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dimanche, 03 mars 2013

Le poète se souvient de l'avenir *

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C'est le nombre de copies que j'ai corrigées pendant les vacances. Il m'en reste 108, dont 46 de bac blanc (3 heures d'épreuve !).

Mais on ne va pas que se plaindre ! Il y a des bons moments. Quand vous demandez de repérer sur une page de site web les symboles du Canada. Et que l'on vous répond :

"The shit" !

En fait, c'est pour désigner la feuille d'érable. Mes élèves ne connaissent pas le mot "leaf", mais le mot "sheet" pour dire une feuille de papier. Enfin ils sont censés le connaître, car le rendu orthographique est surprenant.

J'ai aussi eu droit à celle qui préfère aller travailler au Canada qu'à Londres, parce que comme ça elle pourra "speak French a little beet".

(Pour les non anglicistes, ça donnerait une phrase du genre : parler français une petite betterave).

Je me marre ! comme disait mon ami Coluche.

Pour me détendre, j'ai essayé la lecture de l'avenir dans la cire de bougie fondue.

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Mais tout ce que cela m'a dit, c'est que demain, ce ne serait pas le pied !

*Jean Cocteau

lundi, 25 février 2013

"les enseignants ne se rendent pas compte des contraintes professionnelles des autres, qui ont des horaires fixes et un chef sur le dos tous les jours. »

Attention, note chiante. Que ceux qui sont d'accord avec la citation-titre aillent faire quelque chose de plus utile pour eux que de me lire.

Je ne sais pas trop de quoi vous parler. Sauf de l'autre qui fait rien qu'à m'énerver en parlant de raccourcir les vacances (quoi que pour l'instant il s'attaque surtout aux instit's du primaire, comme dirait les shadoks, pour faire le moins de malheureux possible, il faut toujours taper sur les mêmes ), mais surtout il parle de zones pour l'été ! déjà qu'avec ADMV un an sur trois (cette année en l'occurrence) on ne peut pas prendre de vacances communes en hiver et au printemps, car sa zone n'a rien de commun avec la mienne, ça va être pareil l'été...

On a raison de prévoir de passer 3 semaines au Canada en août cette année, car plus tard, ça ne sera plus possible. Bon, je sais on va me dire que les enseignants ne veulent jamais rien changer. Bon disons que j'ai regardé, du temps où Peillon a été prof, les vacances commençaient le 8 juillet (aujourd'hui les profs de lycée finissent entre le 10 et le 12 juillet) et s'arrêtaient vers le 9 septembre. Et il a été prof 8 ans, de 84 à 92. Pour avoir aussi été prof à cette époque-là, je peux vous assurer que ça n'avait rien à voir avec aujourd'hui !

C'était avant le grossier ministre injurieur qui se revendiquait socialiste, mais qui a depuis été ramper devant Sharko, sans succès. C'était même avant Bayrou ! Donc, du temps béni où l'on pouvait bosser sans se faire mépriser par tous les média, et dans des conditions correctes. Depuis, des changements, on en a connus, et par exemple récemment l'éducation est devenue "locale" et non plus "nationale" en ce qui concerne le bac, mais comme on fait ça aux profs et aux élèves sans le dire aux média, ou en leur demandant bien de faire semblant de ne pas comprendre, eh bien forcément, personne ne râle. A la rentrée on va avoir 36 élèves minimum par classe, mais ça n'a défrisé aucun parent au dernier conseil d'administration. Il y en a 34 par classe dans les collèges, alors que quand Peillon bossait, il y en avait maximum 28, et en allemand, difficilement 20...

On va pouvoir me dire que ma note est corporatiste. J'adore cette critique. C'est vrai que ce serait plus normal que les routiers viennent défendre les droits des profs et les profs ceux des boulangers/pâtissiers. Mais il m'arrive aussi de défendre d'autres "corporations", seulement , je manque d'arguments. Mais si vous souhaitez que je rédige une note sur le métier de "consultant", de "coach personnel" ou de "pdg", envoyez-moi des notes, des infos, je publierai !

Il y a une corporation qui va être contente, c'est les professionnels du tourisme, comme on dit, qui pourront pratiquer des tarifs "haute saison" pendant 10 à 12 semaines au lieu de 8. Mais les familles dont les enfants sont dans des zones différentes vont être moins ravis. Et de toutes façons, c'est pas l'étalement des zones qui nous fera partir plus ou moins en vacances. Mais nos salaires. Et pour l'instant, on semble envisager que les profs vont accepter de bosser encore deux semaines de plus, sans modification de salaire, comme les fois précédentes.

Cessons de râler, il y a encore 3 paquets de copies qui m'attendent, plus le bac blanc et la conception de mes plannings d'oraux de bac, puisque je fais désormais passer mes propres élèves, que j'évalue toute seule ! (140 oraux rien que pour moi). J'ai déjà trouvé quelques sujets d'examens pour les BTS et corrigé deux paquets. Cette semaine, pas question de grasse mat' !

 

*François Dubet, sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)

(qui n'a pas dû observer le métier des profs depuis longtemps. Nous avons nos supérieurs sur le dos en permanence, en direct, ou par mail, ou circulaire ministérielle, ou réunions, et nous ne décidons de quasiment plus rien quant aux contenus ou méthodes de nos cours. Et je ne sais pas si mes horaires ne sont pas fixes, mais ils me le semblaient... )

Article dont est tirée la citation ci-dessus :

http://www.rue89.com/rue89-eco/2013/02/25/profs-cheminots...

Je lui répondrai, à lui, que si nous n'avons pas conscience des conditions de travail des autres, les autres n'ont pas conscience de nos conditions de travail non plus.

vendredi, 22 février 2013

Le travail, c'est le refuge des gens qui n'ont rien de mieux à faire.*

84 % des français sont heureux au boulot. J'ai du mal à croire à ce chiffre.

La journaliste qui l'a annoncé a donné quelques critères de "bonheur sur son lieu de travail" :

- La machine à café

- Le fond d'écran personnalisé sur l'ordi sur lequel les gens interrogés travaillent.

