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vendredi, 08 mai 2020

Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois *

J'ai envie de vous présenter un livre. Il a 73 ans. Au début il n'existait pas. Mais deux frère et sœur sans enfant, dont je pourrais vous raconter l'histoire un jour, Fernand et Alice, donnaient leur amour à leurs petits-neveux et nièces en leur offrant des vacances, des moments heureux dans un jardin, et des lectures. La revue Lisette fut achetée toutes les semaines, puis les numéros furent reliés pour en faire un livre. Fernand, ancien ingénieur, était en retraite, avait vécu deux guerres, et voulait toujours apprendre plus. Malgré tout cela, il n'avait pas perdu son optimisme, sa foi en l'humanité, le modernisme, l'avenir. Un relieur qui avait sa boutique pas loin lui a appris la technique. C'est ainsi que mon grenier est plein de livres divers, de plus ou moins grand intérêt, mais merveilleusement reliés. Cet "album de Lisette", comme je l'appelais enfant, a fait mon bonheur. J'ai tout lu, en négligeant sans doute un peu trop les pages couture et tricot. Aujourd'hui, en période de confinement, je le regrette. Sinon, oui, j'ai tout lu. J'y ai acquis autant de principes moraux de base que d'esprit critique. Car oui, certains textes me faisaient sourire, ou bondir, mais j'y puisais ce qu'il y avait d'émotion et de nostalgie universelle. Et savoir que ma mère avait feuilleté ces pages, sans les abîmer du tout, donnait à cette lecture encore plus de valeur. Je pense que je vais relire le roman-feuilleton "Nicole au Pays des Dollars", et me demande quelle idéologie il véhiculait !

 

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* Pierre Dumayet

 

samedi, 25 avril 2020

Avec le confinement, tout est à retardement.

Le confinement est une étrange expérience. Je ne sais pas si c’est dû à mon âge, ou si cela fait la même chose à beaucoup de monde, mais j’ai l’impression que cela me fait assister à ma transformation. Je me vois vieillir. Je me demande si je vais savoir ressortir, remarcher, re-rencontrer du monde et avoir envie de parler. Je m’habitue bien à ne plus être entourée au quotidien de gens dont la plupart ne représentaient pas grand-chose pour moi. Je parle de mon boulot. Mes collègues, sympathiques dans l’ensemble par ailleurs, mes élèves, à qui je souhaite le meilleur pour l’avenir. Mais ne plus les voir ne me manquera pas.

Non, le confinement fait ressortir l’essentiel. Ma famille. Mes amis. Des personnes âgées que je ne reverrai peut-être pas. Un ami est en train de perdre son père qui est en maison de retraite. Une autre, sa maman qui, elle, a la chance d’être chez elle avec son mari. Mais dans les deux cas, je ne les reverrai pas, car je n’ai pas un lien de famille directe avec eux. Vraisemblablement, je ne serai même pas aux obsèques.

Le plus dur dans tout cela, c’est de ne pas pouvoir être présente auprès de mes amis. J’apprends les nouvelles par téléphone, par sms, par mail ou par lettre. Est-ce que cela rend les mauvaises nouvelles plus acceptables, moins traumatisantes ? En tout cas, je peux réagir seule, à distance, et continuer mon confinement. Je n’interromps pas ma vie, comme je l’aurais fait en temps normal, pour rendre visite, serrer dans mes bras, prendre le temps de veiller avec quelqu’un. Le nombre des mauvaises nouvelles a augmenté, et pourtant la douleur étant en mots, mais pas en actes, elle semble me toucher moins. Mais est-ce que ça ne sera pas une explosion d’émotion, de tristesse, de douleur, quand je reverrai en même temps ou presque tous ces gens que j’aime et qui ont perdu, ou sont en train de perdre quelqu’un d’important ?

Ma colère aussi va exploser à retardement. Je ne sais pas comment. Mais tout ce que je lis et entends de la part des gens de pouvoir et d’argent, s’accumule et me rend comme insensible, tellement il y a d’injustices, d’inepties, de violences, dont je suis témoin à distance, mais contre lesquelles je ne peux pas réagir. Pas encore.

 

https://www.amesauvage.com/blog/achat-tableau-n391

achat tableau moderne

mercredi, 08 avril 2020

“Il faut croire que la plus grande inconscience de l’homme, c’est celle de sa propre vie.”*

 

AIRE DE PIQUE NIQUE LE PONT DES BUTTES, BRISSAC LOIRE AUBANCE

Confinement Jour 23

On a d’abord su que les écoles, collèges et lycées fermaient. C’était tellement étrange, inédit, qu’on ne savait pas si l’on devait s’en réjouir ou pas. Evidemment cela signifiait que l’épidémie de Coronavirus devait être grave. On entendait parler de ce qui se passait en Italie, en Alsace, mais sur place, encore rien. D’un autre côté, j’étais prête à exercer mon droit de retrait, et cette annonce de fermeture simplifiait tout. Pas de certificat médical à demander à mon médecin, pas de courrier à faire au médecin de prévention. Dans le weekend, on a fait des courses, comme tout le monde, mais peut-être mois que d’autres, car ADMV qui est prévoyante, avait déjà fait des provisions de produits de base au fur et à mesure qu’elle lisait la presse. Elle était rentrée de son boulot en région parisienne fatiguée, et toussant depuis le mercredi. Moi, j’allais bien, et puis elle est fragile côté ORL, tousse souvent, donc je ne me suis pas inquiétée plus que ça. Mais ça évoluait bizarrement. Une bonne gastro, de la fièvre. Moi, toujours rien. Sauf le lundi soir, de la fièvre aussi. Mal à la tête. On avait déjà décidé depuis le weekend précédent de dormir et se laver chacune à un étage, pour que si l’une était contaminée, l’autre puisse éviter de l’être aussi. Au lycée je passais mon temps à me laver les mains entre chaque cours, depuis dix jours au moins. Le mercredi, elle allait vraiment mal, alors le jeudi elle a obtenu un RV chez son médecin, et est revenue avec un papier la décrivant comme « symptomatique ». On a encore fait plus attention. Ses symptômes se sont aggravés. Toujours fièvre, maux de tête, douleurs dans le dos et les jambes, et puis elle avait perdu l’odorat et le goût. Tout m’est arrivé pareil, à chaque fois 4 jours plus tard. J’ai parlé à mon médecin. Oui, j’étais sûrement contaminée aussi. Pas d’arrêt de travail, je ne voulais perdre ma journée de carence. Pas de test, on ne serait testées que si on était hospitalisées pour essoufflement grave et problème pulmonaire. Pas de traitement. Prendre un peu de doliprane, mais pas trop, car le corps doit se défendre seul et on doit savoir où on en est côté fièvre. Bref, 21 jours pour ADMV, 17 jours pour moi ! Des symptômes variés qui s'enchaînent de manière étonnante. On va mieux. On n’est pas dans les statistiques. On espère ne plus être contagieuses et immunisées, mais les infos sont vagues et contradictoires. On n’est pas sorties pendant tout ce temps, sauf chez le médecin et à la pharmacie. Et hier, première sortie « courses », masquée, parce qu’on ne sait jamais. Autour de nous c’est un peu l’angoisse. Des membres de ma famille sont en Ehpad, d’autres attendent des opérations pour des maladies graves, d’autres bossent en hôpital et risquent leur vie. Et nous, après avoir beaucoup angoissé, on se sent beaucoup mieux, comme guéries, protégées dans notre maison, qu’on se sent privilégiées d’avoir, avec son jardin. Il fait beau. Je bosse, mais c’est plutôt moins fatigant que la classe en vrai. Parfois on oublie presque le monde extérieur. Je vis dans un quartier où les gens respectent assez bien le confinement. Mais je vois des images de rues et de villes où les gens se comportent comme des inconscients. J’ai lu un titre d’article qui parlait d’un « suicide collectif », mais ce n’est pas que ça, c’est aussi un « meurtre collectif ». Et puis il y a des confinés qui craquent, de tous âges. J’appelle régulièrement mes copines célibataires. On a la chance d’être deux. Pour se soigner c’était plus facile aussi.  J’espère que vous allez bien, mes lecteurs.trices.  D’écrire tout ça m’a fait du bien. Je n’arrive pas à être drôle. Désolée.

