les parents, qui le sont déjà par les bulletins de notes, et qui sont cordialement invités à une première réunion d’information mi-octobre, puis une rencontre individuelle juste avant noël, (c’est là que ceux qui viennent décident s'ils pourront économiser en privant leur enfant de MP3 ou de playstation…). Par ailleurs il y a une feuille dans le cahier de textes où l’élève doit, selon le règlement, inscrire régulièrement les notes obtenues. Mais, c’est là que le bât blesse, car la communication et la confiance réciproque, entre les parents et leurs enfants de 15 ans, ce n’est pas une vérité universelle. C’est pourquoi, jeudi et vendredi soirs après mes cours, alors que je recevais les parents dont les vœux provisoires ne correspondaient pas à notre décision provisoire, j’ai eu l’impression d’annoncer des nouvelles parfaitement inattendues. J’avais convoqué les familles tous les quarts d’heure, et je dois dire que j’ai fait mieux que ma généraliste : jeudi je n’ai pris aucun retard, et vendredi je ne suis sortie que 7 minutes après l’heure prévue !

J’ai eu droit au père sûr de lui, et péremptoire, qui clame que de toutes façons c’est lui qui décidera du passage ou non, semblant oublier qu’il y a une procédure légale, une commission d’appel, etc, et qui s’enorgueillit d’avoir déjà tout décidé pour son fils, en l’occurrence il fera une école d’ingénieur comme son frère ! Le fils est livide et impassible à côté, alors qu’il est vautré et insolent d’habitude… Il y a eu aussi la mère de celui à qui je voulais surtout donner un coup de pied aux fesses moral, vu que je ne suis pas idiote, et sais très bien qu’on n’empêchera pas 19 élèves (nombre de cas convoqués…) de passer sur une classe de 34 !, qui n’est là que pour le défendre coûte que coûte. Eh bien, Madame, si vous souhaitez que votre fils reste fumiste, et gâche ses possibilités, libre à vous. J’ai aussi essayé d’expliquer à des parents psycho-rigides et hyper angoissés, que leur fille aurait besoin de faire du yoga ou de la sophro avant les devoirs, pour ne pas perdre 90 % de ses moyens… Mais l’émotivité et la tétanie qui en découle semblent « courir dans la famille » (comme disent les anglais). Plusieurs aussi prétendent (le croient-ils vraiment ?) que leur enfant pourra en un mois rattraper deux ou trois points de moyenne générale ! Bien sûr ils lui paieront des cours particuliers tout l’été (Bourreaux d’enfants !!!) Un autre m'assena qu'on lui  avait dit, pourtant, que nous étions un bon lycée...  Et enfin, j’ai appris qu’un élève prétendait être handicapé parce qu’il est paresseux ( !) et donc assurait qu’un redoublement ne servirait à rien et qu’on devait l’excuser… Alors que mon élève handicapé, réellement, est prêt à redoubler, pour arriver au bac, le temps et les efforts comptant moins pour lui que le but à atteindre.

Sur les 19, 14 m'ont quand même dit "merci".

Après cela, je me suis détendue hier au soleil, et aujourd’hui me suis remise courageusement au boulot, me demandant quand même si je devais continuer à provoquer ce genre d’entretiens.

vendredi, 21 mars 2008

Les vendredis après-midis me réussissent !

Compréhension orale. Une interview. Premier paragraphe. Consigne : Notez les idées-clés pour pouvoir ensuite reformuler les arguments de la maman. Question : "Pourquoi a-t-elle choisi d'habiter là où elle habite ?"

Ambition de la prof (en l'occurrence moi) : rappeler aux secondes ce qu'est un mot ou une idée-clé. "C'est un groupe de mots qui donne l'essentiel de l'information. Ne notez pas les détails donnés en plus. Par exemple si elle vivait à la campagne, elle vous parlerait peut-être des différentes couleurs de l'herbe, des nuances, etc. Mais ce qui compterait, qu'il faudrait noter, c'est la phrase [J'aime l'herbe !] Je clame ça haut et fort, en ajoutant "C'est ça qui est important !", et au même moment, je me rends compte de l'énormité que je viens de sortir, et je découvre les visages hilares de mes élèves, et les bavardages pleins de commentaires ...