- La cafet' à midi.

- Les objets persos sur le bureau.

Je comprends mieux pourquoi je ne suis pas heureuse à mon travail.

Au lycée, la machine à café nous demande 45 centimes, et n'a le plus souvent pas de monnaie à nous rendre. Moralité, la plupart des récrés sont sans café. Nous partageons 6 ordinateurs pour 90 profs, alors vous imaginez bien que nous ne personnalisons pas le fond d'écran ! De plus nous sommes en réseau, et n'avons le droit de ne toucher à rien quant aux propriétés de l'ordi. La cafet' le midi, fait ce qu'elle peut, mais elle s'appelle cantine, et a tellement peu de sous par assiette, qu'on se contente des spaghetti bolognaise au cheval et des carottes en boîte qu'elle nous sert. Quant aux conversations, serrés à 10 par table, parfois, je m'en passerais. Les objets persos sur le bureau. Oui, je vois, pour moi c'est ma trousse, mon cahier d'appel, mes photocopies, mon cahier de préparation, et je range tout ça à chaque fin d'heure. J'imagine la tête de mes élèves si je posais un cadre avec la photo d'ADMV à chaque début de cours !

En revanche, l'enquête demandait aussi ce qui était insupportable. Et là, je ne suis pas épargnée : Le voisin qui pue (en l'occurrence, ce sont parfois les ados qui puent), et les blagues à deux balles, là, à la cantine, on est servi. (Sans jeu de mots)

*Oscar Wilde

mercredi, 20 février 2013

La banalité est faite d'un mystère qui n'a pas jugé utile de se dénoncer.*

Les vacances. Programme :

Jour 1. 6 h 45 : Petit-déjeuner. 7 h 20 Emmener ADMV à la gare. Ménage et rangements divers, de 8 h 15 à 12 h 15. Repas fait maison, profitons des vacances pour ne pas manger de saloperies. Merlan et panais. Orange et carré de chocolat. 14 h00 - 15 h 30 Bilan et conseils éclairés pour un petit élève de 6ème qui panique. Rien de grave, il faut juste faire une liste des mots nouveaux après chaque leçon, et les......APPRENDRE! 15 h 45 - 17 h 30 Recherche d'un doc pour l'épreuve de Compréhension orale à la rentrée pour mes BTS, coup de téléphone d'ADMV, troisième tentative ratée d'installation de freecorder. Cette fois-ci, il me semble que j'ai installé la bonne version, mais je n'ai pas la "toolbar"... 18 h - 20 h cours de peinture. Je peins des trucs inimaginables, je n'en reviens pas moi-même. Il faut dire que la semaine dernière on a commencé notre oeuvre de nuit, avec pour seuls outils, une bougie et un miroir.

Jour 2. 8 h 00 - 8 h 30 petit-déjeuner avec le chat. 8 h 30 - 9 h 00 Séance courrier. Lettre annuelle à ma correspondante allemande qui vit maintenant en Autriche. 9 h 15 Consultation de mes mails, messages facebook, blog. Et là, une note rien que pour vous. 9 h 45 11 h 30 Recherche de sujets, toujours pour mes BTS, mais là, c'est pour les oraux. J'ai abandonné la conversion et le découpage de mon doc audio, vu que freecorder ne veut pas marcher... Je vais encore le désinstaller. 11 h 50 aller chercher ma tante pour qu'on mange ensemble, en ville pour lui changer un peu sa routine. Passage à la Poste. 14 h 30 - 17 h 30 Correction de copies. 18 h 00 Questions pour un Champion, entraînement quotidien. Soirée, rien de prévu, sans doute téléphone, télé, ordi, film ?

Et ça recommence après. Je ne vais pas vous embêter avec ça. Disons que c'est demain que je m'occuperai de la poubelle garantie 30 ans qui nous a lâchées lundi, et des coups de fil qui m'emmerdent et que je repousse sans cesse. Je suis la seule à avoir des journées qui manquent de fun et d'imprévu ? Enfin, au moins ce que je vois par la fenêtre est lumineux depuis deux jours. Profitons.

Et le weekend, ça devient moins banal. Dimanche nous avons regardé où était le soleil, et nous avons vu qu'il y en avait sur la côte nord ! Alors direction la mer pour la journée. Ca nous a fait un bien fou.

 

Vous avez vu ? Une note entière sans vous parler des infos.

* Maurice Blanchot

jeudi, 31 janvier 2013

Le champion tire les leçons du passé, concrétise le présent, pense le futur. *

Si je vous dis :

Parka orange - Pieds - voix

Vous pensez ????

MANIF !!!

Et vous avez raison. Dans quelques heures, je battrai le pavé, et si vous voulez savoir pourquoi, lisez les journaux. Ah non, les journaux disent n'importe quoi, c'est vrai. Alors lisez mon site syndical. Et profitez-en pour signer la pétition "Langues Vivantes - Stop aux Dérives !" (en bas de la page). J'avoue que c'est surtout pour ça que je fais grève, pour stopper les dérives, pour que Peillon se rende compte qu'il y a des trucs qui ne vont pas, et que ce n'est pas en parlant pédagogie comme celui d'avant et parfois pire, que ça va s'améliorer. Et puis aussi parce qu'Hervé aime bien que je sorte ma parka orange, et que je ferais n'importe quoi pour lui faire plaisir.

Mais aujourd'hui en plus de mon badge :

J'aurai une bannière unique, magnifique, sensationnelle, que tout le monde remarquera :

 

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Car oui, Pascale est ma gagnante, du jeu non-annoncé, mais surveillé de près par la webmastrice d'ici, elle a rédigé le 20 000 ème commentaire ! Et quel commentaire !!!

Je cite : "Les pois chiches ça fait péter aussi !"

Cela va passer à la postérité, merci.

*Luiz Fernandez

vendredi, 25 janvier 2013

Etre nu n'est pas inconvenant.*

Je tousse, je ressens comme de la fièvre par moments, et je me suis endormie devant mon ordi en rentrant du boulot.