A midi, on a fait un pique-nique au soleil, accompagnées par le chant des oiseaux et les bourdonnements des insectes. C’était tellement bien !

* Marc Levy

mercredi, 18 mars 2020

“La création, comme la vie, est par définition un processus hors équilibre qui nécessite un certain degré de confinement.” *

Je suis confinée. Je l’attendais. Entre jeudi dernier et dimanche matin, on a eu ordres et contre-ordres de notre hiérarchie, car au ministère, Blanquer a joué à celui qui sait mieux que tout le monde, et s’est fait à chaque fois contredire par le gouvernement, parfois quasi immédiatement.

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Jeudi dernier, j’étais à deux dois d’exercer mon droit de retrait. Mon âge, et un dossier médical qui peut me rendre « à risque ». Le médecin de prévention en est au courant, puisqu’elle m’a accordé un allègement de service. Et à 17h, Blanquer clamait haut et fort que les écoles ne seraient jamais fermées. Jeudi soir, Macron annonce que toutes les écoles, collèges et lycées seraient fermé.es. J’étais soulagée. Vendredi, au lycée, élèves en ébullition, ambiance de pré-vacances. Je mitige leur joie en leur disant qu’on allait assurer une « continuité pédagogique », donc sans doute un travail sur internet. Mais quand même. Tout le monde était un peu énervé. Samedi matin, lettre à tous les profs, de mon chef : on allait effectivement faire du télétravail, mais du lycée, et pour commencer, on était convoqué aux conseils de classes, et à une grande réunion de tous les profs, de la vie scolaire, de la direction. En tout, bien une centaine de personnes. Là, mon sang n’a fait qu’un demi-tour, et je n’étais pas la seule, puisque deux collègues ont tout de suite écrit qu’elles ne viendraient pas, pour raisons médicales. Pour une fois, j’ai essayé de réfléchir avant d’écrire, et j’ai envoyé ma lettre ouverte à la première heure : Je n’irais pas non plus, j’étais solidaire avec les deux collègues, mais je trouvais aberrant et contraire aux propos d’Edouard Philippe de la veille au soir, ou du vendredi, je ne sais plus, qui disait à tout le monde de se confiner ! de favoriser le télétravail quand il était possible. Je montrais clairement le manque de confiance que nous faisait notre hiérarchie, alors que depuis toujours les enseignants travaillent plus d’heures à la maison qu’en classe ! Nous faire venir au lycée aux heures de notre emploi du temps, pour risquer de se contaminer, était véritablement une insulte. J’insistais sur le fait que ce n’était pas parce que nos enfants avaient 16 ans et demi, ou que nous en avions 59, que nous n’étions pas à risque. J’ai eu à peine le temps d’envoyer ma lettre, mon proviseur de me répondre en faisant semblant de penser que j’avais envoyé ma lettre à tous par erreur, que, quelques heures plus tard, contrordre : personne ne viendrait travailler au lycée !

Bref, depuis lundi, je suis de manière quasi-apaisée à la maison. Je travaille environ 4 heures par jour. Le premier a été dur, car la connexion à notre espace numérique de travail buggait, mais depuis ça va. Je communique bien avec mes élèves. Je ne les surcharge pas de travail, mais essaye surtout de leurs donner des pistes pour travailler seul, faire des recherches sur les notions du programme, s’entraîner à la compréhension orale sur You Tube, trouer des exercices de grammaire correspondant à leurs difficultés particulières, et en les soutenant avec un peu d’humour.

Chez nous c’est un peu tendu. ADMV a de la fièvre depuis samedi. Moi, j’en ai eu lundi et la nuit qui a suivi, mais ça va mieux. On guette les symptômes, car tant qu’ils ne sont pas là, on doit prendre du doliprane, et c’est tout. Après tout c’est peut-être un simple virus hivernal, comme ceux qui nous ont pourri la vie depuis le 7 décembre…

Il semble faire beau, mais j’essaye de ne pas trop y penser. Nous essaierons de profiter du jardin quand il fera un peu plus chaud. Je vais lire, écouter les podcasts de France Inter et France Culture. Faire mon courrier en retard.  Mais surtout ne pas sortir ! La rébellion franchouillarde à ce propos m’agace vraiment, tout comme les mensonges de nos dirigeants. Au lieu de nous envoyer voter, ils auraient dû nous confiner une à deux semaines plus tôt. Mais on est toujours plus forts que les autres !

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* Pierre Joliot  - La Recherche Passionnément 

lundi, 24 février 2020

Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique. *

La fin de février annonce le printemps. Enfin ! Jamais hiver n'aura paru si long. Peu de lumière, peu de froid, pas de neige, beaucoup de virus. Malade 3 semaines en décembre, mal remise jusqu'au 13 février, malade de nouveau. Pour nuire à mon optimisme et à celui d'ADMV qui est encore plus malade que moi depuis largement aussi longtemps, les média ne parlent que du coronavirus. On a beau savoir que jusqu'ici il a surtout fait mourir les personnes très âgées et/ou souffrant de quelque chose de bien plus grave, c'est anxiogène. Dans les lieux publics où nous toussons, les gens nous regardent méchamment et méfiamment. (ce deuxième mot n'existe pas, mais est à propos.) J'ai beau savoir que les personnes asiatiques sont l'objet d'un raciste silencieux mais ostensible, cela ne me console pas. Cette santé bancale depuis presque 10 semaines m'aura fait tester l'enseignement sans entendre. Cela amplifie les bruits de fond en brouillard sonore assez désagréable, cela transforme ma voix comme si j'avais un mégaphone intérieur et pour ne pas passer pour une idiote, j'évite de faire répéter mes élèves, ce qui me rend très "bienveillant" quant à l'évaluation des prestations à l'oral de mes élèves. Je vais terminer cette carrière en étant très populaire ! J'ai voulu consulter mon ORL, mais les rendez-vous ne se prennent que le premier lundi du mois. Je n'ai su cela que le mardi 2 février. A 24 heures près, j'ai repoussé ma consultation d'un mois. Mon rhume le plus récent a contribué bizarrement à débloquer quelque peu mon oreille droite. Mais j'ai encore quelques acouphènes persistants. 

vive la vie,blog de femme,vie,vacances

Loin de ma tête, mon entorse de la cheville, qui date du 28 octobre, me handicape pas mal et rend toute activité pénible, sauf si c'est une activité assise. Je suis donc allée au cinéma où j'ai vu "Deux". Un sujet qui m'a beaucoup parlé, car à quelques années près, j'aurais pu être amenée à vivre ça. Mais heureusement la loi a rendu ma vie privée plus acceptable et visible surtout par mon entourage. C'est bien qu'il y ait des films qui abordent l'invisibilité de l'homosexualité, mais j'aurais aimé plus d'émotion. 

J'ai lu aussi, dans mon beau fauteuil, cadeau de noël d'ADMV. Le Lambeau, de Philippe Lançon et parallèlement Semeuses de Rire, raconté par une clowne que je connais bien. Deux émotions différentes, mais des émotions vraies. 