En grande professionnelle, j'ai réussi à poursuivre l'exercice sans rougir, ni rire, et j'espère n'avoir aucune plainte de parents parce que la prof d'anglais de leur enfant clame ses goûts illégaux.

jeudi, 13 mars 2008

Je fais un métier formidable

 Bulle a dit : "Ed, le portrait de tes six élèves les plus atypiques, ou turbulents au choix."

Ce que je préfère dans mon métier, ce sont mes élèves. Tant mieux finalement parce si je calcule bien, j'en ai eu pas loin de 5000 en 25 ans. Un peut moins que ça quand même, puisqu'il y en a que j'ai eus plusieurs années de suite, et que j'ai été un an stagiaire, et deux ans à temps partiel, et donc ai eu moins de classes ces années-là. Bien que je dise parfois qu'ils m'horripilent, m'agacent, me fatiguent, et j'en passe, il y a aussi eu, comme je le disais récemment chez Telle, des moments de bonheur et voici les six élèves dont je me suis souvenue en premier :

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Il y a eu Celle Qui Est Devenue Prof Des Ecoles. En 4ème et 3ème, elle était hyper dynamique, rigolote, gentiment insolente, et elle n'a pas changé. Parfois le mercredi elle m'envoie des blagues hilarantes par internet, et récemment elle est venue me montrer son gros bide de son troisième enfant. Si elle se reconnait par hasard sur ce blog, qu'elle m'excuse de ne pas l'avoir encore félicitée pour ce dernier moutard ! Sa vieille prof n'ayant pas oeuvré en ce sens, elle repeuple la région...

Il y a eu Celui Qui M'Avait Offert Une Broche En Pâte A Sel en forme de salade de fruits. Il était brillant et intelligent, et rêvait de devenir cuisinier. Tous les ans jusqu'à sa sortie du collège, j'ai porté sa broche au moins une fois par an, m'arrangeant discrètement pour qu'il le voie. Récemment j'ai découvert sur internet qu'il avait fait un master de restauration. Bravo !

Il y a eu Celui Qui Etait Un Gentil Gothique très fier de me montrer sa nouvelle jupe, et ses énormes chaussures montantes, véritables armes en puissance, qui s'étonnait que les gens le regardent bizarrement dans le bus, et que les profs parlent de lui... Depuis je l'ai rencontré, tout en noir, mais dans un autre style, il étudiait le commerce.

Il y a eu Celui Dont Tout Le Monde Me Disait De Ne Pas L'Emmener En Angleterre, et qui s'était avéré plus efficace comme assistant que le collègue qui nous accompagnait ! Un jour, sans se rendre compte que ça aurait pu me fâcher, il m'a prêté un disque de Ben Harper, que je ne connaissais pas à l'époque, en me disant "Vous allez sûrement aimer, ma mère adore !". J'avais à peine 35 ans, et lui 17 et demie...

Il y a eu Celle qui était mutique en CPPN. La Ceupeupeuneu, vous ne savez peut-être pas ce que c'était. Une classe de 15 à 20 élèves en grande difficulté, pas que scolaire ! Elle, elle refusait de décrocher un mot aux adultes. Un jour, un peu par provoc', le nounours accroché à sa trousse m'a répondu. Je n'ai pas ri. J'ai accepté, et toute l'année, le nounours a fait de grands progrès en anglais.

Et enfin, il y a eu Celle Qui M'a Ecrit Deux Jours Après Les Résultats D'Examen pour me demander si on pouvait être heureuse en vivant avec une femme, parce que sa maman lui affirmait que non. Je lui ai assuré qu'on ne pouvait être ni plus sûre, ni moins sûre d'être heureuse avec une femme qu'avec un homme. J'espère qu'elle est toujours amoureuse. En tous cas, elle m'a appris que si mes collègues semblent bouchés parfois, je n'avais pas besoin de faire mon coming-out auprès de mes élèves...

Laissez-moi au moins six commentaires, je serai contente, et ne taggerai personne !

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