Pourtant, j'ai mangé une succulente part de galette des rois bio avant de reprendre la route. Un collègue récemment retraité pense encore à nous et nous a offert des galettes des rois pour cette récré du vendredi après-midi qui voit souvent les têtes allongées de ceux qui ont encore deux ou trois heures de cours à faire le jour même, voire encore quelques-unes le lendemain. Cette galette fourrée orange/thé noir était délicieuse et j'ai réussi à en emporter deux parts pour ADMV et moi, car le collègue, il faut le dire, m'a à la bonne. Il n'y a pas que moi qui suis fatiguée, ma voiture cale aux démarrages. Je dois bientôt lui faire passer le contrôle technique. Il faudrait que je fasse un peu de ménage, mais j'ai la flemme. Je vais mettre en route Robert, lui, ne râle jamais. Sauf si j'oublie de le recharger. La semaine dernière, mes étudiants ont fait des exposés sur le design associé aux sciences et nous ont présenté des robots. Le plus sophistiqué était utilisé comme professeur ! Vivement qu'on me remplace. Robert est beaucoup moins beau mec que la petite robote japonaise ! Mais coûte sûrement moins cher.

Ce matin, j'ai travaillé sur une vidéo extraite d'un site scientifique, qui parlait de la mémoire. On la regarde, puis on attend une minute, puis on la re-regarde, comme ça trois fois. Seulement une fois la vidéo finie, si on ne ferme pas la page, la vidéo suivante s'annonce. Et aux ricanements de mes élèves, j'ai senti qu'il fallait vite que je change d'image. Car en plus, la vidéo démarrait :

On voyait cette photo là:

Je vous laisse imaginer les gloussements.

Puis ces premières images là :

http://video.nationalgeographic.com/video/science/weird-s...

Heureusement qu'il y a la caution du national geographic, qui par ailleurs fait de belles vestes, et que j'ai fermé la page vite fait, sinon j'aurais fait les gros titres des media pour avoir passé des images inconvenantes à mes élèves...

J'ai vraiment besoin d'un weekend.

*Mahomet

Mais Francis Bacon a dit également :

 "La nudité est inconvenante, celle de l'âme comme celle du corps."

jeudi, 10 janvier 2013

L’oeil est un gourmet comme la bouche. *

Choses et autres lues aujourd'hui :

"Soutien scolaire pour rebondir."

Ce que cela m'évoque :

Ou bien le rebondissement est-il pour ceux qui assureront le soutien et du coup se referont une nouvelle carrière ???

"Trottoir Libre ! Rentrez vos poubelles en dehors des heures de collectes !"

Ce que cela m'évoque :

Si les éboueurs de mon quartier persistent à passer après 7 h 30 et que mon employeur ne me fait pas rentrer plus tôt que 18 h le mardi, ça va être difficile.

Je vais louer un vieux ou un chômeur pour rentrer ma poubelle le matin...

"Soirée Antique" "Récompense pour le meilleur costume"

Ce que cela m'évoque :

Est-ce une soirée où il n'y a que des vieux ou une ou je peux venir en Vénus de Milo ? Mais là, ça va me coûter deux bras !

Elles ont gardé leurs bras, mais ont enlevé le haut :

Des membres du collectif féministe Femen manifestent devant la Vénus de Milo au musée du Louvre à Paris, le 3 octobre 2012.(les membres du collectif féministe Femen au Louvre le 3 octobre 2012)

« Vous me pétez les couilles… Si ça continue, je vous encastre dans la vitre ». dit par une femme à l'institutrice de sa fille, cela lui a coûté 300 euros d'amende.

Ce que cela m'évoque :

Je me demande si je ne serais pas prête à payer cette somme pour aller me défouler sur ceux qui s'obstinent à maintenir une réforme de bac qui va finir par mettre tous les profs de langue vivante en burn out.

Je pourrais continuer, mais c'est déjà un festival, là, non ? Un beau début d'année en tout cas.

* Hippolyte Taine

 

samedi, 22 décembre 2012

"Des passages qui font dresser les cheveux à la tête des simples"*

Malgré toutes les alertes lancées par les media concernant la fin du monde, et surtout les bouchons près de Paris hier, je suis rentrée chez moi à 19h30. La description des derniers était à peu près aussi apocalyptique que celle de la première telle que les illuminés se l'imaginaient. Et aucun des deux évènements ne s'est produit.

Le matin au Musée du Quai Branly on a été reçu sans ménagement, exactement comme l'an dernier. C'est à se demander s'ils veulent que tout soit primitif, les arts comme l'accueil. A la vue de la dernière salle de l'expo et des têtes réduites, j'ai eu comme le pressentiment qu'à la prochaine visite on finirait comme ça.

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L'après-midi on a vu l'expo sur les jouets dérivés de Star Wars. Je l'avais déjà vue à la Toussaint, et j'ai été à peu près aussi peu convaincue. Pourtant j'ai aimé les films, et j'aurais adoré voir une expo sur les costumes et les décors. Alors, y aller, je ne le vous conseille pas, jeunes padawans. J'ai quand même acheté des auto-collants souvenirs pour ADMV au magasin du musée. Et heureusement au Musée des Arts Décos, il y a tout un tas de collections permanentes et d'autres expos qui valent le détour. Et ils sont un peu plus aimables qu'au Quai Branly, mais pas trop, faudrait pas qu'on pense que la culture c'est fun, quand même !

Bon le matin, il n'y avait pas que des têtes réduites dans l'expo "Cheveux Chéris", il y avait aussi cette merveille :

 

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* Pascal

mercredi, 19 décembre 2012

QU'EST-CE QU'UN JOURNALISTE ? LA EST LA QUESTION.

Les journalistes ne savent pas dire "Newtown" et prononcent "Newton". Mes élèves vendent des "sweet-shirts" au profit de la recherche contre le cancer. Je m'obstine à essayer de leur faire comprendre qu'être compris par des anglophones est important. Enfin, non, pour les journalistes, la cause est perdue.