Je suis allée une fois à la piscine. Se déplacer sans glisser est un peu un parcours du combattant, mais une fois dans l'eau, j'adore. 

Et pour essayer de régler mon problème de cheville qui ne peut plus fonctionner normalement, j'ai démarré un traitement d'ondes de choc. Ca fait mal, mais ça fait du bien là où ça fait mal. Tiens, ça me rappelle une pub. J'espère que ça marchera aussi bien qu'il y a 6 ans. Achille m'en veut ! 

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On a commencé à regarder une série dystopique sur le thème "et si les nazis avaient gagné la guerre...", Le Maître du Haut Château. C'est extrêmement bien fait, mais extrêmement flippant. Après le premier épisode, j'ai rêvé que la police venait m'arrêter car j'avais intitulé un dossier sur mon ordinateur "Affaires Sensibles". 

Voilà ce que j'ai fait de mes vacances, pour l'instant. Cette semaine, je mange au resto avec une amie et je passe une journée à Paris. Le motif principal étant que j'ai oublié mes clés dans un musée où je suis allée le weekend dernier. Quand on n'a pas de tête, il faut avoir une carte "senior" ! Ma prochaine note sera peut-être sur mes aventures parisiennes.

* Jean-Paul Sartre

jeudi, 26 décembre 2019

"Mille cinq cents oies du Périgord ont entamé une grève de la faim à quelques jours de Noël. On ignore encore les causes d'une telle décision." *

Je crois que je n'ai jamais eu un premier trimestre aussi difficile : nouveaux programmes, en même temps que les anciens, nouvelles formes d'examens, imposées au dernier moment, sans aucune rigueur, des élèves de moins en moins prêts au lycée, à cause de la réforme des collèges, une réforme des retraites qui va toucher tout le monde, mais qui dans l'enseignement semble un assaut final dans la destruction des forces et du moral des troupes, des tensions au sein de l'équipe entre qui fait et ne fait pas grève, des reproches, des culpabilisations, des auto-victimisations, de la fatigue, l'impression qu'au moindre pas cela va exploser.

Et cela a explosé.

Dans mon cas, le 28 octobre, en Angleterre, à Brighton, une ville que j'adore, mais où j'ai shooté malencontreusement du pied gauche le nez en l'air à regarder les peintures murales qui inondent la zone piétonne. Depuis, je boîte. Au début, beaucoup, et ça faisait mal. A l'entorse s'est ajouté une déchirure musculaire dans le mollet. Aujourd'hui, je boîte encore, pas que j'aie mal, mais il y a une flexion que je ne peux plus faire. Il me reste 10 séances de kiné. Je garde donc espoir. Mais j'ai la hantise de rester handicapée. Ce serait idiot, alors que je vais bientôt être totalement libre, que je ne puisse pas marcher !

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Tout est prêt, je quitte l'éducation nationale le 1er octobre 2020. Cela va être une grande date pour moi, et qui sait, le renouveau de ce blog ?

En attendant pour terminer l'année dans l'ambiance de ce trimestre, je suis atteinte d'un virus bronco-pharyngo-etc, depuis le 16 décembre, et ce noël a vraiment été le pire de ma vie. De notre vie, puisqu'ADMV, elle, est malade depuis le 9 décembre. Ce matin elle m'a dit que pour la première fois elle se ressentait "normale". J'ai donc de l'espoir. Je devrais me sentir vraiment mieux le 1er janvier, et il me restera 5 jours de vacances, juste assez pour préparer mes cours, corriger mes copies, etc, pour la rentrée. 

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Je vous souhaite vraiment de ne pas avoir eu à affronter de virus, il parait qu'ils sont plus agressifs à cause du réchauffement climatique, et d'avoir pu tranquillement profiter de ceux que vous aimez. S'ils n'ont pas pu tous venir par le train, dites-vous que vous les retrouverez un peu plus tard, et un dîner en petit comité n'a pas que du négatif !

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* Daniel Prévost

 

mardi, 20 août 2019

"Je suis curieuse des gens. C'est l'essence même de mon jeu d'actrice..."*

Il y a bien longtemps, après avoir eu mon concours, j'ai pu suivre une formation professionnelle dans ce qu'on appelait à l'époque le CPR. En plus de nos heures de pratique, 9 heures devant les élèves, nous avions une journée de formation théorique par semaine. Nous avons eu droit en plus à deux stages de 5 jours me semble-t-il dans deux spécialités que nous pouvions choisir. J'avais opté pour informatique et théâtre.

Le premier stage m'a vue essayer de comprendre ce qu'était un ordinateur et ce qu'on pouvait bien en faire dans notre métier. C'était assez complexe pour deux raisons. La première, c'est que nous travaillions sur des TO5 ou autre dinosaure et on ne nous enseignait que de la programmation, largement trop dur pour moi, et largement inutile comme la suite me l'a prouvé. La deuxième cause de difficulté pour moi était de jouer le moindre rôle dans cette formation, vu qu'on nous avait imposé des binômes et que le mien, prof de physique, pensait tout savoir et ne me laissait rien faire.

Le deuxième stage fut une réussite complète. Il était animé par une actrice, Frédérique Bonnal, qui nous a permis avec talent, humanité, pédagogie, intelligence, et j'en passe, à nous exprimer clairement, à nous mouvoir devant un public, à trouver notre place dans un groupe, à travailler sur nos émotions intérieures pour savoir les maîtriser à l'extérieur. Je me souviens de ces 5 journées avec un bonheur immense. Frédérique Bonnal nous avait aussi parler de son métier, de cet accent du midi qui lui faisait trouver des rôles, du dernier téléfilm qu'elle avait tourné avec Jacques Dufilho, de Jacques Dufilho, de sa passion pour son métier. 

Plus tard, je l'ai découverte dans le film de Guédiguian Marius et Jeannette, puis dans presque tous les films de Guédiguian. Des rôles plus ou moins importants, mais toujours justes. Et j'étais contente de la recroiser, même si elle ne s'en apercevait pas. 

Récemment j'ai pensé à elle, comme souvent, et me suis dit qu'avec internet, je pourrais peut-être la joindre, sur facebook par exemple. J'aurais aimé lui dire combien elle m'a apporté, alors que je n'étais qu'une jeune prof, assez timide, vite dépassée par les émotions.

Mais je ne pourrai pas. Elle est décédée le 29 juillet 2017. Elle était née en 1953. Je ne me souviens pas d'un hommage à la télé, ni même d'une annonce au 20 heures. Alors, ici, je veux lui rendre hommage. Elle n'a pas forcément fait une grande carrière, brillé dans les magazines ni à la télé, mais elle était une excellente actrice, et une femme généreuse, ouverte, et qui savait partager sa passion. Sur internet, on trouve peu de choses à son sujet, mais les messages laissés sur le site du CNSAD disent combien elle mérite qu'on se souvienne d'elle. http://www.rueduconservatoire.fr/article/6014/deces/frede...

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*"... Ca m'intéresse de savoir ce que ça ferait d'être vous." Meryl Streep

jeudi, 01 août 2019

“Islands are metaphors of the heart, no matter what poet says otherwise.” *

 

J'ai rencontré une île. Mull. En Ecosse. Des amis anglais m'en avaient parlé, j'en ai rêvé pendant pas mal d'années, et cette année je me suis décidée. 