Il n'y a pas qu'en anglais que les journalistes parlent comme des pieds. Ce matin sur France Inter, un mec qui s'appelle je crois "Frédéric Michel" et qui a sûrement fait quelques études avant d'arriver là, mais n'en a gardé que peu de séquelles, a dit trois fois "infermière".

Ah ! les bienfaits du silence !!!

vendredi, 07 décembre 2012

LES FILMS DONT PASCALE NE PARLE PAS (2)

Vous avez dû vous demander si j'étais devenue invisible. Eh non ! Juste submergée par le boulot, copies, conseils de classe, et la folie d'aller passer tout mon samedi à Paris. Du coup encore plus de boulot en semaine. Mais je ne regrette pas. Les Invisibles, * je les ai vus, au cinéma. C'est un docu honnête où s'expriment 9 homosexuel(les). A mon goût il y a eu quelques longueurs et un peu trop de chèvres et de panoramas pastoraux pseudo-lyriques . Les moments de témoignages sont en revanche très vrais, sans pathos, et du coup c'est un bon film. A part quelques images d'archives, ce n'est pas un documentaire généralisant sur la condition homosexuelle. Disons que ce sont neuf portraits filmés avec respect, ce qui n'est pas si courant. Je n'ai pas appris grand chose de nouveau. J'ai plusieurs amis qui ont passé la soixantaine et qui m'ont déja bien raconté leur jeunesse, leurs amours dans les années 50/60. Mais si certains croient encore qu'ils ne connaissent pas d'homos dans leur entourage, qu'ils aillent voir le film, et ces gens ressembleront forcément à quelqu'un de proche, qu'ils voient sans voir. Dans ce film ce sont d'ailleurs en majorité des gens qui ont été visibles et en ont subi les conséquences. Mais l'invisibilité n'a pas disparu avec les années 70, ni 80, ni depuis. Je l'ai connue dans ma famille même si depuis la mort de mes parents, j'ai réussi à faire mon coming-out. Je l'ai même connue au début parmi mes amis à qui je ne savais pas comment annoncer que leur amie hétéro vivait à présent avec une femme. Enfin, au boulot, mon invisibilité n'a pas besoin de cape. Quelques personnes sont au courant, mais la plupart n'imaginent même pas que je puisse être lesbienne. J'ai parlé de la manif de dimanche prochain à table, personne ne savait de quelle manif il s'agissait. Nous étions quand même 12 à table ! J'avoue, je me censure moi-même. Et devant mes élèves aussi. Tant de profs pourtant mentionnent sans penser à mal leur conjoint ou leurs enfants à une occasion ou une autre. Bien que cela ne choque personne, ne provoque aucune réaction, ils "s'affichent" donc hétéros ! Terme employé par une collègue (qui se croit pourtant ouverte d'esprit) pour parler de deux filles qui s'embrassaient sur un banc du lycée il y a environ 3 ans. A ce propos, je suis tombée par hasard sur mon premier couple de filles en train de s'embrasser au coin d'un couloir et je ne pense pas qu'elles soient beaucoup plus visibles que moi, vu comme elles sont parties rapidement et sans me regarder surtout  dès qu'elles ont entendu mon pas. Enfin, d'ici qu'elles l'assument, elles, elles pourront peut-être se marier et adopter sans faire croire qu'elles sont célibataires. Je leur souhaite, mais l'ambiance politique du moment me fait même douter de ça.

*Bien qu'il semble y avoir une erreur dans le sous-titre (tous ces acteurs n'apparaissent pas dans le film) c'est un article assez juste.

C'est aussi un beau film sur le féminisme.

Edit, samedi 8 décembre 2012.

A réécouter sur France Culture, une émission où participent le metteur en scène et une de ses personnages, celle, justement, qui est sur la photo au-dessus ! Ecoutez vite, car cela ne restera sans doute pas longtemps sur le net :

http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-...

vendredi, 23 novembre 2012

Dell'albero caduto Tutti si fan legna.*

Cet après-midi, je n'avais pas cours, comme tous les vendredi. Et comme presque tous les vendredi, j'ai eu du mal à m'en rendre compte. Encore un peu moins que d'habitude, où j'ai du mal à quitter le lycée avant 15 h, car il y a toujours un truc à faire, à dire, à expliquer, photocopier, ou autre verbe au choix.

Aujourd'hui, j'avais d'abord une réunion du Fonds Social. C'est une réunion où de l'argent donné par la Région et l'Etat est versé aux familles qui font un dossier pour obtenir des aides ponctuelles, qui dans certains cas deviennent plus qu'une habitude, malheureusement pour ces familles. Pas malheureusement qu'on les aide, mais malheureusement qu'elles soient obligées de demander tous les trimestres et parfois tous les ans. Nous avions 25 demandes. Nous en avons ajouté une 26ème, car une maman qui vient de perdre en un mois son mari et son emploi n'avait pas encore eu le temps de tout calculer pour faire un dossier.

Nous avons plusieurs familles qui vivent à 4 avec 1000 euros par mois, une qui vit avec 900 euros pour 4, une mère seule avec 3 enfants et pas de pension alimentaire. Et enfin une autre qui vit à 4 avec 450 euros. Ceux-là sont demandeurs d'asile. Ils n'ont pas de compte en banque, pas le droit de travailler, et ne veulent pas se faire remarquer. On les ferait voyager (même si ça coûte cher), mais pas vers des plages qui leur plaisent. Alors on leur donne des "bons d'achat". Comme ça les autorités ne peuvent pas leur reprocher de toucher de l'argent illégalement.

Une réunion comme ça, qui dure deux heures (parce que ma proviseure a passé une demi-heure à expliquer le principe, les critères, à ceux qui venaient pour la première fois) ça remonte le moral, vous pouvez pas savoir. Mais ça énerve et épuise moins qu'une réunion de deux heures aussi (j'ai eu une demi-heure pour prendre un café, faire pipi, donner mon avis sur une évaluation qui posait problème à deux collègues et imprimer un dossier important pour la réunion suivante), une réunion, donc, pour mettre au point l'organisation du bac ! Car le bac en langues, cette année, ça va être une usine à gaz, une fête permanente, un cirque sans filet pour les trapèzes volants, la place de l'Etoile à 18 h, un jour de panne d'électricité, arrêtez-moi pour les métaphores, ou on est encore là dans six mois. Et le bac sera passé... Heureusement nous inaugurons ces nouvelles épreuves avec un proviseur-adjoint aimable, souriant, respectueux, et c'est pour ça que personne n'a pleuré.