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L'Ecosse est bien plus loin que beaucoup de gens s'imaginent. A partir de Glasgow, les kilomètres annoncés peuvent être doublés en temps, à cause des méandres de la route, des routes à deux voies simplement, très chargées, du temps (je veux dire la météo) qui parfois rend la circulation humide et glissante et des paysages qu'on a envie de regarder où que l'on passe. J'ai donc voulu nous épargner de circuler de Douvres au nord de l'Angleterre et d'entrer tout de suite dans le vif du sujet en voyageant de Zeebruge à Hull en bateau, de nuit. C'est comme une mini croisière, qui nous évite de conduire 564 miles (908 kilomètres). 

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A Oban nous avons repris un petit ferry pour une traversée de 45 minutes maximum, et nous sommes arrivées à Craignure (oui, drôle de nom) sous la pluie, mais même sous les cordes, l'île nous a tout de suite conquises. Pendant 5 jours nous avons parcouru toutes ses routes, oui toutes, et avons foulé ses chemins, son herbe rase agréable comme un tapis, croisé ses moutons qui paissent en liberté, ses vaches dont les troupeaux peuvent nous surprendre sur des voies très escarpées. 

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Nous avons visité quelques lieux historiques, mais surtout nous avons donné à nos yeux de la beauté et de l'immensité. Non stop ! 

Je vous conseille ce lieu pour des vacances reposantes, inspirantes. Emportez avec vous jumelles, cartes d'état-major (Ordnance Survey en anglais), de bonnes chaussures imperméables et un ciré, mais aussi des vêtements légers, car il ne fait jamais froid. On nous avait parlé des midges, nuées de moucherons, mais ils nous ont épargnées. 

Mais n'hésitez pas, c'est un lieu de rêve. Les gens y sont très cools, la circulation sur routes à une voie se fait avec beaucoup de politesse et de respect, quel que soit la taille de votre véhicule. On n'y trouve pas beaucoup de magasins, mais quelques pubs, cafés, hôtels où l'on mange bien, ainsi que les "cafés" et salons de thé où les sandwiches du midi sont délicieux, et pas trop coûteux. Vous pouvez opter pour le gîte, mais emportez quelques provisions ! 

Le reste de l'Ecosse vaut la peine aussi. Nous avons séjourné dans les Borders, moins touristique apparemment que le nord du pays, mais très beau aussi pourtant, et où les châteaux et bières sont abondants. Et nous avons terminé par Glasgow, ville très intéressante où nous avons été conquises par le musée et par un resto indien, qui fait oublier tous ceux que j'ai testés en France. 

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*Jeanette Winterson, Sexing the Cherry

mercredi, 12 juin 2019

"Il regarda l'eau, onduleuse et gonflée avec des fluorescences d'opale." (Sartre)

Nous avions bien choisi notre weekend. Nous avons pu profiter pendant 4 jours d'une région merveilleuse. D'habitude, quand je passe par Calais, je traverse la Manche, et je pars parler anglais. Là, je suis restée. J'ai profité des grandes plages où l'on peut marcher des heures et avoir l'impression d'être seules, malgré l'affluence des touristes. J'ai profité des bons petits restos et leurs recettes encore locales et non globalisées. Et les balades le long des falaises d'un nez à l'autre font agréablement brûler les calories. En plus, nous avions trouvé une chambre d'hôtes géniale, pas vraiment bon marché, mais qui le vaut bien. Le petit déjeuner et l'ambiance cosy au milieu des fleurs m'ont enchantée. Je peux encore me payer ce luxe, on verra dans quelques mois quand je serai retraitée. Mais alors, j'aurai moins besoin de repos et d'oubli de la réalité stressante, enfin j'espère. 

Vous voulez profiter de tous ces moments, un peu, virtuellement ? Cadeau, mes photos !

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mercredi, 08 mai 2019

“Seul l'humain peut avoir conscience de la perte de l'humain.” *

De mars à mai, on est arrivé au printemps. Ca ne se voit pas, et tous ceux qui se plaignaient l’an dernier qu’il faisait trop beau sont contents. Perso, je n’ai pas de pont, sauf pour l’Ascension, alors, il n’y a que pour ce weekend charnière entre mai et juin, entre cours et examens, que j’espère le soleil. Nous avons réservé un séjour sur la Côte d’Opale,  entre Boulogne et Calais, car finalement, bien que je passe très souvent dans le coin quand je vais en Grande-Bretagne, je ne connais pas la région, cet endroit précis de la côte. Depuis que j’ai réservé, internet me fait rêver. Nous passerons 4 jours là-bas, de quoi faire beaucoup de découvertes, et vraiment décompresser.

J’en ai besoin. Au lycée, le rythme s’accélère. La direction fait comme si on allait rentrer les notes sur pro-notes, comme si on n’allait pas faire grève le premier jour du bac, comme si on adorait l’éducation nationale, comme si les profs principaux avaient fait semblant de démissionner, comme si notre ministre était un homme appréciable.

J’ai réalisé récemment que mes années de tutorat de jeunes profs ne seraient pas prises en compte pour mon éventuelle promotion à la « Classe Exceptionnelle », car j’ai été tutrice 5 ans, et conseillère pédagogique pendant une dizaine d’années, mais il faut au moins 8 ans de tutorat. Voilà, c’est comme ça. Quand tu acceptes ce rôle, on ne te dit pas que ça comptera un jour pour ton « évaluation », tu le fais parce que tu penses qu’être utile à des jeunes, c’est bien, et ces mois de travail et de concertation, sont stimulants pour eux comme pour nous. Un jour un ministre (très humain) décide de faire travailler les stagiaires débutants 18 heures par semaine, comme un prof certifié, 12 h de cours, tout en leur imposant des heures d’IUFM, et des rapports à rendre, alors, tu décides de refuser, en conscience, pour ne pas jouer le jeu d’une administration prête à exploiter les stagiaires. Ensuite, la loi change, mais on ne te recontacte pas, sauf pour recevoir des étudiants en master, dans tes classes, mais qui ne comptent pas pour ton avancement de carrière. Evidemment, ça, on ne te le dit pas.

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J’ai eu confirmation aussi que ma retraite allait être ridicule, à cause de ma décote de 4 ans et demi, due à mon BTS et mon année en GB. J’avais qu’à pas glander à m'instruire et me former.

Blanquer fait semblant d’annoncer une augmentation, pour qu’on n’aille pas dans la rue demain. Du coup, j’irai.

Je lis les posts du Prof de l’Etre et d’autres pages qui étaient drôles, au début, sur facebook. Ça me remontait le moral, avant. Mais là, je suis triste, rien qu’à la pensée de ce que je vais quitter et laisser à mes jeunes et moins jeunes collègues. Surtout, si vous passez par ici, lisez ceci : Si vous êtes étudiants, et souhaitez devenir enseignants, si vous avez un métier et que vous pensiez à une reconversion vers l’enseignement, surtout ne le faites pas. Trouvez une autre idée.

J’ai créé ce blog, enfin son ancêtre, en 2006, pour parler à des jeunes profs qui en bavaient, et leur dire que si, le boulot pouvait être chouette avec un peu d’ancienneté. Je m’en veux, car ce n’est pas vrai. Ce n’est plus vrai. Aujourd’hui, jeunes, vieux, au moins, il y a égalité de traitement, le mépris.

Sinon, ça n'a rien à voir. Mais le harcèlement, la violence, ne commencent pas toujours avec la vie adulte. J'ai vu cette vidéo tout à  l'heure, et cela m'a émue. Pas seulement parce que je l'ai croisé en 2003, mais sûrement encore plus à cause de cela. J'avais senti qu'il ne se livrait pas, qu'il avait un masque d'acteur en permanence, même hors caméra. Maintenant, je comprends qu'il se protégeait.