En rentrant heureusement, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres un cadeau :

Une amie m'a envoyé ce livre dont rien que la couverture semble raconter son histoire, enfin celle de ses grands-parents et parents. Là, je vais pleurer, j'en suis sûre, mais d'émotion.

Si vous êtes à Grenoble où il y a eu une exposition à propos de ce livre, il y a un festival du Cinéma Italien à ne pas manquer.

Ma copine m'a envoyé le prospectus pour me faire baver d'envie, hennir de jalousie. A moins que ce ne soit à cause de la photo !

*Arbre tombé, Approvisionnement pour tout le monde. (Proverbe sicilien)

mardi, 20 novembre 2012

L'erreur, comme le rire, est le propre de l'homme. Mais infiniment plus créatrice. *

 

Vous voulez des nouvelles ? Eh bien côté boulot, je nage un crawl effréné, mais inefficace pour faire toutes mes corrections à temps pour les bulletins. C'est mieux que la brasse, mais ça épuise. Comme je dors peu et mal, j'essaye le traitement homéopathique de mon médecin, mais je vous dirai dans un mois si j'ai senti un changement. Pour revenir à mes copies, j'en ai lu des marrantes récemment, qui m'ont appris que Beigbeder était un écrivain de la fin du XIXème siècle (ce qui m'a le plus épatée, c'est d'apprendre que c'était un écrivain) et que Scorcese avait réalisé Pulp Fiction. Je n'ai vraiment pas à me plaindre, comme aurait dit Coluche "Je me marre!" A part ça, j'ai réussi (ça n'a rien à voir, mais j'y pense, là.) à me payer un billet de TGV à un prix raisonnable pour un samedi à Paris en décembre. Et sur You Tube j'ai découvert une petite chanteuse que j'aurais pu avoir comme élève, ou presque, et qui se débrouille plutôt bien je trouve. Allez, je lui fais un peu de pub ! Elle s'appelle Paulette Wright.

 

*Roland Topor

vendredi, 16 novembre 2012

Art, Foule et vacances

Donc j'étais à Paris. Il y a une semaine encore, il y a un siècle.

J'ai d'abord vu, grâce à la carte Sésame Duo de Virgibri, gratuitement et sans avoir à attendre trois heures, l'expo des œuvres de Celui-dont-je-ne dois-pas-dire-le-nom (à cause d'une autre copine blogueuse qu'a pas pu lui rendre visite, et que ça lui fout les boules grave). C'était un bon moment, bien que j'aurais préféré qu'on soit vraiment en duo, comme la carte. Là, on était plutôt en mode sardine, avec une mise en espace des panneaux à lire telle, qu'on se demande si le but n'était pas de nous faire jouer au culbuto vivant plutôt que de nous informer. (Des infos chronologiques accrochées dans le sens inverse de celui de la visite). Il y a quelques tableaux célèbres, beaucoup que l'on découvre et des œuvres de jeunesse. Il y a aussi à mon avis un peu trop d'œuvres de gens qui ont finalement peu de rapport direct avec le peintre dont c'est l'expo, et dans les premières salles on se dit qu'on s'est peut-être un peu fait avoir.

Les jours suivants j'ai vu dans l'ordre :

Les jouets de Star Wars au Musée des Arts Décoratifs : c'était pour le boulot, j'aurais pu m'en passer, mais le reste du musée et des expos (particulièrement celle sur les Trompe-l'oeil) était génial. Une expo "Mary Cassatt" au Mona Bismarck American Center for Art and Culture, avenue de New York. Comme j'étais dans le coin, je suis ensuite allée au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris où j'ai surtout apprécié "L'Art en Guerre", foisonnante de tableaux, dessins, sculptures, qui ne peuvent pas laisser insensible. On peut y passer deux heures sans s'ennuyer une minute.

Le temps n'étant pas extensible, j'ai dû me résigner à ne pas visiter le Palais de Chaillot et la Gaîté Lyrique qui sont pourtant parmi mes lieux chouchous.

Mais il me reste assez pour faire encore quelques notes, dès que le temps m'en sera donné, l'approche des conseils de classe se fait sournoisement, mais implacablement sentir.

dimanche, 11 novembre 2012

Toute prison a sa fenêtre.*

Hier et aujourd'hui, même programme. Lever 8 heures, deux heures et demie de boulot le matin, 4 heures et demie l'après-midi. Hier ADMV a fait à manger, aujourd'hui, je m'y colle. Elle a droit à son weekend aussi... Déjà que je lui cause pas beaucoup, du coup.

Il va être l'heure de ma pause.

J'en ai fait 12. Youpi ! me dis-je.

Oui, mais les vieilles séquelles d'arithmétique me rattrapent : il m'en reste 24 !

Essayons de regarder du côté éclairé :

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Les fenêtres de Paris ou d'ailleurs m'ont toujours fait plus rêver que les copies. Sûrement parce qu'elles ont chacune leur personnalité malgré le but un peu identique qu'on attend d'elles. Elles arrivent encore à me surprendre. Mais c'est aussi parce que je ne suis pas obligée de les regarder et de les photographier, je ne prends en compte que celles qui me plaisent au premier coup d'oeil.

Je vous parlerai du reste de mon Paris de Toussaint dans une prochaine note.