  

Edward Bond

lundi, 04 mars 2019

Le travail, c'est la santé, rien faire, c'est la conserver.*

C’est le mois de mars. Un air de printemps, une lumière différente, oui, on y est. Ça ne me donne malheureusement pas vraiment envie de bosser. Envie ou pas, je croule sous les copies et autres pensums, donc je m’exécute.

De plus notre grand chef, Blanc qu'erre, n’en finit pas de nous agresser, de rendre notre boulot insupportable, ses sous-fifres (qu’il ne doit par ailleurs pas ménager non plus) font leur possible pour faire appliquer sa politique inhumaine.Récemment un collègue m’a fait remarquer que les media ne parlent jamais des suicides dans l’éducation nationale. C’est vrai. La police, Orange, la SNCF… Les entreprises ou corps de métiers ne manquent pas où mourir est moins dur que travailler. Mais l’éducation nationale, on n’en parle pas. Pour tout le monde nous sommes ceux qui bossent 18 heures par semaines et sont toujours en vacances, pourquoi voudrions-nous en finir. Pourtant, autour de moi, je vois des gens qui souffrent, qui sont au bout du bout, et ça me fait peur, car certains ne sont ni vieux comme moi, ni jeunes et sans défenses. Non, ce sont des quarantenaires, qui ont de l’expérience, ont ou avaient encore des projets, et ont une vie privée remplie.

Vive la Vie, blog de femme, femme, prof, education nationale, épuisement psychologique

Je ne suis pas la seule à m’inquiéter de l’état psychologique de mes collègues, peut-être parce qu’en 35 ans de carrière, j’ai dû par deux fois prendre des antidépresseurs pendant 2 ans et demi, et la dernière fois, j’ai vraiment frisé le burn-out, à cause de la réforme des langues vivantes en lycée.

Le mépris, la surcharge des responsabilités, les changements dans les ordres donnés en permanence, le fait de passer pour des cons aux yeux de nos élèves, tout cela m’avait fait craquer. A chaque fois, j’ai pris les comprimés magiques, avant l’effondrement, mais tout le monde ne le fait pas. J’ai trouvé plusieurs blogs à ce sujet, mais peu de documents officiels.

https://mobbingdock.wordpress.com/2016/06/28/suicides-dan...

Plus ancien :

https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2011/10/22/...

Il y a même eu des questions au Sénat sur notre suivi médical : https://www.senat.fr/questions/base/2015/qSEQ151018322.html

La réponse dit que « les agents qui le souhaitent peuvent avoir une visite médicale ». En 35 ans, je n’en ai jamais entendu parler. On ne m’a jamais dit que je pouvais voir un médecin. Et l’initiative d’aller voir ce médecin spontanément ressemble tellement à un aveu de faiblesse, que peu de gens en dépression iront. Là où travaille ADMV, il y a un médecin du travail qu’elle voit régulièrement. Si elle n’y va pas spontanément, on la convoque, et si elle fait remarquer une douleur, ou une maladie due à son travail, on demande à ses supérieurs de faire des aménagements, et on veille à ce qu’ils soient faits. Pour tous les employés de l’EN, profs ou non, ceci est de l’ordre de l’imaginaire !

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Je vais donc faire attention à mes collègues, et à moi, et essayer de tenir encore 21 mois.

* info pour les jeunes : Maurice Pon, parolier d'Henri Salvador, chanson sortie en 1965.

mercredi, 20 février 2019

La confiance n'exclut pas le contrôle.*

Il y a d'abord cette "loi de la confiance".

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Votée tard un soir, alors que la majorité des députés sont dans leur circonscription. Heureusement il restait sans doute les meilleurs.

Résultat : 

Instauration d'un uniforme, en vertu d'une tradition qui n'a jamais existé, sauf dans quelques anciens territoires coloniaux où les britanniques étaient passés.

Les chefs d'établissements veilleront à ce que les enseignants portent une tenue inspirant l'autorité. Il est vrai qu'aujourd'hui nous allons au lycée dépenaillés ou en tenues choquantes. 

Dans chaque salle de classe seront placés deux drapeaux et le texte d'un ou deux couplets de la Marseillaise. Comme je change de salle, et que je n'ai pas encore acquis cette confiance que notre ministre veut rétablir, pour être sûre que les drapeaux (français et européen) ne manqueront jamais à l'appel, je les porterai en pendants d'oreille. Mais lequel sera à droite ? et lequel sera à gauche ?

Ces rats ne sont même pas prêts à financer les drapeaux. Pour preuve : 

 "Désireux de « jouer le jeu de l’ouverture au débat parlementaire », le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a soutenu cette disposition, en assurant que la mesure pourrait s’appliquer « de façon très simple », les drapeaux en question pouvant prendre la forme de photos sur une affiche…" trouvé dans un article de La Croix du 13.02.2019

Pour gagner (en quoi me direz-vous ? en argent bien sûr.), l'essentiel n'étant plus de participer, les élèves de CM et peut-être plus jeunes, seront intégrés dans les collèges. Le principal deviendra le supérieur hiérarchique de tout ce beau monde. Tant pis pour les directeur.trice.s qui seront rétrogradé.e.s. Les gagnants dans ce nouveau système seront les troisièmes qui auront un panel plus grand de victimes pour le racket et le harcèlement.

Evidemment, tout cela se fait en supprimant un nombre élevé de fonctionnaires (ne me demandez pas le nombre exact, les chiffres m'emmerdent et me dépriment de plus en plus.), en supprimant des classes, des écoles, mais en augmentant le nombre d'élèves par classes. Au lycée, nous travaillerons sur une base de 36/37 élèves par classe, sans dédoublements sauf en physique - chimie.

Puisque je parle du lycée, les heures de cours par matières vont encore diminuer. Les choix de spécialités aussi. Et malgré la confiance, on fait croire aux parents et aux élèves, dans des réunions où les professeurs ne sont pas conviés, que cela améliorera les choses. 

Toute cette réforme n'est que comptable, et va promouvoir l'enseignement privé. Non seulement les écoles privées sans contrat pourront s'organiser comme elles le veulent, mais ils imposent la scolarité à 3 ans, ce qui à mon avis est une bonne chose, mais sans ouvrir de classes supplémentaires, et en exigeant des maires qu'ils financent les écoles maternelles privées !!!

Pour finir, nous continuons d'être de moins en moins bien payés, mais ça, vous vous en foutez et vous avez bien raison. Chacun sa m...., c'est le motto de tous, gilets jaunes ou non.

Je ne voyais pas comment vous parler de mon premier demi-trimestre 2019, sans vous dire tout ça d'abord. Pourtant, si l'on en croit cette nouvelle loi, je ne suis pas autorisée à vous dire tout ce qui précède. Seulement peut-être à publier in extenso le texte de cette belle loi de la confiance. Nous sommes désormais tenus à un devoir de "réserve". Comme les uniformes, on voudrait nous faire croire que cela a toujours existé. Non, c'est nouveau, ça vient d'sortir, comme disait mon ami Coluche.

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Je ne résiste pas à l'envie de republier ici les deux photos qui montrent une ressemblance évidente entre JMB et le juge Demort dans Roger Rabbit. Cela m'a frappée dès que j'ai vu notre ministre pour la première fois :

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Heureusement, je suis en vacances et suis partie une semaine à Limoux, dans de la famille. Pour la première fois en 20 ans, il a fait beau tous les jours et il n'y avait pas de vent. Comme quoi il faut rester optimiste. En plus, mon oncle et ma tante avaient fait provision de champagne et nous n'avons pas bu de Blanquette. La vie vaut vraiment la peine d'être vécue. 

 

*Lénine (Blanquer serait-il bolchévique ???)

 

jeudi, 17 janvier 2019

Le Futur est prêt à être créé et le passé est déjà une page tournée.