*Gilbert Gratiant

jeudi, 18 octobre 2012

Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté. L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité.*

J'ai un métier et j'ai de la chance, j'en conviens. Que vous dire sur ce métier qui est tout de même à l'origine de l'existence de ce blog ? Il m'a permis hier de réaliser que certains de mes terminales "ne savaient absolument rien" à propos de Nelson Mandela. Ils me l'ont dit, un peu comme une excuse légitime au fait qu'ils n'allaient pas pouvoir traiter une partie de la question. Comme il fallait comparer les causes de sa popularité avec celles de Lady Di, il y en a qui ont été bien dans l'embarras, vu qu'à la fin du cours, on m'a posé des questions du genre "Diana elle faisait de l'humanitaire ?", "C'était bien la femme du Prince Charles". Ceux qui ne m'ont rien demandé, ne savaient peut-être absolument rien sur elle non plus. Il est vrai que cette année on ne nous a pas du tout bassiné sur le mariage de son fils, en nous rebattant les oreilles de son destin tragique... (et l'illustration, là, en bas, vous prouvera que c'était une grande philosophe !) J'ai aperçu, en jetant un oeil sur quelques copies ( je l'ai récupéré, ne vous en faites pas.) qu'ils étaient plus savants sur le troisième personnage, James Bond. On est sauvé !

Je ne vous raconterai pas comment j'en bave à expliquer la chanson de Bruce Springsteen, American Land, qui met les immigrants vers l'Amérique du XIX et début du XX siècles au rang de héros. Quand on leur décrit la misère qui les a poussés à partir et les conditions difficiles où ils se sont retrouvés à construire des voies de chemins de fer, bosser dans des fonderies, où parfois ils mourraient, vous cherchez à faire sortir le mot "victim", et ils vous proposent "losers", "héros" et ils ne produisent que "winner". L'an prochain, ils seront en école de commerce.

Heureusement j'en ai d'autres un peu moins formatés, qui s'intéressent à l'art, au design, et ça égaie mes semaines. Et puis mardi, on a mangé bio, et le soir, j'étais convoquée à une réunion inutile et vide, mais où on nous a payé un verre plein à la fin, bien mérité. Le mercredi après-midi, on n'a pas à se demander comment on va occuper notre temps, on corrige les fameuses copies, cauchemar du prof de base. Cette année, j'ai 171 élèves, je vous laisse déduire combien je corrigerai de copies à raison de trois ou quatre devoirs par trimestre... Le problème en vieillissant, c'est que l'on a du mal à ne pas s'endormir dessus pendant la correction, alors que la nuit l'insomnie guette quasiment tous les jours. Allez comprendre !

En conclusion, ne me dites pas que je râle, y'a du bon j'vous ai dit, mais vous avez réclamé une note, voici la seule que j'ai pu écrire.

* Nelson Mandela

jeudi, 11 octobre 2012

La pensée d'un homme est avant tout sa nostalgie.*

Hier en arrivant au lycée, je me suis dit "De mieux en mieux !"

En effet, sur le tableau lumineux dans le hall, j'ai lu :

UNSS : CRS

Résultat déplorable imputable à mes problèmes d'yeux ?

Il fallait lire GRS.

Mais si on se rappelle de ce qui m'avait choqué précédemment dans les activités de mes collègues d'EPS, on comprend que je puisse me tromper.

Et sinon, les yeux de celui qui aimait sa biche se sont fermés. Ce n'est pas que je l'aimais beaucoup à l'époque, d'ailleurs, j'étais trop petite pour que ce soit mon idole, ou alors, des très jeunes, car j'avais 5 ans. Mais sa chanson fait partie de mes souvenirs d'enfance au même titre que les malabars et leurs décalcomanies, le poinçonneur des tickets dans le bus, le bled à copier quand on était puni ou les marrons qui couvraient les trottoirs à l'automne. (Dans Maville, y'en a quasiment plus, des marrons.)

Demain, je vais raconter plein de choses hyper intéressantes à 36 paires de parents. Quelle chance ils ont !

*Albert Camus

 Edit : Ce soir, regardez la 3, le film avec Belmondo ! Je joue dedans.

Enfin, au milieu de la foule sur le quai près du France au Havre, y'a une gamine de 9 ans qui était hyper émue d'être là au moment du tournage, ça la changeait de l'ambiance pourrie de la colo...

vendredi, 14 septembre 2012

Il ne suffit pas de partager un patrimoine commun, encore faut-il vivre dans le même monde. *

Toute la semaine j'ai eu envie d'écrire une note. Et toute la semaine j'ai eu des trucs qui m'ont retardée. D'abord not' chat, qu'est pas vraiment not' chat, mais qui nous a adoptées, (d'ailleurs a-t-il le droit ? puisque tant de gens sont contre le droit à l'adoption des homosexuelles), car not' chat s'était battu et avait l'oeil dans un sale état. Puis j'ai eu des coups de fil. ADMV était en stage, loin, toute seule, enfin au début parce qu'après elle est allée au restau avec ses co-stagiaires, mais bon, au début, elle avait besoin de causer. Et puis j'ai eu du boulot. Après un weekend à corriger les évaluations pour faire les groupes de compétences, il a fallu taper les listes. J'ai préparé de beaux cours, mais il a fallu aller en avance au lycée pour vérifier que le vidéo-projecteur fonctionnait, trouver le bon code du portable, le bon câble qui ne donne pas une image verte sur l'écran. Mercredi j'ai mangé chez ma tante, qui aime bien que sa nièce mange chez elle. Mais bien que quittant à 11 h 50, je n'ai pu arriver chez elle qu'à 12 h 50. Bref, à 15 h, re-boulot. A 18 h, visite de E., et petites courses à faire pour manger car le frigo était vide, ou quasi. Hier, c'était presque cool, mais j'ai eu la flemme de rédiger une note. Alors là, malgré une migraine soudaine, que je suis en train d'essayer de tuer avec un zomig et du baume du tigre, je me suis dit "là, il faut faire quelque chose, ou bien ils vont tous se sauver. J'ai plus de visites. A croire que la politique ça les gonfle." Vous avez vu, aujourd'hui, je vous parle pas de politique. Pourtant là, j'avais envie de dire que Peillon, pour l'instant il a pas fait grand chose, mais il a quand même eu une réaction saine vis-à-vis des deux profs qui se sont fait agresser. Je ne résiste quand même pas à exprimer mon agacement quand le 11 septembre, les journalistes ont annoncé la visite de Ségolène Royal à l'Elysée en commençant par donner la couleur de son tailleur, et ont eu du mal à parler du fond, disant seulement qu'elle n'avait pas abordé de question d'ordre privé ! Du non-scoop donc. Autant fermer sa gueule. Mais avec tout ça, je ne connais pas la couleur du costard de François Hollande.  Ce matin, j'ai fait cours avec une de mes anciennes élèves devenues prof. On a une heure de cours à mener ensemble : dans sa matière, mais en anglais. C'est un peu bizarre, mais c'est intéressant et émouvant un petit peu. Ce soir, si ma tête me lâche un peu, je sors, car on inaugure un bâtiment rénové dans ma ville, et y'a un tas de trucs sympas organisés. J'avais rien dit de la semaine, mais je me suis rattrapée ! Merci pour votre patience, pour m'avoir attendue, puis lue.

Pour info, c'est comme ça depuis deux semaines, et pourtant je reste de très bonne humeur.

Journées du patrimoine 2012* Edwy Plenel

mercredi, 05 septembre 2012

Un chien mord un homme, c'est un fait divers. Un homme mord un chien, c'est un scoop. *

Mince ! J'ai failli oublier de faire une note de rentrée. Pourtant comment ne pas se rappeler de cet évènement incommensurablement étonnant et exceptionnel ?

Quoi ? Ces adjectifs vous semblent exagérés, hors de propos ?

Que nenni ! Des media très sérieux en ont fait leur une. Cela doit donc être un scoop.

Lundi, ils ont publié ça.

Messieurs et Mesdames du Monde, eh! Il faut vous réveiller !!! Ca ne fait que trente ans ans ou plus que c'est comme ça. Les profs rentrent une journée avant les élèves. Un scoop qui vaut bien tous les articles gougueule a recensés ce jour-là !

Ce même lundi, France Inter, a préféré parler des enfants et a expliqué à leurs parents (oui, je ne crois pas que beaucoup d'enfants retirent leurs mp3 pour écouter le 7/9) que une fois à l'école, les enfants avaient moins de temps libre ! Là encore j'en suis restée bouche bée. Tant d'informations ! Tant d'analyse !

Le lendemain, alors que je finissais mon brushing, et vérifiais ma tenue, ils ont annoncé que, comme tous les profs, j'étais sur le pied de guerre. Pourtant dans mon cartable, pas de kalachnikov, juste une clé usb et mes photocopies.

Bref, je suis rentrée. J'ai trouvé mes 36 élèves de secondes, dans une salle où les 38 places assises tiennent plutôt mal que bien. Et depuis lundi, nous guettons chaque temps libre pour organiser les évaluations de début d'année pour les groupes de compétences, nous alignons les réunions diverses de concertation dûes à la réforme pondue par le gouvernement précédent. Tout ce que nous souhaitons c'est que ces nouveautés soient abrogées pour qu'on puisse, au lieu d'évaluer, diviser les tâches en tant de micro-tâches que ni les élèves ni nous ne savons où nous en sommes, d'essayer de vivre calmement au milieu des 1050 élèves dans des bâtiments prévus pour 700, pour qu'on puisse, tout simplement ENSEIGNER.

Non, les journalistes n'ont pas prononcé les mots en gras ci-dessus. Alors quand on n'a rien à dire sur un non-évènement, on n'a qu'à.............................. .

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C'est lui qui l'a fait, mais ce sont eux qui n'ont encore rien changé. Pourtant, le changement, ça devait pas être maintenant ???

*Lord Beaverbrook

jeudi, 19 juillet 2012

Quand les mouettes ont pied, il est temps de virer.*

Ce sont les mouettes qui gueulent nuit et jour, et c'est moi qui ai mal à la gorge !

Cette nuit, après être rentrée à 23H30 de ma "Quiz Night", j'ai relu et recopié le texte que je devais rédiger pour aujourd'hui. Et puis, j'ai essayé de m'endormir. Mais je voyais et entendais défiler des questions de quiz en anglais, et j'essayais de répondre, et cela m'empêchait de m'endormir. Et mon bras, qui me laissait peinarde depuis mon arrivée, s'est mis à me retitiller. Mais surtout à deux heures du matin, je me suis réveillée avec un super mal de gorge. Aussitôt Oscillo ! Mais le reste de la nuit a été plutôt conscient. Inutile de vous dire que la journée de cours m'a semblé longue. Néanmoins, le contenu s'est nettement amélioré, et comme on lisait nos textes et faisait nos exposés, on ne s'est pas ennuyé.

A tous :

Le travail que je vous donne pour la prochaine fois : POUVEZ-VOUS TROUVER UN RAPPORT ENTRE CHARLES DICKENS ET LA VILLE OU VOUS VIVEZ. C'EST CE QUE J'AI L'INTENTION DE DEMANDER A MES ELEVES. MAIS AUSSI DE CHERCHER A QUOI RESSEMBLAIT LE QUOTIDIEN DANS LEUR VILLE A SON EPOQUE.

1812 - 1870

Vous n'êtes pas obligés de citer le nom de votre ville, vous pouvez même choisir une autre ville si ça vous chante.

*proverbe breton

 

mercredi, 18 juillet 2012

"Vivement vendredi qu'ils s'en aillent."*

Les cours commencent à ressembler à quelque chose, et on a même des devoirs

Un oral de 5 minutes pour demain, je vais parler de Worthing au temps de Dickens. C'était la joie, les marins naufrageaient et il y avait plein de contrebandiers. Et un "creative writing", j'ai choisi le sujet : En quinze minutes, écrire à propos d'une activité que l'on aime faire, en utilisant des images concrètes, tactiles, sensuelles...

Et cet après-midi à Chichester j'ai visité un musée d'art où malheureusement je ne pouvais pas prendre de photos pour vous montrer.

Il y avait au moins 5 salles d'oeuvres de Peter Blake qui a travaillé avec The Clash, the Beatles, David Bowie, Eric Clapton, et j'en passe.

Quelqu'un a demandé ?

Oui, il refait un temps de chiotte.

*Bea, une de nos profs.