Je ne suis pas encore passée par ici depuis le début de l'année 2019. J'espère que celle-ci a bien commencé pour vous. J'ai eu une très grosse crève du 26 à midi au 31 à midi. Au lit, à tousser, moucher et surtout avoir mal à la tête. Puis, ça s'est arrêté, presque brusquement, pour me permettre de boire une flûte de champagne le 31 au soir. On était 3. On s'est couché à 23 h. Ça ressemble à mon année 2018. 2019 sera plus réveillée, moins douloureuse côté tête, mais il me faut trouver des solutions. Mon médecin dit que mes migraines viennent du fait que mon cerveau à trop de choses à gérer, qu'il n'y parvient pas. Je sais ce qui permettra à mon cerveau de se débarrasser des questions qui dérangent, du poids superflu des soucis : la retraite. Ce sera en principe au plus tôt dans 19 mois, au plus tard dans 21 mois.

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Sinon, l'actualité, la politique, comme tout le monde, ça pollue ma vie et ne me fait pas voir l'avenir avec beaucoup d'optimisme. Tout ce jaune, et maintenant ce rouge (soi-disant) chez les enseignants, ça n'apportera que du brun. 

La retraite, de futurs voyages en Ecosse, si May et les conservateurs britanniques le permettent, cela m'aidera sans doute à supporter tout cela. 

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Et vous ? Pas trop d'angoisses, et des projets qui vous portent malgré tout ce qui se passe sur notre planète j'espère. 

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jeudi, 25 octobre 2018

"Un bon petit vin d'Alsace vaut mieux qu'une ruade d'âne." *

Je viens d'aller passer 3 jours en Alsace avec ADMV, une pause magique dont j'ai rêvé pendant toute la première partie de ce trimestre. Un hôtel spa, que nous avions découvert pour notre "voyage de noces", et dont nous avons de nouveau goûté un moment luxueusement délicieux. De nombreux saunas et hammams aux ambiances et parfums différents, des fauteuils chauffants en pierre pour se relaxer, des jacuzzi, dont un en extérieur, un calme sans comparaison. Et on s'est même offert un massage, qui a su détendre mon dos. Et ma tête. 

Photo de cet établissement dans la galerie Photo de cet établissement dans la galerie

Nous avons pris nos repas dans le village ou à Obernai. La gastronomie en Alsace, c'est festif, délicieux, simple et vraiment pas cher ! Comme une cassolette de pommes de terre au Munster fondu, quand tu viens de faire trois heures et demie de route et que tu t'es levée à 7 heures. Et dans chaque boulangerie-pâtisserie croisée, la vitrine est un spectacle, on aurait envie de remporter un exemplaire de tout ce qui est exposé. On s'est contenté de la tarte au fromage blanc "käsküeche", un plaisir que je ne retrouve que là-bas. Et on a aussi rapporté quelques petits "Bredele" de noël.

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Crédits photo gastronomie: recettes-alsace.fr, cookomix (Jeanne)

Pour avoir l'impression de mériter tout cela, on a fait une balade au Mont Sainte-Odile. L'odeur des sapins, le silence, le son de la source, un peu comme un immense hammam naturel. 

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Bref, ce séjour court (départ lundi à 8 h, retour mercredi à 17h ), par tous ces bonheurs dégustés, savourés et appréciés à leur juste valeur, a su nous apporter assez d'énergie pour que l'on se sente prêtes à repartir. J'ai cette chance, la semaine prochaine, de repartir, mais pour les joies de la ville cette fois, à Londres, pour trois jours également. Londres, je connais, évidemment, mais ce sera une première : j'y vais en avion. ADMV aura une semaine assez cool aussi grâce à la Toussaint. Puis, nous patienterons jusqu'à Noël.

*Proverbe alsacien

lundi, 08 octobre 2018

POST POST-RENTREE

La rentrée s'est faite et j'attends déjà les vacances. Cinq paquets de copies attendent dans mon cartable. Mon cartable est un sac à dos cette année, car j'ai pris de bonnes résolutions. Je vais aller le plus souvent possible au lycée en tram, ce qui implique 15 minutes de marche à pied. Un aller-retour me fait donc marcher 30 minutes, ce qui est le minimum recommandé. Mais les bonnes résolutions se heurtent à des impondérables, comme les réunions, les rendez-vous médicaux, qui m'obligent à des déplacements rapides en journée, et aussi aux conséquences d'autres bonnes résolutions : ne pas me faire "bouffer" par mon boulot, me laisser du temps pour d'autres activités. Je me suis donc inscrite à mon cours de peinture, mais aussi au yoga et je vais à la piscine une fois par semaine. Mais les horaires font, que à pied, en tram, en bus, je ne verrais plus ma maison du tout, je n'aurais plus un seul moment de pause. Impossible. J'ai besoin de souffler, de ne rien faire parfois, et même de dormir. Alors, je reprends la voiture.

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Bref, je ne suis pas totalement satisfaite de mon début d'année. Elève Ed, peut mieux faire !

Mais j'ai des projets sympas et je vois des choses sympas, rencontre des gens sympas, et ça, ça fait une belle rentrée. Nos deux assistantes, une des USA, l'autre d'Afrique du Sud, ont l'air très chouettes. On se fait un apéro d'équipe pour les accueillir la semaine prochaine. Je vais bientôt écouter Stacey Kent et Michel Jonasz en concerts, un bonheur. Je vois des expos et vais en voir d'autres. J'ai gagné des entrées gratuites pour l'exposition Zao Wu Ki au Musée d'Art Moderne à Paris. Je vais aller faire du cocooning en Alsace bientôt et passer trois jours à Londres. Hier, j'ai passé deux heures hors du temps à dessiner au musée. Et à  midi, deux copines retraitées sont venues manger un curry à la maison. Bavardages, ravissement des papilles, auto-satisfaction, et soleil en prime.

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Ma vie n'est donc pas que du stress. Bien au contraire. 

dimanche, 19 août 2018

la science peut mener à la découverte de l'énergie atomique mais elle ne peut pas nous préserver d'une catastrophe nucléaire.*

Il y a quelques temps j'ai eu l'occasion d'entendre sur France Inter une émission où quelqu'un qui semblait vraiment savoir de quoi il parlait nous a expliqué que tout ce qu'on avait raconté sur le nucléaire au moment où on le mettait en place en France était faux, à savoir : ce n'est pas pas cher, ce n'est pas propre, et cela n'est pas sans danger.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/f...

Non seulement il y a les mêmes risques qu'à Fukushima, car nos réacteurs sont du même type, mais en plus les déchets que l'on va dorénavant enterrer à Bure, ne se détruiront jamais, et même finiront par contaminer tout le monde, on en est sûr. Et pourtant, hier, j'ai lu que "le gentil Xavier Bertrand", mouillé dans le scandale du médiator il y a quelques années, eh bien, il a sans vergogne affirmé : "Foutez-moi la paix avec les Éoliennes: "Ça coûte les yeux de la tête, ça ne crée pas d'emploi et ça détruit nos paysages." 

Alors s'il préfère, comme dans la Drôme d'où je viens, agrémenter les paysages de son département avec des centrales nucléaires, je voudrais lui dire ici (mais lira-t-il les propos d'Ed le Cheval qui parle ???) que je préférerais cent fois voir mon paysage envahi par des éoliennes que d'être polluée par le nucléaire en plus des glyphosates dont trois départements de ma région sont dans le peloton de tête des utilisateurs.

Je trouve criminel, voire assassin de tenir ce genre de propos. 