 

 

vendredi, 13 juillet 2012

Ministère Amer

30 personnes vont avoir un travail de rédaction à faire bientôt. Les contraintes:1. Respecter les règles de la voie hiérarchique, les formules de politesse adaptées. 2. Etre concis sans oublier de fait et arguments importants.

Vincent ne va en effet pas forcément être content d'apprendre que, malgré l'austérité ambiante, une école anglaise est en train de gaspiller l'argent du ministère et le temps et l'énergie de 30 enseignants. La deuxième semaine risque d'être assez houleuse si aucun effort n'est fait pour que le stage ressemble un temps soit peu au descriptif du Bulletin Officiel.

 

Le seul moment où j'ai eu l'impression de sentir qu'on stimulait mon cerveau et qu'on me poussait à utiliser mes compétences, quitte à les défier, ça a été hier soir, au pub, lors d'une soirée "quiz". Deux demi-pintes de Sussex Best Bitter et des "dry roasted peanuts" (cacahuètes grillées à sec), des questions lues au micro, avec humour, par un patron de pub sympa, entouré d'environ huit équipes animées, rien de mieux pour être stimulé intellectuellement.

Heureusement ce weekend je vois des amis, et cela va me changer les idées. Car ce n'est pas le temps qui me remonte le moral. Partie sous le soleil ce matin, sandales et pantalon blanc, je suis rentrée trempée jusqu'aux os, après avoir passé 4 h 45 dans le bus ou à pied, tout ça pour voir un château, beau, certes, mais dont l'intérêt dans ma formation pédagogique continue m'a échappé.

Pour la semaine prochaine, les profs ont trouvé une autre excuse pour glander : lundi à 16h30 la flamme olympique passe, du coup, suppression d'une excursion qui sera reportée bien sûr à la place d'un cours ! Et hier déjà, au lieu d'un débriefing, analyse d'une observation de cours, ils nous avaient fait faire deux heures de bus A/R rien que pour aller dans une librairie !!!  A l'heure d'internet et d'Amazon, on croit rêver. On ne rate pas une visite, mais une heure de boulot, no sweat !

 

mardi, 10 juillet 2012

Les jours de pluie ça ne veut rien dire*

Ce matin, malgré le temps gris et la pluie, j'ai mis mes sandales.

J'ai bien fait. Il a fait beau.

Côté péda, c'est un poil mieux.

Sauf le cours sur la planification de séance qui avait sûrement été pompé sur celui de mon formateur du CPR de 1983.

Ensuite, on a été au pub, à Lewes, sympa, une pale ale au léger goût de miel, puis on a visité la maison d'Anne de Cleeves, une des heureuses épouses d'Henry VIII, une des rares à ne pas avoir perdu la tête. J'ai pris quelques photos de l'endroit.

 

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*Véronique Sanson

lundi, 09 juillet 2012

Eau chaude, douche froide, impression mitigée.

Bonsoir !

Réveil une heure en avance... Oublié de changer l'heure de mon portable (j'en ai un exceptionnellement pour ce séjour) qui était resté sur le fuseau français.

Petit-déjeuner rapide et léger, repas froid du midi, encore plus !

Journée de stage décevante.

Impro et pagaille totales.

Heureusement, il a fait plutôt beau, et le café était meilleur que prévu.

Ce soir, repas délicieux.

J'ai une petite chambre où je me sens bien, et un grand stage, vide.

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Comme les voyages, la technologie n'a pas d'âge.*

Première note sur mon netbook et sur mon lit, ça va être rock'n'roll !

Il fait beau ?  Pas vraiment.

T'es bien arrivée ? Oui, mais ce fut dur à cause d'un manque flagrant de plan.

T'as vu des chouettes trucs aujourd'hui ? Oui ! Rye est toujours une aussi belle ville et en plus  il y avait du soleil.

T'as bien mangé ? Oui, comme d'hab' en Angleterre.

Et tes hôtes ? Sympas, cools, qui font tout  pour que ça se passe au mieux alors que leur ado 15 ans part à Berlin cette nuit à  3 heures.

Bon il estchouette mon netbook, mais je gère encore mal le clavier. Le curseur se barre n'importe où parfois, et je n'ai pas encore compris pourquoi...

*Ed à la fin du premier jour.

samedi, 07 juillet 2012

Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n’y a pas d’embouteillage dans les films, il n’y a pas de temps mort. *

C'est les vacances. Vous le savez tous maintenant, ou bien vous êtes des extra-terrestres, car tous les media de ce pays, et même de la planète, nous gavent avec cette nouvelle, vraiment extraordinaire à laquelle on ne s'attendait pas.

On nous fait également prendre conscience de notre chance de partir si on part, car de plus en plus de français ne partent plus, ou moins. C'est vrai que si on n'a pas une vieille tantine à Palavas-les-Flots, il nous reste la belle-soeur (avec un peu de chance, postière !) à Villers-Cotterêt ou à Hagondange.

Mais les media veulent aussi consoler et même compenser la frustration de ceux qui ne partent pas. Hier, sur BFMTV ils avaient dépensé des sous pour envoyer pendant toute la journée une "reporter" qui faisait des kilomètres sur l'autoroute (celle du sud je suppose) et interviewait les gens au péage, qui vous racontaient les bouchons comme si vous y étiez. Alors, de quoi ils se plaignent les pauvres, puisqu'on leur faisait vivre la galère qu'ils ne peuvent pas s'offrir cette année "en temps réel" !

Personnellement je suis chanceuse, puisque je pars demain, dans le sens inverse des bouchons (je serai du côté gauche de la photo) ! Je me dirigerai vers l'Angleterre où je vais suivre un stage didactique et linguistique, payé par l'educnat (sauf le trajet aller/retour). Je vais revenir avec un statut de "superteacher", bien mérité cette fois, et le bon côté est que pour une fois vous savez où passent vos impôts !

Comme je suis prof dans un "éco-lycée", je co-voiture, pour qu'il y ait moins de CO2 dans votre atmosphère. Je vous tiendrai au courant j'espère assez régulièrement de mes activités, rencontres, découvertes, etc.

*François Truffaut