Voilà, c'était mon coup de colère. J'essaye tous les jours à mon niveau de polluer moins, de manger bio, et tous ces enfoirés nous rappellent tous les jours que l'on est impuissant. Quelle chance j'ai de n'avoir ni enfants, ni petits-enfants. Au moins je ne m'angoisse pas au sujet de leur avenir. Ce mec en a trois, des enfants, et apparemment, il s'en fout.

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*Vaclav Havel

dimanche, 05 août 2018

Soleil, soleil, soleil

Je suis allée prendre ma dose annuelle minimum d'Angleterre. Cette fois nous ne nous sommes pas beaucoup éloignées de la côte, et à vrai dire, je n'ai pas regretté, car rouler sous cette chaleur aurait été une souffrance. Nous étions donc pendant une semaine un petit peu citoyennes du Kent, dans un petit cottage, très petit, mais cosy, avec au pied de notre lit une vue magnifique sur la campagne environnante, et le coucher de soleil. J'avais vu, sans trop espérer m'en servir, que cette location disposait d'une piscine. Eh bien presque tous les jours j'ai nagé et c'était un vrai bonheur après des journées que nous avons voulu malgré tout actives. Nous avons visité des châteaux, les jardins de ces châteaux, des églises, les vieux cimetières près de ces églises. Nous sommes allées au bord de la mer, observé les oiseaux, suivi quelques footpaths, fait du shopping, découvert des petits salons de thé adorables, un resto indien divin et quelques pubs où nous nous sommes vraiment senties ailleurs et chez nous. Parler anglais m'a fait du bien. Manger anglais. Boire anglais2018-08-01 10.20.14.jpg. Respirer anglais. C'est ma drogue.                  2018-07-30 15.50.04.jpg

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mercredi, 25 juillet 2018

"Je ressemble aux oiseaux, disait-elle, j'apprends à chanter dans les ténèbres."*

Je pourrais vous parler des deux amis qui sont partis en un mois. L'un l'a choisi, épuisé qu'il était par son boulot, à un mois de la retraite. L'autre a profité cinq ans de sa retraite, mais a été anéantie par une leucémie foudroyante. Deux semaines d’hôpital. Ces deux amis se connaissaient. Ils avaient fait partie de mon univers dans mon précédent établissement. On avait milité, rêvé, bossé, aidé, parlé, aimé ensemble, la vie. Mais la vie nous rattrape.

Je veux rester optimiste. Comme on m'a longtemps dit que j'étais. Mais plus le temps passe, et plus les tuiles tombent, même sans tempête, et moins j'en ai en stock, de l'optimisme. 

La société, le climat, les gens, ne me donnent pas souvent l'envie d'espérer, surtout quand je ne les connais pas, ces gens. Heureusement, il y a ceux que je connais, qui ne me lâchent pas, quoi qu'il advienne, et même, qui surgissent dans les moments difficiles, alors qu'ils étaient discrètement là, sans se faire remarquer. 

Et je chantonne.

Pour être en forme et garder ma force d'aller de l'avant, j'aime ADMV, je vois mes ami.e.s, mange des choses plus ou moins bizarres,2018-07-16 12.43.41.jpg fait du yoga, de la sophrologie, de la réflexologie, du shiatsu, vois mon ostéopathe, parfois même une acupunctrice, évite les fâcheux, dessine, lis, vais en vacances, regarde des films, des séries, écris de longs mails, blogue, nage, caresse mon chat , cuisine, range ma maison, jette de vieux trucs, retrouve des copai.i.n.e.s du passé, vais en Angleterre, visite des expos à Paris, bois des coups en terrasse.

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J'essaye de ne pas trop me mettre en colère contre les cons, contre les politiques, contre ceux qui bousillent notre planète (ah, oui, je me répète, ce sont les même que les deux catégories précédentes), m'épuiser à des choses sans intérêt, me faire du souci pour ceux que j'aime, pour l'avenir, voir de médecins ou/et de banquiers, insomniaquer, me culpabiliser pour tout et rien. 

Et j'y arrive pas si mal grâce à tout ce qui est mentionné dans le paragraphe précédant le précédent. Et vous ? Une chose que vous faites pour aller bien ? Ou que vous évitez, pour ne pas aller mal ?

* Diderot, Lettre sur les Aveugles

mercredi, 20 juin 2018

Je reviens !

Retour, absence, bonheur

C'est avec une joie non dissimulée que je vous annonce mon retour ici. Renforcée par la lumière qui n'a pas beaucoup quitté notre région, épargnée par les tempêtes et inondations, je vais m'efforcer du publier régulièrement. L'essentiel, c'est que grâce à mon blog, c'est un peu comme si je n'étais jamais partie. Je vais aussi essayer de ne pas m'énerver. L'actualité s'y prête pourtant, à l'énervement, mais c'est mauvais pour moi. Alors comme, parmi les nouveautés dans ma vie, il y a le yoga, je devrais réussir à rester zen. Je ne me censurerai pas pour autant. Tout le monde a, je pense, besoin d'un exutoire, et ce blog est le mien. Tant pis pour vous ! 

Je suis ravie de vous retrouver ici. Je ne sais pas combien d'entre vous passent encore de temps en temps. Mais vous serez tou.s.tes les bienvenu.e.s. Pendant ces neuf mois d'absence, j'ai ressenti à peu près tout ça, mais aujourd'hui, sans hésitation, mon emoji, c'est le troisième à droite dans la ligne du milieu !

Retour, absence, bonheur

Eh oui, dans les nouveautés, il y a aussi l'écriture inclusive. Je m'y suis mise hyper vite, tellement c'est pratique. Mais rassurez-vous, je n'ai pas tant changé que cela, j'ai toujours horreur des sigles.

A la prochaine !

mardi, 09 janvier 2018

Je vais bien ne t'en fais pas

Bonne année à tous. C'est un peu pompeux, car déjà quand je publiais je n'avais plus guère de lecteurs, je devrais d'ailleurs plutôt dire lectrices, mais aujourd'hui je suppose que tout le monde a arrêté de passer ici et mange des chocolats  ou de la galette des rois en attendant les prochaines vacances.

Que 2018 ne soit pas trop effrayante, déprimante, mais au contraire douce et rassérénante.

Mon vœu, c'est d'être capable en humeur, forme et en temps de revenir ici commenter ma vie de prof et de citoyenne, au printemps ou au seuil de l'été.

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dimanche, 01 octobre 2017

INTERRUPTION

Interruption momentanée des publications ici. Mais je reviendrai. Promis !

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mardi, 12 septembre 2017

Faut bien rentrer !

Ponctualité. 20 / 20  La rentrée a eu lieu à la date prévue et l'horaire a été respecté, particulièrement pour l'apéro-lunch servi dans la salle du foyer.

Convivialité. 18 / 20 Voir appréciation ci-dessus. L'année prochaine,        pensez également au café à l'arrivée le matin.

Emploi du temps. 15 / 20 Un bel effort. Pas de cours le lundi et le lundi matin. Mais le nombre total d'heures à assurer est encore trop important. Ne pourrait-on pas rétablir la cessation progressive d'activité pour les seniors?

Élèves. 15 / 20 Assez sympathiques à première vue. Pas trop nombreux en ce qui me concerne, mais tout le monde n'est pas aussi chanceux !

Voilà. Mon évaluation de la rentrée est plutôt positive. Je n'ai pas encore recopié toutes mes listes, mais mes progressions ont été plutôt bien avancées pendant les vacances. 

Aujourd'hui, grève et manifestation pour obéir à mon médecin qui veuille que je fasse de l'exercice.

Des weekends festifs pour cette fin d'été. Culturels à Paris (7 heures à Orsay récemment !) et savoureux. Quel buffet dimanche dernier !

Et musicaux. Je suis allée écouter Michèle Bernard il y a 10 jours et serai à Paris pour entendre Anne Sylvestre fêter ses 60 ans de chanson en octobre. 

Il n'y a que la météo à qui j'attribue un petit 8 / 20. Peut vraiment mieux faire !!!

jeudi, 10 août 2017

Il se peut qu’un jour la France cesse d’exister, mais la Dordogne survivra... *

Cela fait un mois que je suis en vacances. Je ne suis pas tout à fait reposée. Mais je me disais ce matin, le serai-je à nouveau ? Ce que j'appelle de la fatigue, c'est peut-être tout simplement le fait de vieillir. Il y a dix jours environ j'ai fêté mon dernier anniversaire en 5. L'an prochain, ce sera officiel, je serai vieille. Senior. Enfin non, parce que ces enfoirés de la compagnie de bus de Maville ont repoussé l'âge de la réduction de 50% sur l'abonnement à 62 ans, et la SNCF, je ne sais pas, mais ils ne tarderont pas. 

Il y a des signes qui ne trompent pas. Une dose et demie de whisky hier soir au lieu d'une, et j'ai eu un mal de tête comme jamais je n'en avais eu à cause de l'eau de feu. Les plis de l'oreiller qui s'effacent de plus en plus tard après le réveil sur ma joue gauche. (je comprends maintenant pourquoi il faut la "tendre" ! ha ! ha ! ha !) Dans les magasins, le tram, et quand je bosse au lycée, le regard des autres, la manière dont on te parle, qui dit, "oui, t'es bien gentille, mais t'es vieille". Tout cela ne me dérangerait pas si dans le même temps on ne me demandait pas la même chose qu'aux jeunes : C'est-à-dire un temps plein de boulot, les mêmes responsabilités, et pas plus de temps pour préparer tout ça, alors que je deviens lente, mais lente !...

Pour l'instant je suis encore en vacances, et même je vais vraiment les démarrer, puisqu'on part dimanche pour le sud. Je ne vais pas dire vers le soleil, puisqu'à deux ou trois exceptions, nous l'avons tous les jours depuis le printemps. Mais vers des paysages différents, une petite maison qui a l'air super confortable et cosy (la proprio est anglaise) sur les photos et où je sais que je vais pour deux semaines complètement déconnecter, et vivre au rythme que je choisirai sur le moment. Bien sûr, il y a internet, mais j'essaierai de ne pas trop m'y scotcher, d'ailleurs, je crois avoir lu dans le descriptif de la maison que la wifi était faible. Tant mieux.

Nous partons en Dordogne. Dans Dordogne, il y a "dors" ou "d'or". Dans tous les cas ça donne envie. Nous y étions l'an dernier, à l'est du département, cette année, direction l'ouest, à la frontière de la Charente.

Il me reste donc trois jours de prépas boulot, accompagnement de malades, coups de fil pénibles à ESSEFER, rangements, agressions téléphoniques des pubs, etc. 

Et il me reste à vous dire au revoir, bon mois d'août, mais ça, c'est un plaisir !

 

* ...tout comme les rèves dont se nourrit l’âme humaine."

Henry Miller

mercredi, 21 juin 2017

“Le saké pour le corps Le haïku pour le coeur”*

La canicule donne-t-elle envie d'écrire ? Je rêve de trouver un coin d'ombre où la chaleur n'excède pas les 30 degrés, où le bruit se réduise aux cris des petits d'à côté et au miaulement de mon chat, et où j'écrirais au stylo sur un des nombreux cahiers qui dorment dans mon armoire de bureau. Je les ai achetés ou on me les a offerts parce que j'ai toujours aimé le contact du papier, lisse ou rugueux, mat de préférence, mais je n'ai rien contre les couleurs vives ou pastelles, et les motifs ou jeux de mots rigolos. J'aime le bruit que j'entends au fil des lettres quand j'écris dehors et que mon ordinateur ne m'est d'aucune utilité parce que son écran devient illisible. Alors voilà, ce matin, j'avais envie d'écrire. Il était 6 h 12 et je prenais mon café sur ma terrasse. Quel privilège !

Hier j'ai lu dans un texte officiel que l'Education Nationale m'autorisait à la "Production des œuvres de l'esprit. Toutefois, la production d'œuvres dont il est question doit rester autonome (l'agent doit être rémunéré à l'acte et ne pas bénéficier d'un véritable contrat de travail) et manifester la personnalité de son auteur".

Comme ils sont ouverts d'esprit ! Si j'écris un livre ou peins une toile qui ne manifestent pas ma personnalité, et que j'arrive à les vendre, serai-je hors-la-loi si je n'ai pas demandé l'autorisation ? 

Il y a des tas d'autres choses que j'ai le droit de faire en demandant une autorisation. Même pour m'occuper d'ADMV si elle devenait trop malade ou handicapée pour travailler, et que je touche pour cela une indemnité, il faudrait que mon ministère de tutelle soit d'accord. Faut pas pousser non plus. 

Vu qu'il n'y a que du 25 juin au 1er septembre que je pourrais éventuellement trouver le temps de devenir créative rentablement, je ne vais pas me prendre le chou avec ça.

Ces derniers temps, étant donné le manque de disponibilité à la création, je me suis mise aux haïkus. J'ai même gagné un concours. Je ne sais plus si je vous en avais parlé. C'est sympa le haïku. Ça rapproche de la nature et en même temps de la profondeur de notre cerveau. Et ça met dans une humeur très positive. Enfin, je trouve. Et quand, grâce à un haïku de nouvelle année publié sur facebook tu gagnes des chocolats et un beau cahier, la vita è bella !

Voici celui que j'ai écrit ce matin.

Chat plongeant dans thé glacé

Ciel bleu soleil

Et vivre mon rêve d'été

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* De Santoka

vendredi, 09 juin 2017

“Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement.”*

Je vais bientôt faire un stage "Moodle". Je me connecte à l'ENT au moins 3 fois par jour. Je crée des casiers de collecte. Je saisis des notes et des appréciations. Je remplis des bordereaux. Je sais changer le toner de l'imprimante. Mais tous les mois de septembre j'ai peur d'avoir oublié le code de cette machine. Pronote client est offre plus de possibilités et est bien plus pratique que la version Pronote html que l'on a sur l'ENT. Je regarde toutes les vidéos que je formate pour mes cours sur VLC. Je suis webmastrice d'un blog en anglais pour mon lycée. Ma boîte de messagerie I-prof n'est pas la même que ma boîte académique, ni que celle vers laquelle élèves et parents peuvent m'envoyer des e-mails. Cette semaine on m'a volé la télécommande du vidéo-projecteur. J'ai un manuel numérique pour chacun de mes niveaux d'enseignement. Mes deux classes de seconde participent à un échange virtuel avec une High School aux USA.

Vive la Vie, blog de femme, femme, femmes, lycée, enseignement, prof

En 10 ans mon métier s'est transformé.

Quand j'ai débuté, j'ai dû apprendre à utiliser le magnétophone à bandes, si pratique pour les retours arrière et les avances rapides courtes, mais si lourds à déplacer. Je dupliquais mes documents avec une machine à alcool et encre violette qui me sabotait en une seconde le stencil que j'avais passé deux heures à préparer la veille. Je n'avais pas de cliparts ou d'images trouvées sur le net, mais je fabriquais mes "flashcards" et mes figurines que je déplaçais sur mon tableau de feutre. Puis j'ai découvert le rétro-projecteur. Je remplissais avec bonheur les Kalamazoo. 

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Les élèves ont moins changé que le matériel ... en apparence.

* Francis Blanche